Le pape, angoissé, appelle à la fin des persécutions contre les chrétiens

Lundi, Mars 16, 2015 - 17:30

Le Souverain pontife demande à la communauté internationale de mettre fin à son indifférence face aux massacres des chrétiens dans le monde.

C’est un véritable cri de détresse que le pape François a lancé dimanche depuis la Place Saint-Pierre de Rome. Apprenant « avec douleur, beaucoup de douleur, la nouvelle des attentats contre deux églises chrétiennes à Lahore », au Pakistan, le Souverain pontife a affirmé que ces violences visent des lieux de cultes « parce que chrétiens. Les chrétiens sont persécutés. Nos frères versent leur sang simplement parce qu’ils sont chrétiens ».

Les attaques contre les églises chrétiennes du Pakistan ont causé dimanche la mort d’au moins 15 personnes. Des femmes, des enfants et deux policiers figurent parmi les morts, alors que les blessés se comptent par dizaines. « Assurant ma prière pour les victimes et leurs famille, je demande au Seigneur, j’implore du Seigneur le don de la paix et de la concorde pour ce pays. Que la persécution contre les chrétiens, que le monde tente de masquer cesse ; que la paix revienne ! », a dit le pape François.

Le chef de l’Eglise catholique tente de mobiliser pour une situation qui sème morts et désolation en Irak, en Syrie, en Somalie, en Égypte et au Nigéria. Partout des mouvements extrémistes comme l’Etat islamique, Boko Haram ou les Shebabs s’en prennent aux chrétiens. Le pape invite les chrétiens, victimes de ces violences, à s’unir dans cet « œcuménisme du sang ». L’attentat de dimanche au Pakistan a visé une église catholique et un temple protestant dans le quartier de Youhanabad où se concentre la communauté chrétienne de Lahore, minorité au milieu des musulmans.

La semaine dernière, l’Observateur permanent du Saint-Siège auprès des agences spécialisées de l’ONU à Genève, en Suisse, s’est montré excédé par la poursuite des violences antichrétiennes. « Nous devons stopper cette sorte de génocide, sinon nous nous lamenterons plus tard en nous demandant pourquoi nous n'avons rien fait, pourquoi nous avons permis qu'une tragédie aussi terrible se produise », a dit Mgr Silvano Tomasi. Il a préconisé la mise sur pied d’une grande réflexion sur cette question. « Mais si cela n'est pas possible, il sera nécessaire de recourir à la force », a-t-il ajouté dans une prise de position qui tranche avec la diplomatie généralement toute en rondeur du Vatican.

Lucien Mpama