Littérature : « Vingt ans au service de l’Afrique (1980-2000) : Ecrits et témoignage » un ouvrage à découvrir

Vendredi, Mai 22, 2015 - 21:15

Préfacé par Pascal Gayama, cet ouvrage de Gustave Pana Zoula, colonel à la retraite et ancien fonctionnaire de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), a été publié en mars 2015 par l’Alliance pour le développement de la culture en langue française (Adclf) avant de faire l’objet d’une présentation officielle à la Préfecture de Brazzaville.

L’auteur de cet essai  a voulu à travers cet ouvrage de 230 pages, retracer quelques clichés de ce qui a été sa vie à l’OUA à travers toutes les missions effectuées dans le cadre du maintien de la paix. Il parle abondamment des questions liées aux  règlement des conflits, le maintien de la paix. Il en a profité d' aborder d’autres questions qui n’étaient pas directement de son ressort et qui ont trait à l’unité de l’Afrique, notamment à la construction des Etats-Unis d’Afrique, des questions qui sont liées au fonctionnement même de l’OUA et même certaines anecdotes qu’il a vécues, que ce soit dans les opérations de maintien de la paix ou tout simplement dans la vie quotidienne à travers les contacts avec les responsables africains et bien  d’autres.

Gustave Pana Zoula livre sa vision du panafricanisme à travers les articles de presse triés sur le volet et compilés, dix-huit au total. Il s’agit de : la problématique socio-politique des Etats-Unis d’Afrique ; l’Afrique et les changements anticonstitutionnels : le pied de nez de l’histoire ; le rôle et la place de l’armée dans la protection des institutions démocratiques et le maintien de la paix en Afrique centrale ; Léopold Sédar Senghor : le démocrate mal aimé ; l’OUA et la problématique du maintien de la paix ; l’Afrique et la guerre des étoiles … Mais l’œuvre compte aussi plusieurs illustrations ou photographies, soixante-quinze au total, et trois tableaux synoptiques.

En effet, l’auteur de « Vingt ans au service de l’Afrique » n’écrit pas pour des considérations financières. Ce n’est pas ce qui le motive. Il écrit plutôt par nécessité historique et parce qu’il a éprouvé un appel intérieur. « J’ai été recruté à l’OUA à un moment où la sécurité de l’emploi et l’appât du gain ne constituaient pas une motivation majeure. Nous étions au service d’une cause sacrée. (…) J’ai voulu partager avec le lecteur ce que j’ai pensé et écrit, en dehors des rapports officiels, ainsi que mon expérience sur l’Afrique et les africains. » P16.

Gustave Pana Zoula qui prône pour une Afrique unie et prospère, invite ses collaborateurs de travail à travers une série d’articles publiés dans la revue Forum, qui est la revue de l’Association du personnel de l’OUA, à être digne des pères fondateurs et il les incite à œuvrer sans relâche pour une Afrique unie et prospère, sur le modèle des Etats-Unis d’Amérique, ou encore de l’Union soviétique et pourquoi pas de l’Europe, conformément au rêve des pères fondateurs : George Padmore, William Dubois, Marcus Garvey, Nkrumah, Nasser, Lumumba… Et à la page 32, il ajoute : « Devant l’inconsistance des structures étatiques africaines où l’instabilité politique, les complots et, bien évidemment, la misère constituent le lot quotidien, il me semble opportun de relancer la réflexion sur les Etats-Unis d’Afrique qui a cessé avec la disparition de ce grand africain (en l’occurrence Nkrumah). »

Il reconnait tout de même l’inefficacité de l’OUA et le manque de solidarité réelle entre Etats. Il le dit à la page 46. « Depuis sa création, l’OUA porte en son sein des germes d’inefficacité et de manque de solidarité réelle entre Etats, conséquences des divisions et suspicions des années 60 alors que l’Afrique se cherchait, divisée en progressistes et modérés, en anticolonialistes et néocolonialistes, avec sa fracture linguistique et les querelles de personnes, les luttes pour le leadership continental, ses tâtonnements administratifs. Tout cela a laissé des traces encore visibles et perceptibles. »

Aujourd’hui, Gustave Pana Zoula, reconnait qu’il y a une évolution en Afrique, mais pas la perfection. C’est pour cela qu’il emploie le terme de processus démocratique. Les européens ont passés 800 ans sinon plus pour arrivés là où ils sont. Or l’Afrique n’a à peine que 60 ans. C’est dire qu’elle va plus vite qu’eux mais avec frémissement. Pour ce faire, il a pris l’exemple de certains pays africains qui sont très avancés, tels que l’Ile Maurice, le Sénégal, les pays de l’Afrique anglophone.

Rappelons que Gustave Pana Zoula, colonel à la retraite, a servi vingt ans durant au département des Affaires politiques de l’OUA où il a été, tour à tour, chef de la section défense et sécurité, puis chef de la section coordination des politiques extérieures, paix et questions stratégiques, et enfin fonctionnaire militaire principal au Centre de gestion de conflit.

Bruno Okokana
Légendes et crédits photo : 
Photo 1 : l'ouvrage de Gustave Pana Zoula Photo 2 : Gustave Pana Zoula dédicaçant son ouvrage
Notification: 
Non