Après la Guinée en janvier et le Liberia un mois plus tard, la Sierra Leone, a recouvert établissements scolaires. Au total, 1,8 million d’élèves de Sierra Leone ont repris les cours ce 14 avril, après près de neuf mois de suspension. Cependant, cette bonne nouvelle n’annonce pas la fin de l’épidémie.
Initialement prévue pour fin mars, la réouverture des classes a été reportée de deux semaines, à la suite d’une recrudescence du virus à Freetown, la capitale. Cette reprise de cours dans un pays où l’on a enregistré le plus grand nombre de cas a été saluée par les représentants de certaines organisations Onusiennes qui travaillent dans la capitale sierra-léonaise.
« Je me suis promenée à travers Freetown la capitale et c’était vraiment très agréable de voir que les enfants retournaient à l’école, et accompagnés de leurs parents », s’est réjoui Sandra Lattouf, l’une des responsables de l’Unicef.
« La grande majorité des enfants sont contents de retrouver leur école, de revoir leurs camarades. On avait essayé de maintenir l’accès à l’éducation tout au long de ces neufs mois pendant lesquels ils ont dû rester à la maison à travers la radio mais il était important qu’ils retrouvent leurs enseignants, qu’ils reviennent à un rythme normal. Ça ne veut pas dire qu’Ebola est fini… mais le retour à l’école est une façon aussi de mobiliser la communauté », a-t-elle expliqué.
La lutte contre Ebola va se poursuivre au quotidien dans les écoles. Toutefois, estime Sandra Lattouf, un travail de sensibilisation est mené auprès de la population pour l’informer aux bonnes pratiques pouvant réduire les risques de contamination.
Plus de 30 000 décès dus au virus Ebola en 2014
Une étude américaine révèle qu’il y aurait eu environ 2,5 fois plus de cas d’Ebola que ce que l’OMS et les ministères de la santé des pays touchés ont comptabilisé. Les quelque 10 000 décès officiellement recensés à l’heure actuelle ne représenteraient donc malheureusement que la face émergée de l’iceberg. La Croix-Rouge a récemment affirmé avoir enterré plus de 14 000 victimes, or ses agents n’ont pas géré toutes les funérailles au cours de cette épidémie.
Selon de récents calculs, il pourrait même y avoir eu plus de 30 000 décès dus au virus Ebola en 2014, dont plus de 10 000 au Liberia, 15 000 en Sierra Leone et 5 000 en Guinée. Il faut ensuite comprendre que, contrairement aux idées reçues, les crises sanitaires d’une telle ampleur ne sont plus monnaie courante en Afrique.
Plus de 1,6 milliard de dollars de pertes économiques
Une étude de la Banque mondiale publiée en janvier dernier estime que les pertes économiques devraient s’élever à au moins 1,6 milliard de dollars pour les trois pays les plus durement frappés (la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia). Les coûts sociaux dans les domaines de la nutrition, de la santé et de l’éducation devraient être tout aussi importants. Le Groupe de la Banque mondiale a jusqu’ici mobilisé près d’un milliard de dollars de financement au profit de ces trois pays.
De retour de sa quatrième mission en Afrique de l’Ouest, le Dr Olivier Hagon, médecin adjoint au service de médecine humanitaire des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et coordinateur médical de la Chaîne suisse de sauvetage pense qu’il ne faut pas relâcher les efforts.
L’épidémie d’Ebola reste une urgence de santé publique de portée mondiale selon l’OMS
A l’issue de la cinquième rencontre du comité d’urgence réuni par l’organisation mondiale de la santé (OMS) autour de l’épidémie d’Ebola, le Dr Bruce Aylward, sous-directeur général, a confirmé que l’épidémie était sur le déclin. Cependant, le comité considère toujours qu’il s’agit d’une « urgence de santé publique de portée mondiale ».
La semaine dernière, 30 nouveaux cas d’infections par le virus Ebola ont été recensés dans les trois pays concernés par l’épidémie, contre 82 la semaine précédente et 115 nouveaux cas il y a deux semaines. « La Sierra Leone a connu sa troisième semaine de baisse consécutive avec seulement 9 nouveaux cas, tandis que la Guinée a vu son nombre hebdomadaire de cas être divisé par deux avec seulement 21 cas la semaine dernière », a détaillé le Dr Aylward.
Bien que des progrès importants aient été réalisés pour contenir l’épidémie d’Ebola, on ne pourra pas crier victoire tant qu’il y aura de nouvelles personnes contaminées.










