Journée internationale de lutte contre le Vih-Sida : les populations rurales réticentes aux changements de comportements

Samedi, Novembre 29, 2014 - 12:30

La lutte contre le VIH-Sida cristallise l’actualité en tant qu’enjeu social et économique majeur. La célébration de la Journée internationale de lutte contre cette pandémie est un prétexte pour passer en revue les efforts des pouvoirs publics et autres acteurs engagés dans ce combat.

En effet, le  gouvernement a clairement affiché sa volonté à travers le Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS). Les autres partenaires (ONG et organismes extérieurs impliqués) conjuguent leurs efforts depuis plusieurs décennies pour stopper la propagation de ce qui est devenu, au fil des années, une pandemie.

Conférences, réunions et autres rencontres  sont organisées ici et là, au haut niveau et sur le terrain, pour sensibiliser la population aux conséquences de cette maladie. Mais pour quel impact ?

Si au niveau des grandes villes, on peut  évaluer une prise de conscience même minime de la population, il en est autrement dans les zones rurales. Pourtant, ces contrées qui abritent, pour certaines, des casernes militaires, des chantiers  en construction, voient aussi s’organiser de grands événements avec à la clé : des mouvements de personnes. Ce qui expose les ruraux à la contamination même si, dans leur imaginaire, ils pensent que le Vih-Sida est une affaire des citadins, des gens de villes.

Pourtant, s’il est difficile d’évaluer le nombre d’individus séropositifs, il suffit de compter les grossesses non désirées pour comprendre que les populations rurales sont tout aussi exposées. Cette évidence doit encourager l’organisation des campagnes de sensibilisation. Ce qui se fait d’ailleurs. Sauf que la population affiche une résistance, comme elle le fait lors des campagnes de vaccination. Alors il faut s’interroger sur les approches adoptées afin de les adapter au mode de vie paysan et à leur niveau de perception des choses pour ne pas parler du niveau d’étude car l’analphabétisme reste un facteur non négligeable.

En effet, les heures de communication, d’exposés, les chiffres publiés ne peuvent suffisamment éclairer un auditoire essentiellement composé de paysans  et analphabètes sur les dangers de la maladie. Car, il n’est pas rare de retrouver les préservatifs et autres prospectus distribués à la fin de la réunion, dans un coin de la rue. On a l’impression que le « peuple rural » s’intéresse plus aux tee-shorts, aux visuels et collations qu’au message délivré.

Pourquoi ne pas par exemple utiliser les images des malades, même avec les visages cachés ? Afficher ou projeter les images des malades peut susciter une prise de conscience rapide auprès de la population des zones rurales. Certes, l’idée n’emballe pas les spécialistes de la question qui pensent que cela est une manière de stigmatiser les malades du sida.

En réalité, la diffusion des images peut permettre au plus grand nombre de mieux cerner le danger et au plus sceptiques de se ressaisir et ne plus penser que le sida est une affaire des autres.

La force de l’image peut, à elle seule, créer un déclic et donner un sens au combat quotidien de la sensibilisation.

 

Jocelyn Francis Wabout