Littérature : « Le bonheur dans ses yeux », un roman sur la quête intérieure

Mercredi, Juin 17, 2026 - 13:45

Auriane Landryne Elion épouse Mounkassa a présenté samedi 13 juin son troisième ouvrage, une autoproduction de 264 pages qui explore, à travers amour, exil et secrets de famille, la condition humaine au prisme du bonheur.

Il y avait dans la salle des conférences de Perspective d'Avenir quelque chose qui ressemble à une naissance. C'est d'ailleurs en ces termes que Mireille Elion, directrice générale de l'Agence nationale de l'artisanat et ancienne directrice générale des arts et des lettres, a choisi d'accueillir Le bonheur dans ses yeux : « Nous assistons à l'accouchement d'un bébé littéraire. » Le roman d'Auriane Elion, autoproduction vendue à 15 000 FCFA, a été officiellement présenté deux jours après l'anniversaire de l'auteure, devant un public mêlant proches, collègues et amoureux des lettres congolaises.

L'événement a été marqué par la présence de Prince Michrist Kaba Mboko, ministre délégué auprès du ministre des Sports, de la Jeunesse et de l'Éducation civique chargé de la Jeunesse et de l'Éducation civique, ainsi que du professeur Grégoire Lefouoba, philosophe et ancien ministre, dont l'intervention sur les racines anthropologiques de la violence a retenu l'attention de la salle.

Trois personnages, un même vertige

Diplômée en ressources humaines et en droit public, alumni de l'Université du Maine en France, Auriane Elion est également auteure de l'essai Optimise (2020), consacré au développement personnel et professionnel. Elle avait déjà signé en 2023 La salle d'attente du bonheur, roman ancré à Brazzaville, plébiscité par ses lecteurs pour son rythme, sa précision des repères spatiaux de la ville et sa manière d'habiller des faits de société banalisés d'une écriture à la fois fluide et sensible.

Avec Le bonheur dans ses yeux, l'auteure poursuit son chemin littéraire vers une œuvre plus profonde et résolument romanesque. Le roman suit Omani, chirurgien pédiatre, qui rentre au Congo après dix années d'exil en France, porté par la conviction de se reconstruire. Mais le retour aux sources ravive des blessures enfouies. Sur son chemin croisent Maya, femme intrigante et mère dévouée d'un petit garçon malade, Adam, dont le regard bouleverse Omani bien au-delà de la raison, puis Jeanne, l'amour de jeunesse qu'il n'a jamais oublié, dont le retour réveille les non-dits et les promesses interrompues.

Entre silences, loyautés et vérités dissimulées, les destins se croisent et se heurtent, et chacun doit décider jusqu'où il est prêt à aller, et ce qu'il est prêt à perdre. L'amour reste le fil conducteur, toujours le thème central de l'auteure, mais il ouvre ici sur la maladie, l'exil et la quête de soi.

Le bonheur comme course

À ceux qui lui demandaient de définir le bonheur, Auriane Elion a livré une formule qui résume bien l'ambition du livre : « Le bonheur est une quête perpétuelle, une course très souvent freinée par le passé et tiraillée par l'avenir. » Le message qu'elle souhaite transmettre n'est pas une promesse de destination, mais une invitation à s'arrêter, à s'approuver, avant de repartir. Et si on lui demande en une phrase pourquoi lire ce roman, sa réponse tient en une formule : « Si vous avez déjà aimé, si vous avez déjà poursuivi le bonheur, vous pouvez trouver dans les personnages de ce livre des compagnons de course, qui vous feront peut-être réaliser que le bonheur, vous l'avez déjà. »

Dans la salle, un jeune lecteur, l'un des rares à avoir lu l'ouvrage avant sa présentation, parle d'une invitation à croire en des jours meilleurs malgré les difficultés. Naomi Kasaki, fidèle lectrice depuis La salle d'attente du bonheur, attend de voir si la maturité revendiquée par l'auteure se confirme sur toute la longueur du texte. Pour elle, le rendez-vous est déjà pris.

Quentin Loubou
Légendes et crédits photo : 
1- Auriane Elion lors de la dédicace du livre 2- la couverture du roman
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