Tenu pour le « prix Nobel alternatif » et décerné chaque année dans l’enceinte du Parlement suédois il est doté de deux millions de couronnes (231 000 euros) somme que le directeur de l’hôpital de Panzi partagera à parts égales avec trois autres lauréats.
Ce prix est octroyé au gynécologue en raison de « l’action courageuse qu’il mène pour guérir les femmes survivantes de violences sexuelles dans les conflits armés et dénoncer les causes sous-jacentes de ces atrocités ». Le communiqué du 26 septembre publié par le jury a de la sorte traduit la volonté de la Fondation Right Livelihood Award qui s’emploie annuellement à le remettre à des personnes qui « veillent au respect des fondements mêmes de la vie ». Et, l’argent du prix qui n’est jamais donné pour un usage personnel, indique ladite fondation, a pour seule et unique destination « soutenir une action réussie et qui se poursuit ». Il s’agit en l’occurrence du spécialiste américain de l’élimination des armes chimiques, Paul Walker, de l’avocat et militant des droits de l’homme palestinien, Raji Sourani et du scientifique suisse spécialiste de l’agriculture durable, Hans Herren.
Rappelons ici que le Dr Denis Mukwege reconnu comme un fervent militant des droits de l’homme ne cesse d’apporter une précieuse aide aux femmes violées dans l’Est du pays, plus précisément à Bukavu. Sa notoriété, il la doit à la noble action qu’il mène au sein de l’hôpital de Panzi, centre de santé dont la réputation n’est plus à faire. L’octroi du Prix suédois Right Livelihood est d’autant plus significatif pour le médecin qu’il a pour objectif de créer un espace où il pourra se faire entendre. La tribune qui lui sera dès lors offerte, à côté du soutien financier, révèle tout un « travail d’information que la Fondation mène autour des Lauréats ». Dès lors, il est une certitude, comme le souligne du reste la fondation que « le poids de son nom et de sa réputation, et l’attention que suscite le Prix, sont aussi importants que l’argent ».
L’hôpital de Panzi dans le cœur
Pour sa part, le fondateur de l’hôpital de Panzi n’est pas resté indifférent face à cette nouvelle récompense. Et, comme à son habitude, lors de son séjour à Kinshasa en mars dernier, il a une fois de plus loué toute la synergie créée autour du centre. Pour cette fois, le message qu’il écrit à la fondation Right Livelihood s’est montré explicite sur le sujet : « Avant tout je veux remercier mes collègues (...) Ma reconnaissance va aussi aux femmes qui viennent à l'hôpital, elles qui ont survécu à la violence sexuelle (...) C’est ce qui me donne la force de poursuivre mon travail », rapporte l’AFP.
En outre, soulignons ici que Denis Mukwege n’est pas inconnu en Suède. Le 25 octobre 2012, après avoir échappé à une tentative d’assassinat à son domicile de Bukavu, Denis Mukwege il s’y était alors refugié quelques jours. Les trois autres lauréats avec qui le docteur congolais va devoir partager les 231 000 euros ne sont pas des moindres personnalités.
Pour la petite histoire, créé en 1980 par l’ancien parlementaire européen pour les Verts, le Germano-Suédois Jakob von Uexkull, le prix Right Livelihood a vu le jour suite au refus de la fondation Nobel de créer des prix pour l’Environnement et le Développement. Aussi, la Fondation Right Livelihood Award qui reçoit chaque année 70 à 100 candidatures venues des cinq continents le revendique-t-il sous l’étiquette de « prix Nobel alternatif ». Traitées de manière strictement confidentielle, les candidatures sont soumises à des enquêtes approfondies par le personnel de la Fondation. C’est au final un jury international qui procède au choix des lauréats.










