Vie estudiantine : les campusards rappelés à l'ordre

Jeudi, Septembre 10, 2026 - 15:00

La ministre de l'Enseignement supérieur, Edith Delphine Emmanuel, a convoqué le 9 septembre à Brazzaville, une réunion de concertation avec les étudiants du campus de l'École normale supérieure (ENS) et les gérants des campus des universités Marien Ngouabi suite aux incidents générés par les étudiants après une coupure d'électricité dans leurs logements

Tout part d’une panne d'électricité qui a privé le campus de courant pendant plusieurs jours. Selon le récit détaillé d'un étudiant résident, des agents de la société d'électricité seraient intervenus à plusieurs reprises, déposant un premier transformateur qui a explosé, puis un second. Mais les étudiants ont découvert que l'intervention avait été effectuée de façon frauduleuse. « On a compris que ces messieurs n’ont pas de salaire. Voilà pourquoi ils ont pris l'initiative de venir couper au niveau des transformateurs », a témoigné l'étudiant. Il a indiqué que c’est à cause de cette situation que certains étudiants ont voulu manifester leur mécontentement.

La ministre après avoir écouté les motifs de cette manifestation, en présence du président de l’université Marien Ngouabi, a trouvé inacceptables ces incidents qui ont amené à un trouble de l’ordre public. « La rue n’est pas l’espace du ministère », a-t-elle souligné.

Elle n'a pas manqué de relever l'incohérence du motif invoqué par les étudiants. « Ce ne sont pas seulement les campus qui sont forts au délestage. Nous sommes dans un processus de réhabilitation du réseau national. Ce sont tous les habitants de Brazzaville et d’ailleurs qui sont victimes du délestage », a-t-elle expliqué, pointant du doigt également la présence dans les campus, de personnes qui ne sont plus ou qui ne sont pas étudiants.

La situation des étudiants dans les campus

La ministre a rappelé, par ailleurs, aux étudiants que leur présence dans les campus ne résulte que d’une « tolérance parce qu’en l’état, les campus ne remplissent pas les conditions pour pouvoir héberger les étudiants », a-t-elle déclaré.

La décision de fermeture des campus, qui avait été actée depuis plusieurs années, s’était confrontée à des difficultés parce que «  les occupants bien qu'étant insalubres, conditionnent la sortie des campus par le versement d'une allocation », a-t-elle expliqué.

Selon ses dires, les étudiants réclamaient 300 000 francs CFA par personne, pour un total d'environ 1 800 étudiants, soit près de 350 millions de francs CFA avant d'accepter de libérer les lieux, alors que des sociétés avaient déjà été sélectionnées pour entamer les travaux de réhabilitation des campus de l’université Marien Ngouabi. « Nous nous heurtons à cette exigence des étudiants », a déploré la ministre. Rappelant que le gouvernement a repris le paiement des bourses depuis octobre 2024, elle a balayé l'argument selon lequel les étudiants ne pouvaient pas quitter les campus faute de ressources.

Présent à cette réunion, le président de l’Association des parents d’élèves et étudiants du Congo, Christian Grégoire Epouma a plaidé pour une solution pacifique et a présenté les excuses de la communauté parentale pour les débordements.

Il a également appelé les étudiants à ne pas se laisser manipuler et a insisté sur la nécessité d'accompagner les étudiants dans leur sortie des campus.

La ministre a réaffirmé sa détermination à faire libérer les campus pour permettre leur réhabilitation. « Ensemble, nous allons créer les conditions pour que nous puissions sortir, et pour que vous puissiez avoir des campus réhabilités où il fera bon étudier ».

Jean Pascal Mongo-Slyhm
Légendes et crédits photo : 
1- la ministre en concertation avec les étudiants de l'ENS/Adiac
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