Plusieurs ministres et hauts responsables du Liberia concernés par l »épidémie Ebola qui sont restés à l’étranger en dépit de l’appel de la présidente Helen Johnson Sirleaf, ont été limogés
Ebola : l’épidémie aura des conséquences économiques sur les pays concernés, selon Donald Kaberuka
De plus en plus isolés, les trois pays frappés par l’épidémie se sont retrouvés les 27 août, le lendemain de la suspension des vols par les dernières compagnies aériennes. Pour Médecins Sans Frontières (MSF), la réponse internationale à l’épidémie est « dangereusement inadaptée ».
Le professeur Peter Piot, codécouvreur du virus Ebola en 1976, a regretté la lenteur de la riposte de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’épidémie Ebola aurait déjà fait 1430 morts sur 2630 cas enregistrés dans la région. Pour l’OMS, il faudrait plusieurs mois pour parvenir à un contrôle de l’épidémie. Certains spécialistes estiment au moins à six mois pour mener une guerre efficace contre le virus.
Le Nigéria a annoncé de son côté ne compter plus qu’un seul malade, après la guérison de deux autres patients et le décès de 5 personnes. Un front d’Ebola a été ouvert en République démocratique du Congo (RDC), qui a confirmé la mort de 13 personnes touchées à Boendé, dans la province de l’équateur, à 800 km de Kinshasa, alors que la Côte d’Ivoire, plus proche du Liberia et de la Guinée reste préservée.
Cette crise sanitaire a des conséquences économiques graves dans les pays touchés, notamment, le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée. Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka a expliqué que cette situation mettait « en péril », et impactait directement sur les paysans dans la région. Il a cité le cas du Liberia, alors que la FAO exprimait le même genre de crainte en ce qui concerne la Sierra Leone.
Donald Kaberuka a souligné que l’épidémie d’Ebola pourrait coûter 1 à 1,5 point du produit intérieur brut aux économies des pays concernés, notamment le Liberia, la Sierra Leone, le Guinée mais aussi à la Côte d’Ivoire, craignant pour l’agriculture de ces pays dont certains commençaient à se remettre difficilement des guerres civiles des années 60,80 et 90.
Au-delà des conséquences immédiates et à moyen terme, Donald Kaberuka souligne la « multiplication des clôtures des frontières terrestres et aérienne dans beaucoup de pays africains » par précaution, qui pourrait coûter cher « au commerce et aux flux économiques ».
Le directeur régional de l’OMS, Luis Sambo a reconnu le risque de propagation de l’épidémie, mais il a condamné les interdictions de voyage et les fermetures de frontière. Le président de la BAD, qui vient d’accorder une aide de 60 millions de dollars aux pays touchés par Ebola, a déploré pour sa part le risque pour l’image de l’Afrique, voire « des fuites d’investissements, une nouvelle stigmatisation au moment où le continent commençait à décoller ».










