Gabon : Libreville réactive les leviers CEEAC et ONU

Mardi, Septembre 15, 2026 - 20:15

À quelques jours d’intervalle, la CEEAC et l’UNOCA ont été au cœur de l’agenda diplomatique de Brice Clotaire Oligui Nguema. Pour Libreville, l’enjeu est de renforcer son ancrage régional tout en consolidant son dialogue avec les Nations unies.

Le signal diplomatique est clair. Le 11 septembre 2026, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu successivement le président de la Commission de la CEEAC, Ézéchiel Nibigira, puis le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale et chef de l’UNOCA, Mohamed El Amine Souef. Deux audiences consacrées à la coopération régionale et multilatérale. Avec Ézéchiel Nibigira, les discussions ont porté sur la participation du Gabon aux activités de la CEEAC, l’intégration sous-régionale et les défis de l’organisation. La libre circulation, les échanges commerciaux et les infrastructures communes figurent parmi les enjeux régulièrement associés à cette relance de l’intégration.

Libreville veut peser dans la CEEAC

Le choix du rendez-vous n’est pas anodin. Libreville abrite le siège de la CEEAC, donnant au Gabon une position institutionnelle particulière dans l’architecture régionale. Mais accueillir le siège ne suffit pas à exercer une influence. Le véritable enjeu est désormais de transformer cette position en capacité d’initiative : accélération des échanges, infrastructures régionales, mobilité des populations et coordination sur les questions de paix et de sécurité. Face à une Afrique centrale confrontée à des tensions politiques, sécuritaires et économiques persistantes, la CEEAC doit démontrer sa capacité à produire des réponses concrètes.

L’ONU, autre levier diplomatique

La rencontre avec Mohamed El Amine Souef ouvre un second volet. Le responsable onusien a salué les efforts du Gabon en matière de paix, de stabilité et de cohésion sociale, tout en encourageant Libreville à davantage partager son expérience au sein de la communauté internationale. La coopération devrait également se poursuivre autour de la Maison des Nations unies au Gabon, dont la première pierre a été posée le 3 mai 2026. Pour Libreville, le message dépasse donc le cadre institutionnel. Il s’agit de consolider simultanément son ancrage dans la CEEAC et son dialogue avec le système des Nations unies.

Dans une Afrique centrale en recomposition, le Gabon cherche ainsi moins à afficher un leadership qu’à convertir sa position institutionnelle et diplomatique en capacité d’influence régionale. Le prochain test sera celui des résultats : intégration économique, stabilité et coopération concrète.

 

Noël Ndong
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