Dans une déclaration rendue publique le 23 mai à Brazzaville, le bureau exécutif de la coordination nationale de la Convention pour l’action, la démocratie et le développement (CADD), avec à sa tête son coordonnateur national, Nicolas Kossa-Loba, a rejeté en bloc cette initiative du chef de l’Etat.
Reconnaissant que sur le principe, le président de la république a le droit et même le devoir de consulter qui il veut et quand il veut dans l’exercice de ces pouvoirs constitutionnels pourvu que ces consultations aient vocation à apaiser la nation en cas de crise institutionnelle aigue et persistante, le bureau exécutif de la coordination nationale de ce parti a cependant fait savoir que le chef de l’Etat ne peut traiter de la vie de la nation et du fonctionnement de l’Etat, devant les partis politiques, les confessions religieuses, la société civile et les personnalités triées sur le volet par ses soins.
Ce parti a fait savoir l’article 85 de la constitution du 20 janvier 2002 encore en vigueur stipule que le président de la république ne s’adresse qu’une seule fois par an sur l’état de la nation devant le parlement réuni en congrès. Ce bilan sur l’état de la nation n’appelle pas d’après ce parti à un débat.
Ce que le chef de l’Etat doit faire c’est de se consacrer à l’organisation du scrutin présidentiel sans être candidat et se préparer à féliciter le prochain président. La CADD se dit étonné du caractère évasif, sans contenu, de la pauvreté et du faible relief politique du communiqué présidentiel qui n’a ni défini ni les modalités, ni les problématiques et encore moins les objectifs de cette consultation présidentielle.
Dans sa déclaration, ce parti a rappelé que les troubles politiques au Congo ont souvent été engendrés par la volonté des hommes politiques de passer outre la loi fondamentale. Sur ce que ce parti a appelé le vrai faux débat sur le changement programmé de la constitution et la justification de la convocation d’un référendum anticonstitutionnel et illégal, la CADD a fait savoir qu’il est clair comme l’attestent les motifs qui ont prévalu à sa conception que la constitution du 20 janvier 2002, est la seule qui garantit à notre pays, une stabilité institutionnelle.
Le seul crime de cette dernière, c’est de contenir en elle des éléments d’apaisement politique et de promotion démocratique en ce qu’elle contient des verrous qui sont des clauses permettant l’alternance démocratique ce qui sous d’autres cieux consoliderait l’ancrage démocratique dans le pays.
Elle a limité le nombre de mandats du président de la république à deux consécutifs de sept ans au plus soit quatorze ans et cela n’est pas un problème mais une solution durable à la question de prise de pouvoir et à son exercice.
Pour la CADD, ce débat surprend tout un observateur averti et pose à la fois la question sur le rapport du politique congolais au texte et le sens de l’honneur, de la dignité et de la crédibilité des serments des dirigeants africains.
L’on est en droit de se demander a fait remarquer la CADD, d’où venant nous, que sommes- nous, où allons-nous parce qu’il nous manque la boussole. La forme de la convocation de ces consultations a d’autre part fait savoir ce parti, le fond de ses consultations démontrent à suffisance le peu d’attention à l’endroit de la classe politique congolaise. A cet effet, la CADD espère que ce n’est pas une fuite en avant que de procéder à des consultations en vue de la convocation d’un référendum anticonstitutionnel.
Comment, souligne la déclaration, peut-on espérer organiser un référendum en prétextant avoir l’avis du peuple quand le fichier électoral augmente le corps électoral dans certains départements en le diminuant dans d’autres et quand la commission d’organisation des élections est un appendice du gouvernement.
Aussi ce parti invite le chef de l’Etat de ne pas se servir de ces consultations qu’il qualifie d’informelles comme prétexte pour justifier l’organisation du référendum et l’abrogation de la constitution actuelle qui aura pour corollaire la dissolution de toutes les institutions issues de celle-ci y compris la présidence de la république.
Cet acte a déclaré la CADD engendrerait une grave crise institutionnelle dont le chef de l’Etat portera seul et lui seul la lourde responsabilité a ajouté en substance ce parti.
Il faut peut être rappelé que ces prises de position de ce parti n’étonnent guère car au cours d’une activité organisée au palais des congrès, les femmes de cette formation politique avaient réitéré leurs engagements dans ce sens.










