Devoir de mémoire : le CAPV rend hommage à Ota Benga

Lundi, Mars 23, 2026 - 13:45

Le Cercle des actions sociales pour la prise en charge de la personne vulnérable et les enfants autochtones (CAPV), que dirige Mesmin Oraire Oba à Pointe-Noire, a organisé  le 20 mars à son siège à Mpita dans le 1er arrondissement, la commémoration du 110e anniversaire de la mort d’Ota Benga, La cérémonie y relative a été patronnée par le conseiller socioculturel du maire de la ville, Erudi Philippe Mboumba Madiela en présence des directeurs départementaux des affaires sociales, des peuples autochtones et de la Jeunesse ainsi que les acteurs de la société civile.
 

Mesmin Oraire Oba a, dans son mot de bienvenu salué la présence de tous ses partenaires à cet évènement plein de sens tant pour ses hôtes que pour les jeunes  autochtones pansionnaires de son orphelinat. Il a, en effet, rappelé que, le CAPV est une association communautaire œuvrant pour la promotion et la protection des peuples autochtones. Elle se concentre sur l'éducation, la santé, l'insertion socio-économique et la valorisation de la pharmacopée traditionnelle.

Relatant l’histoire d’Ota Benga, l'organisateur a souligné que, Ota Benga encore appelé Otto Bingo à l’état civil américain, est né vers 1883 dans la forêt de l’Ituri en République Démocratique du Congo. Autochtone de la tribu des Mbuti, il est kidnapé et amené comme captif en 1903 aux Etats-Unies où, il a été déshumanisé et exposé durant deux ans dans diverses manifestations internationales, culturelles et scientifiques en tant que véritable captif et dans le zoo du Bronx, à New York.

Il a été libéré le 28 septembre par le maire de New York, grâce aux protestations d’un grand nombre d’Américains scandalisés. Après sa sortie, il est hébergé dans les orphelinats puis adopté après avoir appris l’anglais et s’être vu refaire les dents. Il travaille ensuite dans une manufacture de tabac en Virginie. Mais, il se sentait toujours malheureux étant le seul survivant de son clan en captif. Se trouvant dans l’impossibilité de retourner dans son pays d’origine pendant cette période de la Première Guerre mondiale, Ota Benga décide de mettre fin à ses jours le 20 mars 1916 après avoir organisé un rituel toute la nuit, a-t-il indiqué.

Cette histoire a-t-il souligné, est un devoir de responsabilité pour les acteurs de la société civile et les autorités nationales de prpteger l'être humain. Célébré sous le thème « Ota Benga Mémoire dignité responsabilité », la cérémonie a été marquée par une prestation artistique des jeunes autochtones pensionnaires de l’orphelinat du CAPV. « Nous nous battons ensemble pour la même cause, la protection  de l’être humain. C’est le même message que nous les hommes d’église et les autorités véhiculons. Le symbole de la bougie allumée est le sens de la vigilance afin de protéger l’autre ».

Parmi les participants, Moudzéndzé Fils, enseignant d’histoire, a souligné que l’histoire d’Ota Benga  mérite d’être enseignée dans les programmes scolaires. « Je pense que pour la mémoire, ces genres d'histoires doivent être enseignées auprès de nos enfants parce qu’il est dit, un peuple  sans histoire  est comme un arbre sans racine ».

Prenant la parole, Erudi Philippe Mboumba Madiela a souligné que, la mémoire donne le sens et la culture donne une voie : « En faisant vivre la mémoire d’Ota Benga nous ne ravivons pas une blessure encore moins les querelles avec ses ravisseurs, mais, si nous commémorons sa mémoire  simplement pour montrer combien notre humanité est grande, notre vision est inclusive pour faire que, nous sommes les peuples d’un même monde, nous sommes des frères et des sœurs que tu sois autochtone, bantou, rouge ou blanc, nous sommes tous les humains. Mais, pour les besoins de mémoire nous avons rappelé l’histoire de ce brave jeune autochtone qui n’a pas oublié ses racines avant de se donner la mort après avoir allumé un feu au bord de la mère car, une société qui assume son histoire, même douloureuse, s’est préserver sa mémoire », a-t-il dit.

Charlem Léa Itoua
Légendes et crédits photo : 
1- Photo de famille/Adiac 2- la prestation des enfants autochtones/Adiac
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