La représentante du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) au Congo, Adama Dian-Barry, a remis le 17 juillet au ministre de la Santé et de la Population, Jean Rosaire Ibara, des équipements informatiques en vue de passer progressivement d'une gestion réactive à une gestion proactive de la chaîne d'approvisionnement.
D’une valeur de près de 50 millions FCFA, ces équipements acquis dans le cadre du partenariat Pnud-Fonds mondial-gouvernement congolais, sont composés de 110 tablettes numériques ; 55 ordinateurs portables ; deux imprimantes, ainsi que deux plateformes numériques. Ces dernières ont été conçues pour donner une vitrine internationale aux programmes nationaux de lutte contre le Sida, et la Tuberculose. Adama Dian-Barry a rappelé que le but est de permettre au monde de voir les progrès réalisés par la République du Congo et de s’inspirer des stratégies proactives et audacieuses qui sont en cours de déploiement. Selon elle, la remise officielle de ces équipements au siège du Pnud traduit une ambition beaucoup plus grande, consacrant une nouvelle manière de gouverner la santé publique à travers une gouvernance fondée sur les données, l'anticipation et sur la transparence. « Une gouvernance dont la finalité demeure : garantir à chaque Congolaise et à chaque Congolais un accès continu à des médicaments et produits de santé de qualité, où qu'il se trouve sur le territoire national », a-t-elle rappelé.
En effet, la gestion logistique des produits de santé au Congo reposait principalement sur des outils papier. Ce qui ne permettait ni une visibilité suffisante sur les niveaux de stock, ni une remontée rapide de l'information, limitant ainsi la capacité des décideurs à anticiper les ruptures, les surstocks ou les pertes liées aux péremptions, a déploré la représentante résidente du Pnud. Pour pallier à ces insuffisances, le gouvernement a engagé une réforme profonde de la gouvernance pharmaceutique nationale, se traduisant par l'actualisation de la politique pharmaceutique nationale, des plans directeurs, des procédures opérationnelles standardisées ainsi que du Plan stratégique national d'approvisionnement en produits de santé.
54 sites pilotes sur 92 déjà opérationnels
Parlant des plateformes numériques, elle a rassuré que le système e-LMIS, développé autour de la plateforme Open mSupply, représente aujourd'hui l'une des réformes numériques les plus structurantes du secteur de la santé en République du Congo. Car, grâce à cet outil, les données logistiques deviennent disponibles en temps réel. « Les commandes sont automatisées, les consommations sont suivies avec précision, les ruptures peuvent être anticipées, les ressources sont utilisées de manière plus rationnelle. Autrement dit, nous passons progressivement d'une gestion réactive à une gestion proactive de la chaîne d'approvisionnement, qui anticipe sur les besoins en consommation de médicaments et produits de santé, et surtout éviter les ruptures de stock », a expliqué Adama Dian-Barry.
Dans le cadre de la transformation profonde de la manière de piloter le système national de santé, 54 sites pilotes sont pleinement opérationnels sur les 92 prévus ; plus de 120 professionnels de santé ont été formés et 30 tuteurs nationaux accompagnent quotidiennement les utilisateurs. Evoquant des perspectives, le Pnud a annoncé la finalisation du déploiement des 38 sites pilotes restants, d'achever l'interopérabilité complète entre les différentes applications et la préparation, avec le soutien du Fonds mondial et de l'ensemble des partenaires, du passage à l'échelle nationale.
Directrice de la pharmacie et du médicament au ministère en charge de la Santé, Rosa Chanelle Ata Inyongi Ollessongo, s’est félicitée de cette dotation qui intègre le projet de modernisation du système de santé national. Il s'agit, a-t-elle rappelé, de la digitalisation du circuit logistique pour permettre une meilleure gestion des médicaments sur l'ensemble du territoire et avoir une meilleure visibilité sur les stocks nationaux et garantir la disponibilité de médicaments de qualité et autres produits de santé. « C'est un projet qui a démarré en 2023 avec une étude et qui a abouti au choix d'une solution informatique parce que la gestion papier des stocks avait montré ses limites. Pour une meilleure gestion des produits de santé sur l'ensemble du territoire, il fallait que l'on passe à la solution numérique », a-t-elle rassuré.
Le ministre de la Santé et de la Population a, de son côté réceptionné le don avant de signer les documents y afférents.











