Prévention : Helios Towers Congo fait de la santé mentale un impératif de sécurité

Samedi, Mai 2, 2026 - 12:39

Helios Towers Congo a réuni, le 29 avril à Brazzaville, partenaires institutionnels et acteurs privés pour célébrer en différé la Journée internationale de la santé et de la sécurité au travail. Occasion choisie par le groupe spécialisé dans l'installation de pylônes télécoms pour poser un nouveau jalon dans sa politique de prévention des risques professionnels : la prise en charge de la santé mentale des travailleurs, désormais considérée comme une condition directe de leur sécurité physique.

La sécurité au travail ne se réduit plus à l'inventaire du casque, du harnais et des équipements de protection individuelle. Dans un secteur technique à haut risque, où chaque intervention sur pylône exige une vigilance sans faille, l'équation posée ce jour-là est aussi simple que structurante : un salarié fragilisé psychologiquement est un salarié physiquement exposé.

La représentante de MTN a mis des mots précis sur des maux souvent minimisés au sein des organisations. Dépression, démotivation, hypertension, désengagement professionnel, accidents vasculaires cérébraux : ces signaux d'alerte, les hiérarchies tardent encore à les reconnaître comme des risques professionnels à part entière. La prévention, a-t-elle plaidé, repose pourtant sur des gestes accessibles, pratiquer une activité physique régulière, aménager des pauses, oser refuser la surcharge de travail et, si nécessaire, consulter un médecin du travail ou un psychologue.

Derliche Kimbebembe, représentant de Digilogie, a abondé dans ce sens en posant la santé mentale sur le terrain de la performance. Sans équilibre émotionnel, la concentration vacille, la productivité s'effrite et le risque d'accident s'installe. La stabilité des équipes n'est pas une question de bien-être secondaire ; elle conditionne directement les résultats de l'entreprise.

Du côté de l'État, la présence d'Herman Olessongo Koumou, directeur de la sécurité et de la santé au travail à la Direction générale du travail, a conféré à la rencontre un poids institutionnel. Pour ce représentant de la puissance publique, les charges professionnelles excessives, la pression continue et l'absence d'accompagnement social constituent un terreau fertile aux accidents. Les entreprises doivent désormais intégrer la dimension psychologique dans leurs politiques de prévention. L'État, a-t-il rappelé avec fermeté, ne saurait se contenter de produire des textes réglementaires sans en surveiller l'application effective.

La directrice générale adjointe d'Helios Towers Congo, Flore Petith, a déroulé de son côté la stratégie interne du groupe. Réunions ouvertes avec les partenaires, sessions de sensibilisation, « minute sécurité » systématiquement inscrite en ouverture des rencontres, équipements modernes pour les techniciens de terrain, caméras embarquées pour l'analyse des comportements de conduite : une démarche structurée qui confirme que le capital humain est traité, au sein du groupe, comme sa première richesse.

Dans une activité spécialisée comme l'installation de pylônes télécoms, où la moindre erreur peut avoir des conséquences irréversibles, préserver la santé mentale des équipes relève à la fois de la responsabilité stratégique et de l'impératif humain. Ce que dit en creux l'initiative d'Helios Towers Congo, c'est qu'une entreprise performante de demain ne sera pas seulement outillée et certifiée : elle devra aussi être psychologiquement responsable.

 

 

Quentin Loubou
Légendes et crédits photo : 
Photo de famille d'Helios Towers Congo à la fin de l'activité / Adiac
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