Le saviez-vous ? L’avenue de la paix à Brazzaville, un nom chargé de sens

Mardi, Mars 3, 2026 - 13:30

On la traverse chaque jour sans toujours y prêter attention. Pourtant, l’avenue de la Paix, au cœur de Poto-Poto, porte en elle un récit que la nouvelle génération gagnerait à connaître. Celui d’une ville qui a choisi de faire de la paix un repère, un horizon et une promesse.

Longue d’environ deux kilomètres, l’avenue de la Paix relie deux points névralgiques à savoir le rond-point de Poto-Poto et celui de Moungali. Elle vibre depuis longtemps au rythme des taxis, des vendeurs ambulants, des boutiques et des passants qui s’y croisent du matin au soir. Mais cette effervescence n’est que la surface d’une histoire plus profonde.

Au début du XXᵉ siècle, Poto-Poto est déjà un quartier cosmopolite, pensé dès 1911 comme un espace organisé où se rencontrent des populations venues de différentes régions du Congo et d’ailleurs. L’avenue de la Paix devient rapidement un axe structurant, un lieu de circulation et de rencontre. Elle voit défiler les travailleurs, les commerçants, les familles, les enfants qui y jouent, les marchés qui s’y étendent. Elle devient un témoin discret mais constant de la vie brazzavilloise.

Si son nom ne renvoie pas à un événement précis, il prend tout son sens à la lumière des années 1990, décennie marquée par plusieurs épisodes de tensions et de violences. Les affrontements armés, les déplacements de populations, les quartiers coupés les uns des autres ont profondément marqué la mémoire collective. Poto-Poto et ses environs n’ont pas été épargnés : rues désertées, commerces fermés, familles séparées.

Dans ce contexte, baptiser une artère majeure « avenue de la Paix » par les autorités, relevait d’un acte fort. C’était inscrire dans la ville un horizon commun, un rappel visible de ce que l’on voulait reconstruire, notamment la stabilité, la coexistence, la confiance. Le nom est devenu un symbole, un repère moral autant qu’urbain.

Aujourd’hui, l’avenue de la Paix continue de raconter l’histoire d’une ville qui avance malgré les épreuves. Elle rappelle d’une part que chaque génération a sa part à jouer pour préserver ce bien précieux et d’autre part les rues qui ont aussi une mémoire et que celle-ci nous invite, chaque jour, à choisir la paix comme on choisit un chemin.

Jade Ida Kabat
Légendes et crédits photo : 
Une vue de l'avenue de la paix vers le marché Moungali/DR
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