Attaque armée de Makotimpoko : deux ministres s’expliquent face aux députés

Mardi, Septembre 1, 2026 - 17:30

La commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale a procédé, les 31 août et 1er septembre, à l’audition du ministre de la Défense ainsi que du ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation dans le cadre des investigations relatives aux événements survenus après l’attaque des agents de la force publique par les Forces armées de la République Démocratique du Congo (RDC) à Makotimpoko, dans le département de la Nkéni-Alima

Les questions des députés adressées aux deux membres du gouvernement en charge de la sécurité nationale portaient respectivement sur les causes, le déroulement et le bilan des évènements ; les textes juridiques déterminants l’appartenance des territoires touchés et le dispositif de surveillance mis en place aux limites des frontières.

Lors de son audition face aux députés, le ministre de la Défense nationale, Raymond Zéphirin Mboulou a apporté des précisions de fond sur le statut des zones contestées, en particulier l’île de Mokoloko.  Sur ces faits, il a affirmé, en s’appuyant sur des textes coloniaux datant de 1908, que « ces îles, comme celle l’île Mbamou et plusieurs aux larges de Brazzaville, conformément aux textes, appartiennent au Congo », rappelant toutefois que les territoires sont peuplés par des Congolais de la RDC et que cette cohabitation est acceptée dans un esprit de bon voisinage, a-t-il signifié.

Qualifiant les faits de Makotimpoko d’« incident regrettable », le ministre de la Défense a fermement condamné les « images humiliantes » diffusées. Il a insisté, par ailleurs, sur la volonté du gouvernement de privilégier le dialogue. « Le Congo n’est pas l’ennemi de la RDC, nous sommes des frères. Nous devons régler tous nos problèmes par le dialogue », a-t-il dit, révélant que le chef de l’État suit personnellement le dossier et que les autorités congolaises étaient déjà en contact avec leurs homologues de la RDC.

Interrogé sur les mêmes préoccupations, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Jean Ondaye Olessongo a remercié, pour sa part, la commission pour l’honneur fait à la force publique de lever le malentendu sur cette situation. « Pour nous, force publique, le silence est aussi un langage. Mais pour la représentation nationale, le silence peut être mal interprété, mal compris », a-t-il déclaré. Le ministre a assuré que les députés ont reçu tous les détails des événements du début à la fin, précisant que « le processus continue ».

À l’issue des auditions, le président de la commission, Henri Zoniaba a adressé les félicitations des parlementaires au gouvernement pour la sagesse avec laquelle cette affaire a été géré. Il a salué la franchise, la clarté et l’honnêteté des réponses apportées par les deux membres du gouvernement, tout en exprimant la conviction que les deux peuples, dont les capitales sont les plus rapprochées du monde, continueront de vivre en paix, en unité et en cohésion.

Pour rappel, ces évènements survenus dans la nuit du 26 et 27 août dernier, ont occasionné deux blessures et plusieurs disparues dans la partie congolaise. Les députés par la voix du peuple congolais ont appelé à ce que les auteurs soient identifiés et sanctionnés.

Jean Pascal Mongo-Slyhm
Légendes et crédits photo : 
1- les deux membres du gouvernement lors de leurs auditions à l'Assemblée nationale/Adiac
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