Le compte-rendu du conseil des ministres du 18 juin a confirmé la volonté du gouvernement de faire de la relance des sports une cause nationale.
Le président de la République a instruit le Premier ministre, chef du gouvernement, d’impliquer les ministres concernés dans la définition d’un véritable programme de redressement du sport à soumettre, dans les meilleurs délais, à la délibération du conseil des ministres, et ce sur la base des cinq priorités définies par le ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Education civique.
Hugues Ngouélondélé a, dans une communication, fait l'état des lieux du sport en République du Congo, se résumant à cinq principaux défis dans une des communications suivies par le conseil des ministres. Le ministre des Sports a évoqué les problèmes de la gouvernance des fédérations sportives, investies d’une délégation de pouvoir de la part de l’Etat pour développer leur discipline sportive. Il a expliqué: « La défaillance de certaines d’entre elles, et pas des moindres, est un des stigmates les plus patents du déclin que connaît le sport congolais. »
Sur cet aspect, les membres du conseil ont déploré, avec le ministre, les perturbations qui ont affecté la Fédération congolaise de football et les désordres qui perdurent au sein de la Fédération congolaise de handball, du fait de quelques comportements dissidents.
Evoquant la formation des sportifs qui reste un défi majeur, le ministre a rappelé que la performance ne s’improvise pas et est le fruit d’un travail patient et opiniâtre. Pour preuve, grâce à la création en 2005 par le président de la République du Centre national de formation de football (CNFF), le Congo avait remporté la Coupe d’Afrique des nations des moins de 20 ans en 2007 et ils ont été deux fois médaillés d’or aux Jeux de la Francophonie à Beyrouth au Liban en 2009 et à Nice en France en 2013.
La création de l’Académie Alima d’Oyo, a dit le ministre, entretient de l’espoir, précisant que les jeunes apprenants montrent d’ores et déjà des prédispositions prometteuses. C'est une bonne vision mais l’Académie Alima seul ne suffit pas pour résoudre tous les problèmes du football. Il faut élargir le champ d’action suscitant la création d’autres centres de formation à travers le pays et, surtout, redorer le blason du CNFF. Cette politique fait actuellement la force de certaines nations comme le Sénégal ou le Maroc. Dans les sports individuels, les spécialistes disent qu’il faut toute une olympiade pour préparer un futur médaillé dans les grandes compétitions comme en témoigne la moisson réalisée par la délégation congolaise lors des Jeux africains de Brazzaville 2015.
Le troisième défi concerne la participation des équipes nationales aux compétitions sportives internationales. Le but étant de rendre optimales, par la mise à disposition des ressources logistiques idoines, la préparation et la participation des athlètes congolais, en vue de performances qui doivent faire la fierté nationale.
L’état des infrastructures sportives a été l’un des points évoqués. « Leur dégradation souvent avancée, hormis la récente réhabilitation du stade de la Concorde de Kintélé, soutient le ministre, empêche une pratique cohérente du sport de haut niveau ou de proximité ». Il sied de rappeler qu' aujourd’hui le pays ne dispose d' aucun stade homologué par la Fifa et la CAF. Le stade Alphonse-Massamba Débat qui abrite des rencontres internationaux de football ne bénéficie que d’une homologation provisoire.
Le cinquième enjeu met l’accent sur le financement du développement du sport. Par manque de financement, faut –il le rappeler, plusieurs fédérations sportives ont été contraintes de renoncer à plusieurs compétitions ou encore vu la taille de leur délégation être réduite, rendant difficile les espoirs de gagner les médailles .
Les clubs de football non subventionnés par l’Etat peinent à trouver des sponsors. Dans ces conditions, il est difficile pour eux de rivaliser avec les équipes les plus huppées du continent. L’Etat devra apporter les moyens qu’il faut pour atteindre les objectifs fixés. « Les membres du conseil ont opiné sur le fait qu’il était opportun d’impliquer et de mobiliser le secteur privé pour ce faire. »











