Une vingtaine d’artisans et de menuisiers de Brazzaville ont bénéficié, du 29 au 31 octobre, d’une formation pratique sur les techniques d’identification des bois débités. Initié par l’Association technique internationale des bois tropicaux (ATIBT), avec l’appui financier de l’Union européenne (UE), cet atelier vise à améliorer la connaissance des essences commercialisées, à diversifier leur utilisation et à renforcer la qualité des produits issus de la transformation locale du bois.
Reconnaître un arbre en forêt est une chose, identifier son bois une fois scié en est une autre. Privés de repères naturels comme les feuilles, les fleurs, les fruits ou l’écorce, les artisans éprouvent souvent des difficultés à distinguer les différentes essences. Dans les ateliers de menuiserie, cette méconnaissance conduit fréquemment à recourir à des appellations générales telles que « bois blanc » ou « bois rouge », sans identification précise de l’espèce utilisée. C’est pour remédier à cette difficulté que l’ATIBT a organisé l’un atelier consacré à la reconnaissance des principales essences présentes sur le marché intérieur du bois.
Les participants ont été initiés à l’identification d’une trentaine d’essences parmi les plus commercialisées, à partir de critères macroscopiques (couleur, odeur, aspect et toucher), ainsi que de caractéristiques microscopiques nécessitant notamment l’utilisation de loupes. À la clôture de la session, le 31 octobre, le représentant de l’ATIBT au Congo, Alain Bertin Tiotsop, a évoqué l’importance de ces nouvelles compétences pour les professionnels. « Vous avez pu renforcer vos connaissances sur les caractéristiques anatomiques du bois et vous exercer à l’identification pratique des principales essences utilisées sur le marché intérieur », a-t-il souligné.
Outre l’apprentissage technique, cette formation entend améliorer les pratiques professionnelles et orienter les consommateurs vers des essences adaptées à leurs besoins. Chaque type de bois présentant des propriétés et des usages spécifiques, sa bonne identification permet de mieux choisir les matériaux destinés à la fabrication des meubles ou aux travaux de construction. Pour Alain Bertin Tiotsop, les compétences acquises devraient ainsi contribuer à faire progressivement disparaître les appellations génériques au profit d’une désignation plus précise des essences.
Du côté des bénéficiaires, l’initiative a été accueillie favorablement. Membre du cluster Brazza, l’artisan Hubert Patrick Monampassi estime que cette session leur a permis de combler des lacunes dans leur pratique quotidienne. « Nous sommes des acteurs de la chaîne de valeur bois, mais réellement, nous ne savions pas ce que nous faisions », a-t-il reconnu, ravi d'avoir reçu le certificat de participation comme l'ensemble des participants.
Toutefois, les organisateurs reconnaissent que trois jours ne suffisent pas à maîtriser l’ensemble des techniques. L’ATIBT envisage donc de multiplier les sessions de formation et de mettre en place un dispositif de formation des formateurs, afin d’étendre ces compétences à d’autres professionnels sur l’ensemble du territoire national. Cette démarche s’inscrit dans les efforts de structuration du marché intérieur du bois, de promotion de la transformation locale et de gestion durable des ressources forestières.











