Justice : la lutte contre la criminalité financière complexe au cœur d’une formation continue

Mercredi, Mai 6, 2026 - 21:15

Du 6 au 8 mai, une session de formation continue consacrée aux « crimes financiers complexes » réunis les acteurs de justice à Brazzaville. Organisée par le Centre International de Formation des Avocats Francophones (CIFAF) en collaboration avec l’Ordre National des Avocats du Congo (ONAC) et avec le soutien de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), cette rencontre marque une étape décisive dans le renforcement des capacités des acteurs du droit en Afrique centrale.

L’ouverture des travaux a été marquée par les allocutions du Bâtonnier de l’Ordre National des Avocats du Congo, Me Eric Christian Locko et du coordonnateur du CIFAF, Monsieur. Dans un contexte de globalisation des échanges, la profession d’avocat fait face à des défis croissants. Comme l'a souligné le Bâtonnier congolais, la formation continue n'est plus une option mais une nécessité vitale pour garantir la crédibilité et la qualité du service rendu aux justiciables. « Désormais inscrite dans un environnement globalisé et de plus en plus complexe, elle exige de nous adaptation, anticipation et formation permanente. La formation continue n'est plus une option, mais une nécessité. Elle conditionne notre crédibilité, renforce nos compétences et garantit la qualité du service que nous rendons » a-t-il indiqué.

Cette session à Brazzaville revêt une dimension symbolique particulière. Il s'agit de la deuxième intervention du CIFAF au Congo, après une première édition réussie en octobre 2020. Ce retour confirme la volonté de l'ONAC d'inscrire la formation permanente comme pilier de son action ordinale.

Selon les organisateurs, le thème retenu, les crimes financiers complexes, répond à une actualité juridique brûlante. Blanchiment de capitaux, corruption, détournements de fonds et montages financiers opaques constituent des infractions d'une haute technicité et souvent transnationales.

L’objectif de ce séminaire consiste à maîtriser la technicité en permettant aux avocats de s'approprier les outils nécessaires pour naviguer dans des environnements juridiques sophistiqués mais aussi garantir la défense à travers la possibilité d’outiller les conseils pour qu'ils puissent assurer une défense efficace et une ingénierie juridique capable de faire progresser le droit et la jurisprudence.

Les responsables du CIFAF ont estimé que cette formation vise à « détricoter la complexité » de ces infractions grâce à l’expertise des avocats. Au-delà de la simple connaissance des textes, il s'agit de favoriser l'émergence d'une doctrine et d'une jurisprudence qui répondent au besoin de justice des citoyens et des États.

En s'appuyant sur les standards de la famille du droit romano-germanique, commune à de nombreux pays francophones, le CIFAF et l'ONAC ambitionnent de transformer la pratique du droit pour en faire un levier de bonne gouvernance et de développement.« La technique est une expression, mais c’est également un contenu. On ne défend ni n’assiste avantageusement aucun sujet de droit sans investir le secteur où se nichent les difficultés de la tâche », a declaré l’un des responsables du CIFAF.

Cette session de trois jours, soutenue par l'OIF, réaffirme l'engagement des barreaux francophones à contribuer à la paix sociale par la clarté des règles de droit et l'excellence de ceux qui les appliquent.

 

Rude Ngoma
Légendes et crédits photo : 
Les participants à la formation/Adiac
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