Le Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC) en partenariat avec l’Unesco a organisé, le 30 juin à Brazzaville, une conférence-débat sur le thème : « le rôle des médias dans l’édification d’un avenir de paix ».
Les participants à cette journée d’informations et d’échanges ont suivi trois conférences animées par trois experts, à savoir : « Ethique, déontologie et responsabilité sociale » développée par le Dr Godefroy Yhomby. Il s’agissait pour le conférencier de : expliquer aux participants comment concilier l’obligation d’informer et le devoir de ne pas attirer les tensions ou la haine ; comment éviter les pièges du sensationnel et les discours clivants, et enfin comment résister aux pressions de tous genres qui instrumentalisent l’information au détriment de la cohésion sociale.
Le deuxième exposé portait sur « le défi numérique et les réseaux sociaux » développé par le Dr Idriss Bossoto. Le conférencier avait pour tâche de faire comprendre au public : la désinformation et les fake-news ; l’impact des algorithmes sur la propagation des discours de haine et les codes de gouvernance de l’intelligence artificielle ainsi que comment les journalistes peuvent outiller les citoyens à développer leur esprit critique.
Le dernier exposé, quant à lui, avait pour thème : « les nouvelles approches journalistiques pour un journalisme de paix ». Cette thématique avait été exploitée par le Pr Ludovic Miyouna. Le conférencier avait pour mission d’édifier l’auditoire sur : la différence entre le journalisme de paix et le journalisme de guerre. Dans le même ordre d’idées, il exhortait les professionnels de l’information et de la communication à assurer une représentation équitable, dans les médias, de toutes les composantes de la société.
Ouvrant les travaux, le vice-président du CSLC, Jean Obambi, a indiqué que « dans toute société qui se veut démocratique, les médias ne sont pas simplement des vecteurs d’informations. Ils sont des architectes invisibles du vivre-ensemble. Chaque mot diffusé, chaque image projetée, chaque récit proposé contribue à façonner le regard que les citoyens portent sur eux-mêmes et sur les concitoyens ».
Notre pays, a-t-il poursuivi, a traversé des épreuves douloureuses ; c’est parce que nous avons payé le prix fort de la désunion, a-t-il ajouté, que nous comprenons mieux que quiconque la valeur inestimable de la paix sociale. « Et la paix, nous le savons, ne se décrète pas ; elle se construit, pierre après pierre, jour après jour, dans chaque interaction humaine, dans chaque acte de communication. Les médias sont au cœur de cette construction. Ils peuvent être des ponts ou des tranchées, des espaces de rassemblement ou des tribunes de division. La responsabilité qui leur incombe est immense », a-t-il conclu.
De son côté, la Représentante de l’Unesco au Congo, Mme Fatima Barry, a indiqué que le thème de la présente conférence-débat est au cœur du mandat de son institution depuis sa création ; parce que, a-t-elle renchéri, dans son Acte constitutif, il est écrit noir sur blanc ce qui suit : « les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ».
Et de conclure : « Aujourd’hui plus que jamais, les médias occupent une place stratégique dans nos sociétés. Ils ne sont pas seulement des vecteurs d’informations ; ils sont des acteurs du développement. Ils éclairent les décisions publiques, favorisent la participation citoyenne, renforcent la transparence, donnent une voix aux plus vulnérables et contribuent à bâtir des sociétés plus inclusives, plus résilientes et plus pacifiques ».











