Une reprise du dialogue après plusieurs années de tensions.
Les États-Unis cherchent à relancer leurs relations avec les régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, après plusieurs années de tensions diplomatiques marquées par la suspension d’une partie de l’aide au développement et de la coopération militaire américaine. Cette tentative de rapprochement s’est matérialisée par une tournée régionale du haut responsable du bureau des affaires africaines du Département d’État des États-Unis, Nick Checker, chargé de présenter la nouvelle approche de Washington vis-à-vis des pays du Sahel.
Une étape importante à Niamey
Lors de son passage à Niamey, l’émissaire américain a été reçu par le ministre nigérien des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré ainsi que par le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine. Selon un communiqué de la diplomatie nigérienne, la visite avait pour objectif de présenter « la nouvelle vision » de Washington pour ses relations avec les pays de la région, et en particulier avec la Alliance des États du Sahel. Les discussions se seraient déroulées « dans un climat de sérénité et de respect mutuel », les deux parties exprimant leur volonté de relancer la coopération sur de nouvelles bases et de restaurer la confiance.
Sécurité et coopération économique au cœur des échanges
Les discussions ont notamment porté sur plusieurs dossiers stratégiques : la lutte contre le terrorisme, la coopération économique et commerciale, les perspectives d’investissement entre Washington et Niamey. Le Premier ministre nigérien a souligné que cette visite s’inscrivait dans un processus de dialogue visant à bâtir un partenariat fondé sur le respect mutuel et la souveraineté nationale.
Des relations fragilisées depuis les coups d’État
Les relations entre Washington et les autorités sahéliennes s’étaient fortement détériorées après les coups d’État militaires survenus entre 2020 et 2023 au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Au Niger, la situation s’est particulièrement tendue après le renversement du président Mohamed Bazoum le Coup d’État nigérien de 2023. En mars 2024, les autorités militaires avaient accusé les États-Unis de ne pas respecter la souveraineté du pays après la visite d’une délégation américaine conduite par Molly Phee, accompagnée notamment du commandant de AFRICOM, le général Michael E. Langley. Dans ce contexte de tensions, Niamey avait exigé et obtenu le départ de plus d’un millier de soldats américains stationnés dans le pays dans le cadre de la lutte contre les groupes jihadistes.
La nouvelle stratégie américaine en Afrique
Depuis le retour au pouvoir du président Donald Trump début 2025, Washington affirme vouloir privilégier une « diplomatie commerciale » dans sa relation avec le continent africain. Cette approche vise à renforcer les échanges économiques et les investissements plutôt qu’une coopération centrée exclusivement sur les questions sécuritaires.
Un Sahel toujours confronté à l’insécurité
Malgré ces tentatives de rapprochement diplomatique, les pays de l’Alliance des États du Sahel restent confrontés à une insécurité persistante. Des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à État islamique poursuivent leurs attaques dans plusieurs régions du Sahel, provoquant des milliers de morts et le déplacement de nombreuses populations. Dans ce contexte, la relance du dialogue entre Washington et les autorités sahéliennes pourrait marquer une nouvelle phase de recomposition diplomatique dans une région devenue stratégique pour les équilibres sécuritaires et géopolitiques de l’Afrique de l’Ouest.










