Festival de la biodiversité : la 12e édition s’est tenue à Pointe-Noire et à Brazzaville

Mardi, Juin 16, 2026 - 18:30

Habituellement organisé uniquement à Pointe-Noire, le Festival de la Biodiversité a eu la particularité cette année, pour sa 12e édition, de se tenir à Brazzaville à l'Institut français du Congo (IFC), puis à Pointe-Noire. Au cours de ce rendez-vous organisé par l’association congolaise Renatura Congo, différentes activités ont été proposées, dont une table ronde sur la place de l’environnement dans l’éducation nationale. Toutes ces journées ont eu un même objectif : mieux faire connaitre l’importance de la biodiversité.

Destiné à la sensibilisation des enfants et du grand public à la richesse naturelle du Congo et de notre planète, aux menaces qui pèsent sur la biodiversité et aux solutions pour la protéger, le Festival de la Biodiversité s'est tenu à Brazzaville à l'Institut français du Congo (IFC), les 21 et 22 mai puis les 4 et 5 juin dernier à l'IFC de Pointe-Noire. C'est une initiative organisée chaque année depuis 2014 par l’équipe de Renatura Congo, à l’occasion de la célébration, le 22 mai, de la journée internationale de la diversité biologique. 

Cette année, ce rendez-vous s’intègrait dans le projet national d’éducation et de sensibilisation à l’environnement porté par l’association à travers le Partenariat pour les écosystèmes forestiers, la nature et le climat (Country package) qui rassemble l’Ambassade de France, , le ministère de l’Education (MEPPSA), de l’Economie Forestière (MEF) et de l’Environnement (MEDDBC). Ce projet a pour objectifs : d’apprendre et échanger sur la biodiversité, sensibiliser à la nécessité de préserver l’environnement ; promouvoir le patrimoine naturel du Congo, fédérer différents secteurs d’activités (environnement, culture, social)… 

A Pointe-Noire comme à Brazzaville, enfants, éducateurs, artistes et passionnés d’environnement ont participé aux diverses activités proposés pendant ces journées : ateliers pédagogiques sur les thématiques environnementales, (gestion des déchets, écologie, forêt, océan…), casque virtuel, conférences, concert… 

Peu de place pour l’environnement dans l’éducation nationale

Dans la ville océane où le festival a réuni environ 300 élèves en journée, une table ronde a été organisée en soirée autour du thème « la place de l’environnement dans l’éducation nationale », en présence de Véronique Wagner, Consule générale de France, Lionnel Férré, représentant du Country Package, Jésone Okana, attaché au sui des programmes pédagogiques et à l’alphabétisation (MEPPSA) et d'Ulrich Mavopa Ibouanga, directeur départemental de l’environnement de Pointe-Noire. La rencontre avait comme intervenants : M. Okana du MEPPSA, le docteur Viviane Okouma Mbella Tchichelle, écologiste, fondatrice de la Be Green Academy, Joseph Mokoko, inspecteur pédagogique de SVT et Louisette Ngounga, coordinatrice Education et Sensibilisation à l’Environnement (ESE) à Renatura. 

Lors des différentes interventions, il a été noté la faible représentation des thématiques sur l’environnement dans les programmes scolaires : 29,37 % au primaire avec une absence de notion au CM1 contre 12,64 % au collège. Il n’existe en outre pas de chapitre spécifique sur l’environnement au lycée. Néanmoins, il a été fait remarqué que des enseignants s’engageaient régulièrement à porter des activités au sein de leurs écoles pour promouvoir un comportement éco-citoyen, telles que des campagnes de reboisement, des jardins scolaires, du recyclage, des sorties pédagogiques, des journées environnementales... Mais l’efficacité de ces initiatives, aussi louables qu’elles soient, reste souvent limitée par le manque de formation spécifique des enseignants et de moyens adéquats (pas de laboratoires ni de matériel pour des activités pratiques…). 

« L’école doit devenir un espace privilégié d’apprentissage de l’écocitoyenneté, où les élèves apprennent non seulement à connaître leur environnement, mais aussi à le respecter, à le protéger et à agir concrètement en faveur de sa préservation. Toutefois, l’atteinte des résultats escomptés exige une mobilisation accrue de l’ensemble des acteurs concernés : administration publiques, établissements scolaires, collectivités locales, OSC, partenaires techniques et financiers, sans oublier les familles », a estimé Ulrich Mavopa Ibouanga.

Grâce à son programme d’éducation et de sensibilisation à l’environnement (sensibilisation et animations scolaires, excursions pédagogiques,  club vacances, festivals permettant de sensibiliser 40000 élèves chaque année), Renatura contribue chaque année à sensibiliser et à renforcer la culture écologique au Congo. Pour exemple, suite au constat du manque de sources d’informations des enseignants pour concevoir leurs cours en lien avec l’environnement, l’association a conçu et distribué dans 5 départements, en partenariat avec le Ministère de l’Enseignement Préscolaire, Primaire, Secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA), un fonds documentaire sur l’environnement et l’écologie. Un document destiné aux enseignants des Sciences et vie de la terre (SVT) des Collèges de l’enseignement général (CEG). Une version pour le lycée et le primaire est en cours d’élaboration.

Félicitant cette ONG pour ses initiatives, Veronique Wagner a souligné : «Renatura est un exemple de structure qui est engagée sans relâche pour la préservation de la biodiversité et la sensibilisation à l’environnement. L’Ambassade de France dans sa stratégie d’investissement durable au Congo met l’environnement et la jeunesse au cœur de ses actions ».

A Brazzaville le festival a proposé un programme également bien rempli, alternant ateliers interactifs à la sensibilisation à l'écologie, initiation à la gestion des déchets, spectacle de contes menés par le collectif Africa Graffiti et expériences en réalité virtuelle. La soirée d’ouverture a été consacrée à la projection du documentaire, "Nature" de Yann Arthus-Bertrand.

Cette 12e édition du Festival de la Biodiversité s’est finalement clôturée en beauté par la Jam session, un concert de musique placés sous les couleurs environnementales.

Lucie Prisca Condhet N’Zinga
Légendes et crédits photo : 
-Vue de la salle lors de la table ronde, Crédit photo DR -Vue de la salle lors d'un atelier es enfants participant
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