En marge des assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) et à l’occasion d’une table ronde organisée par le Fonds mondiale pour la nature (WWF), le conseiller technique à la Commission climat du bassin du Congo, Honoré Tabouna, a formulé, le 27 mai à Brazzaville, plusieurs suggestions sur le financement direct des populations autochtones et locales dont le renforcement des institutions existants.
Le financement direct est une méthode de financement où les emprunteurs empruntent des fonds directement sur le marché financier sans recourir à un service tiers, comme un intermédiaire financier.
Selon certaines sources, l’Afrique compte quatorze millions de peuples autochtones. Pour la région Afrique centrale, ils seraient plus de trois-cent-mille. Au Congo, par exemple, ils représenteraient 10% de la population, soit environ quarante mille personnes.
Les peuples autochtones et locales sont organisés autour de deux outils institutionnels notamment le Forum international sur les peuples autochtones d'Afrique centrale (FIPAC), qui est basé à Impfondo, est devenu depuis 2021, par décision des chefs d'état de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), une agence d'exécution.
Et à côté de cette agence d'exécution dédiée aux peuples autochtones et locales, il y a également le Réseau des populations autochtones et locales pour la gestion durable des écosystèmes forestiers d'Afrique Centrale (REPALEAC) qui, a été fondé en 2003 à Kigali, au Rwanda, dans un contexte marqué par la nécessité de défendre les droits des Peuples Autochtones et Communautés Locales (PACL) et de préserver les écosystèmes forestiers.
« Les questions financières, des ressources humaines, pour que ce réseau devienne fort, puisque c'est l'organisation qui représente les projets. Qu’ils deviennent fort et soit capable de gérer aussi des projets, quitte à ce que, dans un premier temps, on y mette des assistantes techniques. Donc, là, l'autre chose, il faudrait maintenant identifier toutes les institutions publiques, privées, philanthropes, qui travaillent directement avec les peuples autochtones. Vous avez, par exemple, les fondations des compagnies de téléphonie mobile, qui touchent directement, par rapport au transfert d'argent, par rapport au crédit téléphonique, qui touchent les peuples autochtones directement », a indiqué Honoré Tabouna.
Outre le renforcement de l’existence institutionnelle et organisationnelles des populations autochtones et locales, les fondations qui sont dans les départements de la responsabilité sociétale et environnementale doivent travailler avec les organisations de conservation pour mutualiser les efforts et surtout faire de telle sorte qu'il n'y ait plus beaucoup d'intermédiaires pour toucher les peuples autochtones.
Signalons que depuis au moins plus de trente-ans, les financements qui parviennent aux peuples directs le sont de façon, disons, indirecte. Ce sont les organisations, les ONG, les partenaires qui collectent ces ressources et montent des projets.











