Humanitaire, sécurité et souveraineté : Paris et Kinshasa resserrent les rangs face à la crise.
Sourires protocolaires, accolade appuyée et longue poignée de main : le décor était soigné, mais les enjeux lourds. Le 23 janvier 2026, le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, a été reçu à l’Élysée par son homologue français Emmanuel Macron, pour une visite de travail dominée par un dossier brûlant : la crise sécuritaire et humanitaire persistante dans l’Est de la RDC. Pendant près d’une heure et demie d’échanges, les deux chefs d’État ont passé en revue une situation jugée « préoccupante », alors que les violences armées continuent d’affecter les provinces orientales du pays. Au centre des discussions : la nécessité d’un cessez-le-feu effectif, durable et vérifiable, condition préalable, selon Paris, à toute stabilisation crédible.
Un soutien français réaffirmé, sans ambiguïté
À plusieurs reprises, Emmanuel Macron a tenu à rappeler la position officielle de la France : un soutien clair à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC, dans le plein respect de sa Constitution. Une ligne diplomatique constante, renforcée ces derniers jours par les développements sur le terrain. Les deux dirigeants ont notamment évoqué le retrait de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira, un signal jugé encourageant, même s’il reste fragile. Deux jours avant la rencontre, Paris avait salué le retour des autorités congolaises dans la ville et appelé sans détour les rebelles à « cesser leur offensive » et à se retirer des zones occupées illégalement. La France avait également demandé aux forces rwandaises de défense de quitter le territoire congolais, une déclaration diplomatique forte dans un contexte régional extrêmement sensible.
Goma, symbole d’une urgence humanitaire
Autre point critique abordé à l’Élysée : la fermeture persistante de l’aéroport de Goma, y compris aux vols humanitaires. Une situation qui complique considérablement l’acheminement de l’aide aux populations civiles, déjà durement éprouvées par les combats et les déplacements forcés. Sur ce volet, Paris et Kinshasa ont souligné la nécessité d’une réponse internationale coordonnée, associant les Nations unies et les partenaires humanitaires. L’arrivée prochaine à Goma de Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix, a également été évoquée comme un moment clé pour relancer les discussions sur le terrain.
Au-delà de la crise, un partenariat à refonder
Si l’Est de la RDC a dominé l’agenda, la rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des relations bilatérales. Les deux présidents ont réaffirmé leur volonté de maintenir un dialogue politique régulier, fondé sur le respect mutuel et la convergence d’intérêts, dans un esprit de partenariats « renouvelés », selon l’expression désormais consacrée à Paris. Pour Félix Tshisekedi, cette visite confirme la centralité du dossier congolais dans les échanges diplomatiques de haut niveau. Pour Emmanuel Macron, elle s’inscrit dans une stratégie africaine visant à conjuguer soutien humanitaire, engagement politique et coopération sécuritaire, sans renier les principes de souveraineté. Dans un contexte régional sous tension, la séquence parisienne envoie un message clair : l’Est de la RDC reste un enjeu international majeur, et la France entend continuer à peser, diplomatiquement, pour éviter une nouvelle spirale de déstabilisation.










