L’écrivain-chercheur Ramsès Bongolo va présenter et dédicacer son œuvre intitulée, «André Grénard Matsoua», au cours d’une cérémonie qui aura lieu, le 1er août en matinée dans l’auditorium Denis Sassou N’Guesso du mémorial Pierre Savorgnan-de-Brazza, qui servira également de point de départ d’une nouvelle ère éditoriale dédiée à la vérité historique de l’Afrique. A travers cette publication l’auteur met en exergue cinq siècles d’histoire du Bassin du Congo.
Cette cérémonie donnera l’occasion d’exposer les objectifs fondamentaux de cette nouvelle maison d’édition du Mémorial, créée pour s’affranchir des circuits occidentaux et placée sous le parrainage de Belinda Ayessa, directrice générale de cette institution culturelle et préfacière de l’ouvrage. Ce lancement pose ainsi l’acte fondateur d’une réappropriation totale de l’histoire locale.
L’œuvre de Ramsès Bongolo se déploie comme une fresque magistrale qui embrasse un demi-millénaire d’histoire, structurée en une heptalogie d’une rare puissance narrative. Dans cet ouvrage il retrace la trajectoire du bassin du Congo, depuis l’arrivée du navigateur portugais Diego Cão à l’embouchure du fleuve jusqu’aux proclamations des indépendances en 1960. L’ouvrage analyse les fondements de la domination coloniale à travers la bulle papale Dum Diversas. Il dévoile l’existence d’une guerre spirituelle méconnue : la création, par le Vatican, d’un « égrégore » destiné à briser la colonne vertébrale culturelle de l’Empire Koongo. Un mécanisme d’aliénation perpétué plus tard par une société secrète de « Grands Blancs » pour maintenir l’Afrique dans le giron de l’Hexagone. Face à l’envahisseur, le livre réhabilite les figures majeures de l’insoumission africaine, les résistants héroïques: le roi Mvita Kanga, la reine Nzinga, la prophétesse Kimpa Vita, les guerriers Mabiala-ma-Nganga et Bouéta-Mbongo, ainsi que la prêtresse-guerrière Mâ Ngounga.
Cet ouvrage relate aussi le choc des modèles coloniaux. En effet, la fresque oppose la méthode de dialogue et de respect des traités de Pierre Savorgnan-de-Brazza à la prédation d’Henry Morton Stanley et du roi Léopold II. L’humanisme de Pierre Savorgnan-de-Brazza face aux violences coloniales. L’auteur met aussi en lumière le conflit profond entre Brazza, partisan de l’école laïque, et Mgr Prosper Augouard, adepte d’une «œuvre civilisatrice» violente (travail forcé, destruction des lieux sacrés et des objets rituels africains).
Le point d’orgue de cette fresque historique repose sur la figure christique d’André Grenard Matsoua, le souffle du messianisme. Ramsès Bongolo restitue avec précision le parcours de cet homme, dont la trajectoire mène le bassin du Congo, des tranchées de l’Europe aux urnes fondatrices de la souveraineté politique en 1960. Matsoua incarne le fil conducteur reliant les résistances ancestrales à l’éveil définitif des consciences africaines.











