Dans « Muganga : celui qui soigne », la réalisatrice Marie-Hélène Roux signe un long-métrage ancré au cœur de l’Afrique centrale, où les blessures visibles et invisibles des femmes deviennent le moteur d’un combat humanitaire sans relâche. Sorti en salles le 24 septembre 2025 en France, le film retrace le parcours du gynécologue congolais Denis Mukwege, devenu symbole mondial de la lutte contre les violences sexuelles en temps de guerre.
À travers une mise en scène sobre, le long-métrage « Muganga : celui qui soigne » donne à voir un homme dont l’engagement frôle le sacrifice chaque jour. Au centre du récit, la rencontre déterminante entre Mukwege et un chirurgien belge. Un partenariat qui redonne force, ressources et souffle à une mission qui commençait à sembler lourd sur le long terme. Cette alliance, filmée avec une sensibilité documentaire, restitue l’énergie humaine et technique nécessaire pour soigner des milliers de survivantes et continuer à croire en la réparation.
La force de l’œuvre tient aussi à sa production ambitieuse. Soutenu par les sociétés Scope Pictures, Proximus et Radio-télévision belge de la Communauté française, le film bénéficie d’un ancrage européen solide. À cela s’ajoute le regard international de ses productrices : l’actrice et philanthrope Angelina Jolie et la productrice Cynthia Pinet. Leur implication apporte une dimension globale à une histoire profondément locale.
Marie-Hélène Roux choisit une narration qui oscille entre la tension des blocs opératoires, les témoignages déchirants des patientes et les menaces pesant sur la vie du médecin. Cependant, le film évite le sensationnalisme. Il montre sans exhiber, il bouleverse sans écraser. La caméra s’attarde sur les gestes médicaux, mais aussi sur les silences, les respirations et les regards qui racontent autant que les mots.
En filigrane, le film interroge : comment continuer à réparer le corps social lorsque la violence paraît systémique ? « Muganga : celui qui soigne » apporte sa réponse en misant sur l’alliance, la résilience et la transmission. Plus qu’un biopic, c’est un hommage vibrant à celles qui se relèvent, et à ceux qui, comme Mukwege, persévèrent pour rendre la dignité possible. Un film nécessaire, à voir ou à revoir, pour comprendre que soigner peut aussi être un acte de résistance.










