Lancé il y a 45 mois, le programme d’appui à la professionnalisation de la police congolaise et au respect des droits de l'homme (POLICE+) a officiellement achevé son cycle. Fruit d'une coopération bilatérale initiée par la France et soutenue par l'Union européenne à hauteur de 5 millions d’euros (plus de 3,2 milliards de FCFA), ce projet structurant aura profondément transformé le visage des forces de l'ordre à Brazzaville et à Pointe-Noire dans le strict respect des droits fondamentaux.
Né d’une convention de financement signée le 19 mai 2022 sous l'égide de la priorité « Démocratie, droits humains et gouvernance participative », le projet POLICE+ a été mis en œuvre par l’opérateur français Civipol. Placé sous le patronage du ministère de l’Intérieur et avec l'implication du commandement de la police, l'objectif principal de l'initiative était clair : prévenir toute forme de torture, de traitement dégradant ou inhumain en ancrant durablement la culture des droits de l'homme au cœur de l'institution policière.
Lors de la cérémonie de clôture, patronnée par le ministre Ludovic Gatsé, l’ambassadrice de l’Union européenne en République du Congo, Anne Marchal, a souligné l'importance de ce partenariat pour perfectionner le cadre de travail des agents tout en garantissant le respect inconditionnel des droits de l’homme, notamment pour les victimes et les détenus.
Pour Anne-Claire Zirnhelt, directrice des opérations de Civipol, le programme s'est avéré plus ambitieux que prévu grâce à l'enthousiasme des équipes sur le terrain. Une vision partagée par le colonel major Belarmin Ndongui, directeur général de la stratégie, de la coopération et de la communication au ministère de l’intérieur, qui a représenté le ministère lors de l'événement. « La Police Nationale du Congo vient d’écrire une page importante de son histoire, celle d’une police moderne, légaliste, résiliente et résolument tournée vers le service au citoyen», a-t-il indiqué.
Plus de 2 831 agents ont été formés grâce à l'intégration de mallettes pédagogiques normalisées intégrant systématiquement l'éthique, la déontologie et les droits de l'homme dans les cycles de formation initiale et continue.
Trois structures pilotes majeures ont été entièrement réhabilitées en prenant en compte tous les paramètres notamment l’organisation des espaces de travail, la mise en place de protocoles stricts pour les gardés à vue, la surveillance rigoureuse des geôles et conditions de détention respectueuses de la dignité humaine. Il s'agit des commissariats centraux de la Tsiémé et du Déjoué à Brazzaville, ainsi que du commissariat central de Pointe-Noire. Ces espaces garantissent désormais une meilleure sécurité, des conditions optimales d'enquête sur les violences bsées sur le genre et une confidentialité absolue pour l'accueil des plaignantes.
Il y a également l'instauration du « protocole Mélanie » et l'aménagement de salles d'audition protégées qui marquent un tournant décisif dans la prise en charge spécialisée des victimes de violences basées sur le genre (VBG).
A ce jour, plus de 24 Groupes de Partenariats Opérationnels (GPO) ont été activés à Brazzaville et Pointe-Noire, scellant une collaboration étroite entre la société civile et les forces de sécurité. Dans cette continuité axée sur la protection des plus vulnérables, une campagne nationale de prévention contre les violences scolaires est lancée ce 2 novembre 2026.
Au-delà des infrastructures modernisées, des logiciels métiers déployés pour la gestion des statistiques géolocalisées et de l'introduction du secourisme opérationnel faisant du policier un acteur direct de secours aux populations, la plus grande réussite de POLICE+ réside dans son appropriation institutionnelle. En s'appuyant sur un réseau de formateurs locaux certifiés, la police congolaise s'assure désormais de poursuivre de manière autonome et durable cette dynamique de réforme vers une police républicaine, professionnelle et pleinement respectueuse des droits fondamentaux.











