Publié aux éditions "Les lettres mouchetées", ce livre de 118 pages a fait l’objet d’une rencontre littéraire à l’Institut français du Congo de Brazzaville. La rencontre a eu lieu en présence de la ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire, Marie-France Hélène Lydie Pongault.
Reparti en douze chapitres, le livre «U Tam’si, parangon d’une littérature désinvolte» de Pensée Sem Essé-Nsi, a été préfacé par Boniface Mongo-Mboussa, critique littéraire. Dans cet ouvrage qui a servi de rencontre littéraire, l’auteur emmène les lecteurs à découvrir plus que le chant du poète. Il les conduit dans un monde où, conte, nouvelle, anthologie, roman théâtre, slament avec force le «comment vivre ?» de l’homme, de l’écrivain, du combattant de la liberté face à son chant d’angoisses, de passions, de tourments, de souffrances, d’enfance pillée par cette jambe perdue, cette mère biologique, absente à la mort de son héros Patrice Lumumba et ce Congo qui toujours en lui habite. «U Tam’si, parangon d’une littérature désinvolte» est finalement une exploration que s’approprie l’écrivain Pensée Sem Essé-Nsi pour un partage d’émotions et d’espérance au cœur de l’homme sur la terre. Et l’écrivaine Marie Léontine Tsibinda Bilombo à propos, de penser fort bien comme Henri Lopes qui dit que «Le meilleur hommage qu’on puisse rendre à Tchicaya U Tam’si est de le relire. De le faire rire aussi. Notamment aux plus jeunes qui ne l’on pas connu, en leur fournissant quelques clés pour pour pénétrer chez lui.»
Au cours de cette rencontre littéraire, Pensée Sem Essé-Nsi, a signifié que c’est une suite, on dirait même une sorte de réincarnation pour ceux qui peuvent croire à cela, mais c’est aussi parce qu’il y a une complicité entre Tchicaya U Tam’si et lui. « En lisant Tchicaya U Tam’si, j’avais l’impression de me lire. Je suis poète moi-même. Quand j’ai publié mon premier livre et que j’ai découvert Tchicaya U Tam’si, j’avais l’impression que lui et moi formions une seule personne dans notre façon de procéder dans l’écriture. C’est cette filiation littéraire qui a donc poussé à la production de ce livre. L’œuvre de Tchicaya U Tam’si est immense. La poésie demeure sans doute le champ où il s’épanche le plus. Une poésie que beaucoup juge hermétique quand Tchicaya nous laisse toujours les clefs sur la porte. U’Tam’si est le modèle de la désinvolture, le modèle de la rébellion », a souligné le poète dramaturge, Pensée Sem Essée-Nsi.
L’auteur de «U Tam’si, parangon d’une littérature désinvolte» a fait savoir qu’il a consacré cinq années en étudiant minutieusement ce que Tchicaya U Tam’si a écrit, dans sa poésie, dans son roman et dans son théâtre, et même les nouvelles ainsi que les légendes qu’il a produite. A côté de la pensée dit-il, il y a l’œuvre. Parce qu’on parle Tchicaya écrivain, mais Tchicaya U Tam’si c’est d’abord et avant tout aussi un homme. A l’état civil Gérard Félix Tchicaya, Tchicaya U Tam’si qui veut dire en vili sa langue natale « petite feuille qui parle pour son pays », à un parcours. En effet, durant tout son parcours il y a eu plusieurs activités, plusieurs actions, plusieurs choses qu’il a faite. C’est ce que l’auteur a présenté dans ce livre, notamment d’un côté sa pensée, donc sa production littéraire, et de l’autre, sa personne sinon que son œuvre en tant que homme, en tant que personne, en tant que fils.
Tchicaya U Tam’si sevré de sa mère à bas âge pour se revoir 50 ans après
Pensée Sem Essé-Nsi a expliqué que Tchicaya était sevré de sa mère, lorsque son père avait pris Cécile Koko, une jeune dame, qu’il devait marier, il l’avait pris auprès de sa mère et ils étaient partis avec son Père en France. Tchicaya ne reverra sa mère que 50 ans après. C’est d’ailleurs pour ça que lors d’une interview, il dira : « On ne parlera pas d’une mère qu’on a vue après 50 ans.» Parce qu’il avait du mal à parler d’une mère avec laquelle il n’a pas vraiment vécu, ils n’ont pas eu ce lien-là maternel qu’un enfant pourrait avoir auprès de sa mère. Ensuite, il sera séparé de son père parce que ce dernier l’enverra à l’école Orléans alors que lui son père était resté à Paris. Tchicaya passera des moments de trouble dans sa vie. Il est sevré de sa mère, il est séparé de son père. Après, il se rendra à Kinshasa pour travailler auprès d’Emery Patrice Lumumba. Ils ne vivront que 3 mois, parce que Lumumba a été tué. D’ailleurs il est présenté comme le Christ pour Tchicaya U Tam’si parce que, pour ceux qui sont des chrétiens, le Christ était venu pour sauver le monde, il est mort et il a été crucifié sur le mont Golgotha. Pendant qu’il était crucifié, à sa gauche et à sa droite, il y avait deux voleurs. Et Tchicaya ramène cette image christique dans son œuvre. Lumumba qui meurt pour son pays, est tué au Katanga qui représente le mont Golgotha, mais il n’est pas tué seul, il a été assassiné avec deux de ses compères : Mpolo et l’autre qui travaillait avec lui. Et Tchicaya était retourné en France, où il a travaillé auprès de l’Unesco. C’est justement cette image christique que Tchicaya U Tam’si présente dans son ouvrage. Donc, c’est ce passage d’un mal à un autre, d’un traumatisme à un autre, qui a fait à ce qu’il y ait ce lien, cette filiation littéraire entre Tchicaya U Tam’si et lui Pensée Sem Essé-Nsi.
Pour sa part, la ministre Marie-France Hélène Lydie Pongault, a félicité le jeune écrivain, poète et dramaturge pour son engagement dans la littérature ainsi que le modérateur de cette rencontre littéraire, Eméraude Nkouka. «J’ai commencé à lire vos premiers ouvrages et je continue à les lire. Pour moi, vous êtes une fierté. Je pense aussi, pour la nation. Parce qu’aujourd'hui, vous contribuez au niveau de la littérature, de votre engagement, dans le patrimoine culturel. Je tenais à le dire et c'est avec beaucoup d'émotion parce que je vous ai suivis depuis vos débuts jusqu’gnà maintenant. Je vous demande de continuer et d’être un exemple pour les autres parce que la génération d’aujourd'hui, la vôtre, en a besoin», a fait savoir la ministre.
Natif de Brazzaville, Pensée Sem Essé-Nsi est un poète et dramaturge dont l’œuvre, portée par une écriture lyrique et méditative, explore les tensions entre mémoire, identité et transcendance. Membre du PEN Centre Congo-Brazzaville, il incarne une parole engagée où la poésie devient acte de pensée.











