Sécurité et prévoyance sociales : Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas rencontre ses collaborateurs

Samedi, Mai 30, 2026 - 11:45

Nommée le 24 avril dernier à la tête du ministère de la Sécurité sociale, de la Prévoyance sociale et de la Solidarité nationale, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, a effectué, du 27 au 29 mai à Brazzaville, une intense visite de travail auprès des directions générales et structures sous sa tutelle. Cette première immersion sur le terrain marque le point de départ d'une collaboration que la nouvelle ministre souhaite placer sous le signe de l'action collective, de la rigueur et de « l'accélération de la marche vers le développement ».

Accompagnée de son directeur de cabinet, Ferdinand Sosthène Likouka, et des membres de son équipe, la ministre a visité successivement la Direction générale de la sécurité sociale (DGSS), la Direction générale de la solidarité (DGS), la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF), la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la Caisse d’assurance maladie universelle (CAMU). Les responsables de ces structures ont présenté à travers cette rencontre avec leur nouvelle cheffe de département les préoccupations et les solutions attendues pour la bonne marche de leurs administrations.

La sécurité sociale

Si à la Direction générale de sécurité sociale, régulateur des structures chargé de de sécurité et de la prévoyance sociale des congolais, les préoccupations ont porté vers la promotion de la sécurité sociale. À l’harmonisation de la législation nationale au socle juridique de la Conférence inter-africain de la prévoyance sociale, à la réforme des inspections effectuées par la direction auprès des établissements publiques et privées, et outre le manque de locaux adéquats et des moyens roulants pour certaines directions départementales.

À la CRF, qui gère environ 50 000 pensionnés, le directeur général, François Nguimbi, a exposé sans détour la situation de sa structure. Si la caisse affiche un bilan assaini pour les exercices 2022, 2023 et 2025, l'urgence immédiate réside dans la liquidation de quatre mois d'arriérés de l'année en cours, soit de février à mai 2026. Parmi les autres priorités figurent le traitement diligent des dossiers pour éviter les longues attentes de prise en charge, le reversement juridique des agents contractuels et la revalorisation du point d'indice à 300. 

Du côté de la CNSS, le directeur générale, Evariste Ondongo, a plaidé pour un effectif de 650 agents gère une masse critique de 41 882 pensionnés, 1 480 rentiers et 4 478 allocataires, pour un coût de prestations annuelles s'élevant à près de 80 milliards de FCFA. Il a profité, par ailleurs, de cette visite pour alerter la ministre sur un point crucial, celui de l'annulation jugée illégale, via la loi de finances 2026, de l'article 171 du code de sécurité sociale, qui obligeait tous les employeurs quittant le territoire à présenter un certificat de non-redevance. « Des démarches en vu de retrait de cette disposition sont en cours et nous avons reçu des promesses du gouvernement » a indiqué Evariste Ondongo.

Le DG de la CNSS a également informé la ministre sur les difficultés pour les transferts de fonds pour les évacuations sanitaires des accidentés de travail, sans oublier l’épineux problème des arriérés de pensions accumulées au cours de la période post-conflit entre 1997 et 2004. « L’Etat s’était engagé de procéder à l’apurement, malheureusement sur les dix-huit trimestres prévus, il n’a payé que deux trimestres en 2012 », a-t-il déploré.

En dépit des problèmes cités, la CNSS a annoncé très prochainement le lancement d’une campagne d’immatriculation des chauffeurs de taxi et de bus afin d’étendre la couverture au secteur informel. 

Mise en œuvre de la couverture maladie

Après une phase pilote réussie depuis avril 2025 avec 27 000 assurés affiliés et 174 formations sanitaires conventionnées dans 8 départements, le Directeur général de la CAMU, Félix Mouko, a présenté les ambitions de son institution à savoir l’intégration des agents de l’État à Brazzaville, Pointe-Noire et Oyo dès le 1er août 2026. Ce projet d'envergure, qui cible potentiellement 480 000 bénéficiaires, nécessite la distribution des cartes biométriques dès le 1er juillet et le déploiement d’une campagne de communication de 11 semaines à compter du 20 juin. 

Toutefois, le succès de ce tournant repose sur des arbitrages financiers et juridiques urgents attendus de la ministre que sont la mobilisation d’un fonds de roulement de 4,4 milliards de FCFA, l'adoption de 17 projets de textes réglementaires bloquants, le règlement d'une dette de digitalisation de 6,5 milliards de FCFA et l'octroi d'un statut de créance publique aux cotisations pour contraindre les employeurs défaillants.

Cas de la direction générale de la Solidarité nationale

Cette nouvelle structure auparavant rattachée au ministère des Affaires sociales fait face à plusieurs difficultés, qu’elles soient financières, matériels et organisationnelles, comme l’a exprimé la directrice générale, Anasthasie Ossangatsama. Les 40 agents qui constituent cette direction s'efforcent d’impulser une nouvelle vision stratégique de l'aide sociale malgré un budget très restreint, dépendant majoritairement des Partenaires Techniques et Financiers (PTF). « Nous comptons sur votre engagement, votre rigueur et combativité pour relever ces défis », a-t-elle souhaité

Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas à l’écoute

À la direction de la Solidarité, la ministre a tenu à rassurer le personnel sur l'absence de toute discrimination de traitement entre les administrations. « La solidarité n'est pas un mot creux. Elle représente beaucoup dans certaines familles, sans cette solidarité, on ne peut envoyer son enfant à l’école ou soigner sa famille et nous allons donner du sens à cette direction », a déclaré la ministre de la sécurité sociale, de la prévoyance sociale et de la solidarité, s’engageant ainsi à se pencher sur l'actualisation de l’organigramme et l’amélioration des conditions réelles de travail de ses équipes. 

Aux autres structures visitées, elle a répété avec humilité qu'elle s'était donné le temps nécessaire pour s'imprégner des concepts techniques avant de venir à la rencontre des équipes. Refusant de formuler des réponses hâtives, elle a exigé la mise en place d'une méthode de travail rigoureuse. « Le sens de notre rencontre n’est pas d’apporter des réponses immédiates, mais de poser le premier pas d’une longue collaboration. Nous allons bâtir une feuille de route, aller en profondeur dans chaque dossier, et travailler main dans la main comme une seule et unique équipe au service de l’intérêt général ».

 

 

Jean Pascal Mongo-Slyhm
Légendes et crédits photo : 
Visite de la direction générale de la solidarité; la ministre reçue à la CRF/Adiac
Notification: 
Non