Portrait : Aude Magelou M. Mayoungou, la nouvelle coqueluche du septième art congolais

Vendredi, Avril 17, 2015 - 21:00

Réalisatrice-scénariste indépendante, Aude Magelou M. Mayoungou, est dans le septième art par pure passion. Elle qui a frotté sa bosse avec les cinéastes ouest-africains, rêve de révolutionner le cinéma congolais. Mais pourtant, elle est confrontée à cet épineux problème de financement. Regard sur cette artiste-née.

Admiratrice de la caméra depuis son jeune âge, grâce à son père résident à Berlin en Allemagne, qui le lui a habituée, d’Aude Magelou M. Mayoungou, qui s’est entrainée dans cette histoire depuis l’âge de 9 a fini par aimer le septième art.

Bachelière technique, elle suit par la suite la formation en Transport et logistique, mais curieusement elle devient cinéaste, un choix qui a étonné plus d’un, parce qu’au lycée, elle était très brillante dans les matières littéraires. Et pourtant, Aude Magelou M. Mayoungou, clame haut et fort qu’elle ne pourra jamais abandonner le cinéma parce que c’est une partie d’elle, et se dit qu’elle a pleins de choses à faire savoir, bien qu’elle travaille maintenant. Cependant, elle ne voit pas comment abandonner le cinéma qui est devenu sa passion. En effet, c’est au Sénégal qu’elle a senti cette passion du cinéma se rallumer et se développer davantage. Dès lors, elle s’est intégrée facilement d’autant plus qu’elle a beaucoup pleins d’amis qui ont cette passion. Pour ce faire, elle a bénéficié d’une formation d’un grand cinéaste sénégalais en la personne d’Abdel Aziz Boye.

Les trois films d’Aude Magelou M. Mayoungou

Réalisatrice-scénariste, Aude Magelou M. Mayoungou, écrit ses films elle-même. Elle a aujourd’hui pleins de films écrits, mais jusque-là, elle n’a tourné encore que trois films le temps qu’elle dispose d’un peu des moyens pour en tourner d’autres. Ces trois films relatent les faits de société.

Le premier film qu’elle a tourné, s’intitule : La faute lourde. C’est un court métrage de 35mn24s qui parle d’une adolescente qui tombe enceinte de son petit ami adolescent à qui, elle se confie. Et le gamin lui rassure que ça ira parce qu’il va en parler à ses parents. Car du côté du garçon ses parents sont compréhensifs du fait qu’il y a la communication, mais du côté de la fille s’en n’est pas le cas du simple fait que la communication ne passe pas. Alors que de l’autre côté c’est-à-dire chez la fille, il n’y a pas communication. Le papa qui est très dictateur, dès qu’il a appris la nouvelle, sans tarder, il a mis l’enfant dehors tard dans la nuit. Il va arriver un drame à cet enfant qui se verra violer par des bandits. Elle va se retrouver dans un coma, heureusement qu’elle ne trouve pas la mort. A la fin, le papa se rendre compte que son geste a été très mal réfléchi. D’où, ça ne sert à rien devant un dilemme de ce genre d’agir ainsi. Il faut communiquer. Voilà pourquoi, la réalisatrice attire l’attention de tous.

Le deuxième court métrage qu’elle a eu à écrire, c’est « Le téléphone ». C’est un film de 8 mn47s qui parle de la jalousie du téléphone.  En effet, il s’agit d’un jeune couple dont le mari est jaloux et possessif qui contrôle en fait le téléphone de sa femme. Un jour, pendant que le mari est de repos, il dit à sa femme qu’il y a son papa qui l’a prévenu qu’il y a une réunion. Et la femme pour lui rendre jaloux, prend son téléphone et se met à appeler expressément. Le monsieur qui pense que sa femme était en train de parler avec un autre homme lui retire le téléphone et rappel le numéro que la femme venait de converser. On le faisant, il finit par réaliser que ce n’était qu’une des amis de sa femme. Mais à la fin, lui aussi va tomber dans le même jeu et c’est une femme qui va répondre à un faux appel. La leçon à tirer c’est que le téléphone est un outil personnel que chacun doit gérer à sa manière. Si tout le monde se met à contrôler le téléphone de l’autre, il y aura toujours des problèmes.

Le troisième court métrage, c’est ce qu’elle a fait dernièrement. Il s’agit de : « Femme avec femme ». C’est un  fait d’actualité. C’est une histoire qui parle de relation entre femmes. En effet, il s’agit d’un monsieur qui revient d’un voyage et surprend sa femme avec la voisine en pleine action dans son salon. Le monsieur est surpris et étonné, mais pas énervé. Il ne s’empêche pas de proposer aux femmes de le faire à trois, parce que pense-t-il, cela a toujours été son fantasme. Et à la fin, il en parle à un de ses amis qui par contre prend ça en considération et se méfie dorénavant de toutes les copines de sa fiancée, au point où chaque fille qui vient vers sa fiancée, il le trouve toujours bizarre.

Aude Magelou M. Mayoungou tire ses inspirations des faits réels et ces films ne sont nullement une histoire auto personnelle. Car en fait, la réalisatrice de ce film n’est impliquée dans un aucun de ce film. Ce sont des histoires qu’elles racontent tout simplement. Son rêve est de révolutionner le cinéma congolais, parce qu’ailleurs il n’est vu nulle part. Mais bien qu’elle a des ambitions, elle pense qu’elle ne peut pas évoluer toute seule. D’où, le travail en synergie est indispensable.

Aude Magelou M. Mayoungou reconnait tout de même les difficultés qui sont les siennes, parce qu’elle continue à tourner elle-même avec du matériel en location. Mais cela ne l’empêche de frapper partout. « Si j’avais du matériel, j’allais déjà monter un long métrage. Car je travaille avec des gens merveilleux. Une équipe d'une quinzaine d'acteurs qui comptent sur moi et avec lesquels, nous partageons les mêmes rêves.»

Bruno Okokana
Légendes et crédits photo : 
Photos 1&2 : la réalisatrice-scénariste Aude Magelou M. Mayoungou