Interview : Emilia Mambissa « Le Congo au féminin répond à un besoin : gagner en confiance et oser »

Mercredi, Mars 4, 2026 - 13:45

Le salon Le Congo au féminin a tenu sa 5e édition les 27 et 28 février à Brazzaville sous le thème « Compétences transversales : bâtir les fondations du Congo de demain ». Dans cet entretien, sa promotrice, Emilia Mambissa, revient sur le chemin parcouru, les innovations, les défis et les ambitions pour l’avenir de ce rendez-vous devenu incontournable en République du Congo.

Les Dépêches du Bassin du Congo (L.D.B.C.) :  Cinq ans après la création du salon, quel bilan tirez-vous de cette aventure ?

Emilia Mambissa (E.M.) : Comme vous avez dit cinq ans, c’est cinq ans d’impact dans la vie des gens. C’est une première année où une semence a été enracinée et elle a pu grandir, je pense dans l’esprit, dans le cœur et dans les projets de chacune de ces femmes. Et le fait d’arriver à la cinquième année, d’avoir autant de personnes qui participent, qui restent du matin jusqu’au soir et qui sortent de là en disant qu’elles ont aimé le contenu qui était qualitatif, qu’il y avait une bonne expertise, qu’elles ont appris, que certaines m’ont dit qu’elles avaient avorté des projets mais que là maintenant elles ont eu les clés essentielles pour les lancer, pour les développer.

Et je me dis que Le Congo au féminin répond à un besoin, celui de gagner en confiance, celui d’accéder à des conseils clés, des outils clés pour soit se lancer, soit se développer peut-être parce qu’on est en stand-by, et surtout avoir de l’audace de continuer (…).

L.D.B.C. : Les panels et les intervenantes ont été très appréciés. Êtes-vous satisfaite de leurs contributions ?

E.M. : Alors oui, j’ai pris le temps de bien choisir les expertes parce qu’il fallait qu’elles puissent répondre à chacune des problématiques de chaque panel. Et je suis vraiment ravie parce qu’elles se sont ouvertes. Elles ont pu partager leur histoire, leur témoignage et surtout le processus par lequel elles sont passées pour être devant cette scène-là, pour être légitimes devant ces femmes-là.

Vraiment, c’était qualitatif parce que chacune était dans divers secteurs d’activité et chaque participante a pu se retrouver en elle. Donc maintenant, on ne peut plus entendre qu’il n’y a plus de modèle au Congo. (…) Je suis ravie que tout le monde ait pu se retrouver, surtout gagner en connaissance. Et maintenant, à la femme congolaise d’appliquer tout cela.

L.D.B.C. : On a remarqué la présence de nombreuses mamans des marchés…

E.M. : C’est la troisième fois que les mamans des marchés participent à l’évènement Le Congo au féminin. Il y a certaines femmes qui ont l’habitude de revenir, d’autres c’est la première fois parce qu’elles découvrent. Et je suis ravie de les voir autant s’investir, autant laisser en fait leur table, laisser l’argent pour venir s’asseoir, écouter.

L.D.B.C. : Vous aviez aussi des participantes en situation de handicap. Comment les avez-vous mobilisées ?

E.M. : Effectivement, il y avait également les femmes entrepreneures en situation de handicap qui étaient présentes et ça c’est vraiment un honneur. On a eu aussi les femmes sourdes et muettes. On a pu adapter en mettant un interprète. Et en fait tout ça, c’est pour rappeler que l’évènement est inclusif, que tout le monde a sa place.

Alors c’est moi qui les ai conviées. J’avais rencontré une des femmes il y a trois ans et je lui ai dit : un jour, je ferai quelque chose avec vous. Je ne savais pas comment le faire. Et lorsque je préparais l’édition, j’ai dit : mais qui sont les profils que je n’ai pas invités à mon évènement ? Et c’est là où j’ai dit : non, on doit voir les femmes en situation de handicap, parce que je ne peux pas faire un évènement pour la femme et ne pas avoir tous les profils de femmes. Et je suis certaine que l’année prochaine, des personnes en situation de handicap viendront d’elles-mêmes parce qu’elles ont vu que c’était possible.

L.D.B.C. : Organiser un tel salon comporte sûrement des défis. Quels ont été les plus importants cette année ?

E.M. : Les défis sont nombreux. C’est vrai que je me donne les moyens de faire un évènement qualitatif. J’ai envie d’offrir une expérience unique et ça commence par le lieu de l’évènement, une bonne logistique, une bonne équipe qui organise et répond à des critères de qualité. Après il y a aussi toujours les défis de fédérer et surtout le défi de rassembler aussi des partenaires pour continuer d’avoir le même niveau et d’offrir une expérience. Moi mon rêve, ça serait que le Congo au féminin soit offert. Pour cela, il faut que les partenaires me rejoignent.

L.D.B.C. : Peut-on déjà connaître la date de la prochaine édition ?

E.M. : Alors rendez-vous l’année prochaine en mars comme d’habitude. Cette période était assez spéciale, il fallait trouver un créneau qui convient par rapport aux activités du pays. Donc ça sera en mars 2027, le même rendez-vous, toujours deux journées et toujours avec des femmes motivées et déterminées.

Propos recueillis par Merveille Jessica Atipo
Légendes et crédits photo : 
Emilia Mambissa, promotrice du salon Le Congo au féminin/DR
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