Société : la prise en compte du genre ignorée au sein de la police nationale congolaise

Mercredi, Avril 15, 2015 - 16:15

« 81% de policières attestent qu’il n’ya pas de prise en compte du genre au sein de la police  nationale congolaise dans la province du Bas-Congo, cela en dépit du fait que 60%  d’entre elles  aient une meilleure perception de cette notion ».

Ce sont là les résultats de l’étude  sur l’intégration du genre au sein de la police nationale congolaise (PNC) qui vient d’être réalisée dans la province du Bas-Congo grâce à l’appui de l’Onu femmes. Les conclusions de cette investigation menée sur un échantillon de deux mille deux cent vingt-trois  sur deux mille cinq cent femmes policières ont été présentées hier à l’hôtel Sultani devant un parterre d’invités. L’objectif  de cette étude étant celui de faire l’état de lieux   et la prise en compte du genre au sein de la PNC au Bas-Congo.

 Cette étude  qui a pris en compte plusieurs dimensions de la notion du genre montre que  des efforts doivent être faits pour que cette notion soit  bien intégrée au sein de la PNC au Bas-Congo et par ricochet dans toutes  les provinces du pays et cela passe  par la mise en place des stratégies fiables et viables qui vont   contribuer à la promotion du genre au sein de la PNC.

De cette étude, l’on retiendra que  dans la province du Bas-Congo, une  seule policière occupe le poste de commissaire supérieur. Ce qui revient à dire que  la majorité de policières n’exercent pas de fonctions de commandement dans la province du Bas-Congo.

Pour ce qui est du respect de la policière, 60% de policières déclarent être respectées par les hommes et les femmes, 4% de policières sont respectées par des policiers et 36% de policières sont respectées par des policières. S’agissant de comportement malsain au sein de la PNC au Bas-Congo, l’étude révèle que 56% des policières  déclarent qu’elles sont victimes des comportements malsains de la part  leurs responsables, par contre 44%  soutiennent qu’il n’ya pas de comportement malsain.  A en croire les policières enquêtées, les conditions de travail au sein de la PNC au Bas-Congo ne prennent pas compte le genre.  64% de policières soutiennent  ne pas être au même pied d’égalité que les policiers. Par contre 36%  de policières pensent être au même pied d’égalité que les policiers. Les policières sont aussi victimes des discriminations au sein de la PNC. A ce sujet, 71% de policières confirment  qu’elles sont victimes de discrimination négative  et 29% pensent que la policière n’est pas victime de la discrimination. Par rapport   à la réalisation de mêmes tâches au sein de la PNC dans la province du Bas-Congo, 59% de policières reconnaissant qu’elles réalisent les mêmes tâches que les policiers contre 41% qui répondent par la négative.  Cette investigation révèle  que quelques facteurs  qui justifient la faible participation de la policière dans les formations. Il s’agit notamment  du faible niveau  d’études, du problème de sélection,  de la négligence, des discriminations, de l’information tardive…

Le genre implique l’homme et la femme

Au regard des résultats  publiés, il ressort que des efforts doivent être déployés pour l’intégration du genre au sein de la police et il  a été émis  le vœu de voir cette étude être menée dans les autres provinces pour avoir une vue holistique du genre  au sein de la PNC. Parce que cette question, a fait savoir le secrétaire  exécutif du comité de suivi  de la reforme de la police, place les hommes et les femmes au centre de toutes les actions en prenant en compte leurs rôles, leurs besoins, et leurs responsabilités  des hommes et des femmes de façon équitable  pour planifier  des actions à mener  afin d’en  évaluer l’impact sur les hommes et les femmes.

De son coté, le représentant adjoint de l’Onu-femmes, Moussa Adama a affirmé  que les femmes constituent un potentiel important dans la sécurité  comme d’ailleurs dans tous les domaines.  Avant de rassurer la police de l’appui de  son institution à  chaque fois qu’elle sera sollicitée. Quant au représentant  du commissaire général de la PNC, le général Luzembo, il a appelé les jeunes filles à rejoindre la police parc que la préoccupation de l’intégration du genre  dans la PNC est devenue une impérieuse nécessité. « Et  un travail de fond est en train d’être fait pour promouvoir le genre au sein de la police ».

 

Aline Nzuzi
Légendes et crédits photo : 
integrer le genre dans la police implique des stratégies fiables et viables