Plusieurs quartiers de Pointe-Noire ont organisé ce week end des concerts, des défilés et concours de mode pour commémorer le 6e anniversaire de la mort de l’artiste musicien Rapha Bounzeki, l’idole des jeunes décédé le 10 mai 2008 à Brazzaville des suites d’un arrêt cardiaque.
Cela fait six ans que les artistes musiciens et les mélomanes se retrouvent à Pointe-Noire pour fêter dans le souvenir la mort de celui qui a été dans les années 1990 la coqueluche de la musique moderne jeune. La ville océane qui accueilli l’émérite artiste durant ses derniers jours de vie sur terre n’a pas oublié celui qui fut sa vedette au lendemain des conflits politiques de Brazzaville.
Dans beaucoup de quartiers de Pointe-Noire en général et dans les arrondissements 3 Tié Tié et 6 Ngoyo en particulier, des concerts et des Play back sont organisés à cet effet dans les bars dancing, bistrots ou autre endroits récréatifs où des interprétations des chansons de l’artiste sont faites accompagnées des parades vestimentaires, pour symboliser l’autre singularité de Rapha, l’habillement. Un goût prononcé pour les beaux habits qui l’a conduit à créer la sapologie, la science qui étudie la Sape (Société des ambianceurs et personnes élégantes).
Six ans après la mort de Rapha Bounzeki, le vide demeure. Rapha Bounzeki n’a toujours pas d’épigone même si plusieurs artistes essaient d’imiter avec beaucoup de mal son timbre vocal. Sa voix atypique, ses compositions originales, ses envolées lyriques, sa muse abondante n’ont jamais trouvé d’émules après sa disparition. Pire, ses paroles moralisatrices et ses conseils teintés de pédagogie sont quasiment restés lettre morte au sein de la jeune classe qui continue à se délecter dans des compositions insipides au contenu diffus et creux. Seule, la sapologie dont il a été un des précurseurs trouve heureusement son écho au sein de la jeunesse.
Rapha Bounzeki est né le 4 Août 1961 à Brazzaville. Après avoir évolué dans différents orchestres amateurs de la ville, c’est au sein de l’orchestre Véritable Mandolina qu’il va se révéler au grand public en 1989 avec la chanson "Christianisé". Un an plus tard, Parisien Refoulé est un tube. C’est la consécration pour ce musicien, qui va prendre enfin sa revanche sur la musique qui, reconnait tardivement son immense talent. Les producteurs se bousculent au portillon. Tout le monde veut le produire. Si certains l’ont fait avec brio, d’autres par contre se sont engraissés sur le dos du malheureux artiste rendu de ce fait indigent. Une précarité qui va le précipiter vers la mort, victime de l’indifférence des pouvoirs publics, incapables de payer ses droits d’auteurs. Après avoir longtemps essuyé peines et galères à Pointe-Noire, Rapha Bounzeki parti à Brazzaville réclamer ses droits d’auteurs succombe, victime d’un arrêt cardiaque fatal à 47 ans. Ainsi, disparait, une voix, un style, un look…










