RDC : le manque d'énergie tourne à "l'enfer" pour les groupes miniers

Mercredi, Juin 10, 2015 - 15:15

"On vit une situation de stress permanent et c'est l'enfer". A l'usine STL de Lubumbashi, Jean-Pol Tavernier résume les difficultés du secteur minier liées au manque d'électricité dont souffre le Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo. Au pied du terril qui surplombe la capitale de la grande province minière du pays, STL exploite depuis l'an 2000 cette montagne de scories pour en tirer un concentré de cobalt et de l'oxyde de zinc grâce à un gigantesque four. Directeur de la maintenance, M. Tavernier explique que la société a besoin de 34 mégawatts pour faire tourner ses installations à plein régime. En ce moment, dit-il, la Société nationale d'électricité (Snel) en fournit environ 24, un moindre mal. Mais il faut encore compter avec les "délestages", souvent plusieurs fois par jours. Le mois d'avril a été particulièrement terrible, raconte M. Tavernier, avec des coupures de courant qui ont pu durer jusqu'à sept heures. "Le problème énergétique a commencé à se faire sentir à partir du boum minier de 2006-2007", dit-il, "la situation a commencé à se dégrader jusqu'à devenir vraiment catastrophique à partir de 2012".
Orgueil du Congo, l'industrie minière, alors exclusivement publique, a été victime de la gabegie et de l'impéritie de l'État sous le régime du dictateur Mobutu Sese Seko (1965-1997). Exsangue au début du siècle, elle s'est relevée après la fin de la deuxième guerre du Congo (1998-2003) avec l'afflux d'investissements privés étrangers.  Grâce à ses gisements fabuleux du Katanga, la RDC est aujourd'hui le premier producteur mondial de cobalt, métal très prisé des industries de pointe, et dispute à la Zambie voisine la première place du classement des producteurs de cuivre africains, avec une production record de plus d'un million de tonnes en 2014.
- "Fragilité terrible" -
Désireux de hisser le Congo au rang des nations émergentes à l'horizon 2030, le gouvernement compte sur la hausse de la production minière pour accroître ses recettes fiscales afin de sortir de l'ornière un pays parmi les moins développés au monde.
Mais la renaissance de l'industrie minière n'a été accompagné par la mise en service d'aucune nouvelle unité de production d'électricité et la Snel se retrouve contrainte de gérer la pénurie, incapable d'assurer les contrats de fourniture de courant passés avec les industries minières. Dans ces conditions, prévient la Chambre des mines congolaises, la production est condamnée à plafonner. Les objectifs des industriels comme du gouvernement ne peuvent être atteints. Le déficit énergétique dont souffre le secteur est évalué à 600 mégawatts. Cela représente un manque à gagner de "250.000 à 300.000 tonnes de production sur l'année", dit Ben Munanga, directeur Énergie et Infrastructures pour le groupe kazakh ENRC et membre de la Commission Énergie de la Chambre des mines.
A la Snel, Jean Marie Mutombo Ngoie, chef de division des réseaux de distribution du Katanga, assure que le problème est "une situation passagère". "Nous pensons que dans une année, la Snel sera en mesure d'augmenter la puissance installée", dit-il comptant essentiellement sur les travaux de rénovation de quelques centrales auxquels contribuent plusieurs groupes miniers. Mais cela "ne pourra pas résorber tout le déficit. Il faut de nouvelles unités de production dans le secteur. C'est ça la demande pressante", dit M. Munanga. Pour tenter de pallier les difficultés, certaines entreprises installent des groupes électrogènes, d'autres ont recours à de l'électricité importée de Zambie, mais dans les deux cas, cela représente un surcoût. Fin avril, le gouvernement a fait un geste en prenant un décret exonérant pour quatre ans les groupes miniers du paiement des droits de douane et de la TVA sur l'électricité importée et le matériel destiné à la production d'électricité.
Commentaire cynique d'un minier : "Ils n'ont aucune solution véritable à moins de quatre ans". Vieilles et mal entretenues pendant des années, les centrales électriques congolaises doivent régulièrement être immobilisées pour leur maintenance. Le pays fait face à une "fragilité énergétique terrible", reconnaît-on de source proche du gouvernement, estimant qu'"à court terme, la situation risque d'empirer" pour les miniers.
Difficultés de financement des élections: la raison d’aller droit à l’essentiel
Nombreux sont ceux qui avertissent sur le risque de ne pas organiser l’ensemble du cycle électoral 2015-2016 pour raison de budget insuffisant, une des contraintes déjà relevée par la CENI. Organiser l’ensemble du cycle électoral 2015-2016 paraît de plus en plus difficile au regard des moyens financiers que les échéances électorales en cours exigent. De nombreux experts en matière électorale et des opérateurs politiques ont relevé ces difficultés de financements des élections.
Ils ont aussi relevé le caractère trop serré du calendrier électoral global publié en février dernier par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).
Ainsi, face à ces difficultés de financements des élections, des voix s’élèvent pour dire que c’est la raison d’aller à l’essentiel. Les propositions vont, une fois de plus, dans le sens de se passer des élections urbaines, municipales et locales pour privilégier les provinciales, les législatives nationales et la présidentielle.
Problèmes de finances
L’objectif est de résoudre les difficultés financières pour organiser l’ensemble du cycle. Surtout quand on sait que la CENI, dans ses 27 contraintes, a relevé les problèmes de finances que le gouvernement devrait résoudre dans le meilleur délai,afin d’éviter un éventuel blocage de la structure chargée de l’organisation des élections dans le pays. Des difficultés financières que le président du Sénat, Léon KengowaDondo, a expliquées au chef de l’Etat, Joseph Kabila, au cours de leur rencontre de lundi dans le cadre des consultations présidentielles en cours pour la perspective d’un « Dialogue » dans le pays.
Le président du Sénat a soutenu avoir dit au Président de la République que « les élections exigent beaucoup d’argent. Dans le budget 2015, les ressources allouées aux élections ne sont pas suffisantes « . Il a aussi déclaré : « Où allons-nous trouver cet argent pour organiser les élections locales, municipales, provinciales, des gouverneurs et sénatoriales cette année ».
Différence entre Concertations nationales et Dialogue
Il faut relever que Léon Kengo a été reçu par Joseph Kabila grâceà sa casquette d’autorité morale de la plateforme « Opposition républicaine », qui avait pris part aux Concertations nationales de 2013.
Il a explicité sur la différence entre les Concertations nationales et le Dialogue initié par le Président de la République. Ainsi, pour l’autorité morale de l’Opposition républicaine, « les Concertations nationales ont produit plus de 700 recommandations alors quepar le Dialogue, le président de la République voudrait consulter toute la classe politique et sociale sur l’organisation des élections de manière apaisée ».
Consultations présidentielles : Semaine décisive au Palais de la Nation !

Sauf changement de dernière minute, il est prévu que le Chef de l’Etat clôture les consultations initiées au Palais de la Nation cette semaine. Il apparaît que les derniers boucler le bal ouvert au Palais de la Nation vont être les ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques accrédités au pays. Comme cela est prévu à l’agenda du Chef de l’Etat, cette composante étrangère de la dynamique politique en Rdc va aussi être consultée. Il leur reviendra de donner à leur tour leur point de vue sur la solution politique du Congo avec en vue le dialogue politique.

Cette semaine donc, le cycle des consultations présidentielles peut se boucler. A moins qu’un élément nouveau ou une autre urgence ne s’impose à l’agenda du Président de la République. Le bouclage du cycle des consultations présidentielles va constituer un signal fort pour le démarrage du processus du dialogue. Le temps pour le Raïs de se faire une religion complète sur les différents avis récoltés au Palais de la Nation, la réaction présidentielle ne saurait tarder. Déjà et pressentant ce moment de réaction présidentielle pour très bientôt, on sent beaucoup de remous sur la scène politique. Dans tous les états-majors, tout le monde se concentre sur la bataille pour le contrôle du scerétariat technique du Dialogue.
Message
L’Opposition nationaliste propose une commission préparatoire tripartite pour le Dialogue. Du côté de la Société civile, on réclame le plus en plus la direction du secrétariat des assises en gestation. Pour sûr, à l’approche du 30 juin au moins et au 30 juin au plus, Joseph Kabila aura fixé l’opinion sur le Dialogue. Tout naturellement, un Décret présidentiel convoquant les grandes assises ne manquera pas d’intervenir.
De l’avis de plusieurs analystes, le comité préparatoire du Dialogue ne saurait qu’être une tripartite Majorité-Opposition-Société civile. Il n’est pas étonnant de voir, pour cette dernière composante, les Eglises jouer un rôle de premier plan. Des indiscrétions signalent d’ailleurs que l’Eglise catholique pourrait surprendre l’opinion en acceptant de conduire la médiation du dialogue.
N’importe comment, il devient évident que le dialogue devient incontournable. Le train va très bientôt quitter la gare et comme nous ne cessons de le répéter à longueur d’éditions, le camp du refus va se retrouver en très mauvaise posture. C’est tout un message de voir un Kengo hostile au Dialogue au départ accourir au Palais de la Nation et ne plus jurer que par le Dialogue à présent.
Dialogue Kalev, Kimbuta et Muyej exercent des pressions sur les opposants
Secret de polichinelle : les consultations du Palais de la Nation conduite en personne par Joseph Kabila ont tourné court car les principales forces politiques n’y sont pas représentées. Du coup, l’image de Kabila a été sérieusement écornée, lui qui aime à être dé¬peint comme un « pré¬sident rassembleur et consensuel ».  Pour trouver au Raïs une voie de sortie à l’impasse politique dans lequel il se trouve, le trio Kalev (pa¬tron de l’ANR), Kimbuta (le gouverneur de la ville de Kinshasa) et Muyej ((ancien ministre de l’Intérieur il y a peu) a été mis à contribu¬tion pour convaincre les ré¬calcitrants. Ainsi, c’est une pression luciférienne que subissent les opposants de ce trio. Les principaux lead¬ers de l’UNC, de l’UDPS et du MLC notamment, sont sou¬mis à de fortes pressions. Leurs téléphones n’arrêtent pas de sonner. Chaque fois les mêmes personnalités pour plaider la même cause auprès des opposants : ac¬cepter le dialogue avec Kabila. Sauf que chat échau¬dé craint l’eau froide. Les dernières négociations poli¬tiques appelées Concerta-tions nationales d’il y a deux ans sont encore fraîches dans leur mémoire. Mais Kimbuta et consorts ne sont pas prêts à abdiquer mal¬gré le refus des opposants comme Franck Diongo et Jean-Claude Vuemba. Ces trois personnalités proches de Kabila usent de tous les moyens pour convaincre les opposants réfractaires à l’initiative présidentielle de changer d’avis. Pour y ar¬river tous les moyens sont bons. Kalev, Kimbuta et Muyej usent de leurs liens d’amitié avec certains op¬posants pour les convain¬cre de changer de position. Selon nos informations, tous les opposants contactés sont restés fermes.
Il en faut plus pour décour¬ager le Gouverneur de Kin¬shasa André Kimbuta qui selon nos sources a mis un zèle particulier à convaincre les opposants à rejoindre l’initiative de Kabila. Tout est bon pour que les opposants ne boycottent pas Kabila. Les bonzes de la Kabilie usent de tous leurs charmes : liens fraternels, amitiés et proximité qu’ils ont tissés avec l’un ou l’autre person¬nalité de l’opposition. Mal¬gré cela les opposants ont tenu tête. Ces méthodes sont pour le moins immo¬rales car en politique, il faut respecter la position des uns et des autres. L’activisme de ce trio est donc une perte de temps. Cette fermeté des opposants repose sur l’opinion populaire large¬ment acquise au change¬ment. Un mouvement qu’il faut accompagner au lieu de vouloir le contrôler. Au ré¬gime de comprendre que la seule carte entre ses mains pour se tirer d’affaires c’est de favoriser l’organisation des élections crédibles et constitutionnelles. Cela peut se faire sans les opposants courtisés qui par ailleurs ont déjà fait savoir ce qui les importait : le recadrage du processus électoral. Ils ne sont pas intéressés ni par un plan de partage du pouvoir ni par des négociations qui peuvent déboucher sur un glissement du mandat pré¬sidentiel dont la fin est plus que proche. Kalev, Kimbuta et Muyej, doivent cesser d’harceler les opposants qui ont dit non à Kabila car le peuple va bientôt trancher, lui le juge suprême que l’on prend parfois pour un im¬bécile. Méfiance…
Le calendrier global de la CENI du 12 février 2015 est totalement obsolète
 ‘’Dialogue ou pas, la CENI exécute son calendrier’’ ! C’est l’intitulé de l’article de Monsieur Dorcas Nsomue, publié dans le journal le ‘’Phare’’ du 03 juin 2015, rapportant les propos de Monsieur Jean-Pierre Kalamba, Rapporteur de la CENI, lors de sa conférence de presse du mardi 02 juin 2015.
 A la lecture de cet article, non sans pincement au coeur, nous nous sommes posé deux questions, à savoir : Jusques à quand prendra-t-on les Congolais pour des idiots et de quel calendrier Monsieur Kalamba parle-t-il ?
 Nous voudrions affirmer ici que la CENI, à ce jour, ne respecte pas son calendrier qui, du reste, a été qualifié par plusieurs observateurs d’incohérent. Plusieurs activités prévues avant la fin du mois de mai 2015 n’ont jamais été réalisées. La CENI navigue donc à vue et va tout droit vers l’inconnu.
 En effet, lorsque le 12 février 2015, la CENI avait publié son calendrier formellement global, et apparemment respectueux de délais con¬stitutionnels, l’Opposition congolaise avait, dans sa déclaration du 27 février 2015, relevé le fait que le calendrier de la CENI était inconstitutionnel en ce qu’il violait l’article 5 de la Con¬stitution et qu’il était in-tentionnellement surchargé afin de le rendre irréaliste, hypothétique, onéreux et aléatoire.
 Il apparaissait donc claire¬ment que la finalité de la démarche de la CENI était de bloquer la machine pour obtenir un glissement au-delà de 2016 en faveur de Monsieur Kabila.
 Toutefois, l’Opposition avait décelé un acquis important qui ressortait de ce calendri¬er, celui de la confirmation du principe de l’intangibilité de l’article 220 de la Consti¬tution grâce à l’assurance que le nouveau Président élu prêtera serment le 20 décembre 2016.
 Réaffirmant qu’elle était prête pour aller aux élec¬tions, l’Opposition avait cependant refusé de s’engager tête baissée dans un processus gibbeux et bi¬aisé, comme ce fût le cas en 2006 et en 2011.
 Ainsi, dans un élan patrio¬tique et animée par le souci d’un processus transparent et apaisé, elle avait entrepris d’apporter sa contribution en formulant une contre-proposition de calendrier qui consistait essentiellement à l’organisation des élections provinciales, des gouver¬neurs et vice-gouverneurs, des Sénateurs, prioritaires parce que suspendues au cours du cycle électoral 2011-2016 ainsi que des élections présidentielle et législatives, qui doivent obéir aux contraintes de la Constitution.
 Toutes ces élections devraient être précédées de l’enrôlement de tous les électeurs afin de mettre à jour le fichier électoral.
 Quant aux élections locales, municipales et urbaines qui sont beaucoup plus com¬plexes, l’Opposition avait proposé de les postposer après 2016 pour une pro¬grammation plus ratio¬nnelle. Le 03 mars 2015, l’Opposition avait déposé officiellement sa contre-proposition à la CENI et cette dernière avait promis une réponse formelle qui n’est jamais arrivée formel¬lement.
 Mais, c’est par voie de pres¬se que nous avons obtenu des réponses à travers les propos de Messieurs Jean Pierre Kalamba et Apol¬linaire MaluMalu.
 En effet après l’audience du 03 mars accordée à l’Opposition, le Rapporteur de la CENI a dit aux jour¬nalistes : ‘’Nous les avons reçus par civilisation…’’ ! Nous supposons qu’il voulait dire ‘’civilité’’.
Et l’Abbé MaluMalu, le 16 avril, revenu précipi¬tamment au pays après trois mois d’absence déclarera : ‘’Ce n’est plus le moment de penser que la CENI va encore changer son calen-drier. Nous allons tenir le calendrier. Il ne faut pas croire qu’il y aura une élec¬tion sacrifiée. Il n’y en aura pas. Nous allons organiser toutes les élections. Il n’y a aucun doute, on va vers les élections. S’il y a en¬core des personnes qui ne savent pas que le train des élections est en marche, et bien des signes avant-coureurs sont là. Nous avons tenu le pari qu’il n’y aura pas de changement de dates pour les candidatures ». Dont acte ! Nous deman¬dons aujourd’hui à Monsieur MaluMalu de nous montrer ces signes avant-coureurs.
 MaluMalu feignait néan¬moins d’ignorer qu’à cette date-là, le 16 avril, les activ¬ités 4 à 10 prévues dans son calendrier global n’étaient toujours pas réalisées. Pour¬tant, en tant ‘’qu‘expert’’ en matière électorale, il doit bien savoir qu’une opéra¬tion électorale est compo¬sée d’une série d’activités qui sont en interaction et s’influencent mutuellement.
 Devant cette défiance car¬actérisée de la CENI et sa défaillance à répondre à la contre-proposition de l’Opposition, celle-ci est rev¬enue à la charge en introdui¬sant, le 27 avril auprès de la même CENI, un mémoran¬dum contenant ses préoccu¬pations, sous forme de pré¬alables notamment celui de l’enrôlement des électeurs. L’Opposition s’était même vue obligée de donner un ultimatum de 48 heures à la CENI le 29 avril afin qu’elle réponde à ses préoccupa¬tions. Rien n’y est fait.
 Soudain, l’opération de dépôt des candidatures pour les provinciales, qui devait prendre fin le 5 mai, a été prolongée à l’initiative de la CENI elle-même, jusqu’au 25 mai sur toute l’étendue de la RDC. Puis, ayant réali¬sé le peu d’engouement que la population accordait à ce processus (25% seulement de remise de dossiers), la CENI conviera en catastro¬phe l’Opposition ainsi que la majorité à une réunion pré¬sidée via vidéo-conférence, le 25 mai par MaluMalu en personne pour, toute honte bue, négocier avec les ac¬teurs politiques une deux¬ième prolongation de cette opération au 30 mai, con¬trairement à ses suffisances un mois plus tôt, sans men¬tionner l’incidence négative de cette prolongation sur les activités prévues du point 15 au point 18 de son calen¬drier.
 A ce jour, toutes les activi¬tés liées aux élections ur¬baines, municipales et lo¬cales ont été carrément ‘’ajournées’ – dixit le Rap¬porteur de la CENI – en at¬tendant l’adoption de la loi sur la répartition des sièges dont le projet a été presque rejeté par les députés lors de la séance plénière de l’Assemblée nationale du vendredi 5 juin courant. Le député Mayo Mambeke a même qualifié le projet de loi du Gouvernement de faux, d’inconstitutionnel et d’inopportun. Quel embarras pour le Vice-Premier Minis¬tre, Ministre de l’Intérieur et Sécurité, porteur du projet !
 Il y a deux choses intéres¬santes qu’il faut relever lors de la conférence-vidéo entre la classe politique et Mon¬sieur MaluMalu en date du 25 mai : La première c’est la demande expresse de Monsieur MaluMalu, pour le maintien du format de fo¬rum de discussions du 25 mai ainsi que la promesse ferme de discuter des préal¬ables posés par l’Opposition à son retour au pays dans la semaine du 01 au 06 juin 2015. La deuxième c’est la déclaration faite par le rap¬porteur de la CENI, pour qui ‘’la CENI ne pourrait revoir son calendrier que si les ac¬teurs politiques de toutes les tendances se mettaient d’accord sur un document juridiquement valable et opposable à tous. Elle ver¬ra dans ce cas-là comment concilier son calendrier et celui que pourraient propos¬er les acteurs politiques’’ !
Qui croire maintenant ? Est-ce la personne qui a dit ‘’qu’il n’y aura pas de changement de dates pour le dépôt des candidatures aux provincia¬les’’ ou celui qui attend des acteurs politiques un ‘’docu¬ment juridiquement valable et opposable à tous’’?
Le forum promis pour des discussions sur les préal¬ables posés par l’Opposition peut encore attendre !
 En définitive, Monsieur Kabila joue sur deux tab¬leaux politiques : la CENI et le dialogue.
 D’une part, c’est lui qui, d’après le Vice-président de la CENI, qui va ‘’convoquer les ministres clés du gouver¬nement pour échanger sur le financement des élections’’, alors que c’est la contrainte numéro 2 (actualisation du plan de décaissement des fonds pour les élections) qui devait être exécutée par le Gouvernement depuis le 22 février 2015. Allez y com¬prendre quelque chose !
 D’autre part, c’est lui qui consulte. Et, il prend son temps en auscultant les horizons tout en reléguant certains problèmes cruciaux au second plan tels que l’enquête internationale sur le charnier de Maluku, les massacres et les tueries de Beni. Comment compren¬dre par ailleurs ce silence assourdissant sur le lauréat du prix Christophe Mérieux 2015, notre brave frère le Dr Jean-Jacques Muyembe qui a été récompensé pour ses travaux sur le virus Eb¬ola ?
 Seulement voilà, tout ce qui est fait contre le temps et la volonté du peuple est voué à l’échec et nous disons : les élections présidentielle et législatives doivent ab¬solument se tenir le 27 no¬vembre 2016 et la passation civilisée du pouvoir le 20 décembre 2016, conformé¬ment à la Constitution !
 C’était le combat héroïque des Congolais qui avaient gagné les rues de Kinshasa et des villes de certaines provinces du pays dans la semaine du 19 au 25 jan¬vier 2015. Certains sont morts, d’autres sont en pris¬on et dans les hôpitaux, et d’autres encore garderont longtemps les stigmates de ce combat ! On ne peut pas accepter que leur sacrifice soit vain. Ça serait irrespon¬sable et criminel !
 Martin M. Fayulu
 Député, Président de l’ECiDé et Coordonnateur des FAC
Consultations présidentielles : de Mobutu à J. Kabila, l’histoire va-t-elle se répéter ?
Sous le vent de la Perestroïka, en 1990, le maréchal Mobutu a sillonné tout le Zaïre pour écouter chaque citoyen sur le devenir du pays. Il en a conclu au besoin de la démocratisation, à la surprise des mobutistes.
Aujourd’hui, Joseph Kabila, passant outre sa majorité présidentielle, est en consultation direct avec les forces vives de la nation, sans doute pour entrevoir un bon atterrissage de son deuxième et dernier quinquennat. Comme Mobutu en 1990, Joseph Kabila va-t-il surprendre l’aile dure de sa majorité à l’issue de ces consultations ? « Le Congo de demain, je le vois porter l’espérance d’une Afrique renaissante. (…) Nous reconstruirons les conditions d’une société de tolérance où l’amour de l’excellence sera une conviction partagée ».
Cet extrait du discours d’investiture de Joseph Kabila à la présidence de la République, prononcé le 6 décembre 2006 au Palais de la Nation devant des milliers des Congolais venus pour la circonstance, peut être replacé aussi bien dans la bouche de Patrice Emery Lumumba en 1960 et de Joseph Kasavubu, dans celle du Maréchal Mobutu en 1965 ou encore dans celle de M’zee Laurent Désiré Kabila en 1997.
Ce discours de Joseph Kabila est historique. Ici, il vient de remporter, pour la première fois, la présidentielle au suffrage universel direct, après la proclamation de la démocratisation par le maréchal Mobutu le 24 avril 1990. Tous les dirigeants congolais, à la prise de pouvoir, ne manquent pas de vœux d’espérance et de grandeur d’une RDC porteuse de renaissance non seulement au plan national mais aussi africain. Seulement, le constat est que cela ne s’est pas encore réalisé.
Le rêve de Lumumba a été cassé avec son assassinat le 17 janvier 1961, soit 7 mois après l’indépendance. Joseph Kasavubu a laissé le pays en 1965 en proie à la division et aux rebellions. Mobutu, en 32 ans de pouvoir, a non seulement ruiné le Zaïre mais aussi lui a laissé une dette de 14 milliards USD.
Mzee Laurent Désiré Kabila, son rêve d’un grand Congo a volé avec son assassiné le 16 janvier 2001, laissant la moitié de la RDC sous le contrôlé des rebellions à la solde des étrangers. Les yeux sont désormais braqués sur Joseph Kabila qui est à son deuxième et dernier mandat présidentiel selon la constitution. L’actuel président a hérité d’un pays au bord de l’éclatement, miné par une agression rwando-ougando-burundaise et confronté à une guerre qui continuait à décimer les populations congolaises. L’économie était en pleine régression, le tissu économique totalement détruit, la coopération bilatérale et multilatérale rompue non sans compter l’isolement diplomatique.
Après 15 ans, la RDC a un autre visage même si la pauvreté ronge encore la majorité des Congolais. Le pays a retrouvé l’intégrité territoriale. Joseph Kabila a donc pu réunifier la RDC, relancer l’économie, briser l’isolement diplomatique, poursuivre le processus de démocratisation et amener le peuple aux élections démocratiques, par deux fois.
Kabila doit réussir là où Mobutu a échoué
L’enjeu aujourd’hui est de capitaliser tous ces acquis à la fin du processus électoral en 2016 alors qu’il est confronté, dès le départ, à des sérieuses contestations des acteurs politiques de l’opposition, de la société civile et même de la majorité présidentielle. « J’ai pensé qu’il était temps de recueillir les avis du peuple zaïrois, afin de dégager les lignes directrices susceptibles d’orienter nos choix politiques », avait déclaré Mobutu le 24 avril 1990 à N’sele dans son discours de démocratisation.
Même s’il a effectivement proclamé la démocratie ce jour là même, après 25 ans d’un pouvoir totalitaire, le fondateur du MPR a tout fait, par la suite, pour bloquer son effectivité. La suite de l’histoire est qu’il a été balayé par la révolution du 17 mai 1997 conduite par Mzee L. D. Kabila et l’AFDL (Alliance des forces démocratiques de libération). Cependant, là où Mobutu a échoué Kabila a réussi à bien d’égards dans la démocratisation. En initiant les consultations, le président de la République voudrait recueillir une fois de plus les avis et considérations des forces vives pour décider en connaissance de causes de l’avenir de la RDC.
Sachant que les partis politiques qui le soutiennent, la MP, ont accumulé revers sur revers aussi bien dans la modification de la constitution pour lever le verrou de la limitation des mandats que sur les tentatives de glissement pour aller au-delà de 20 décembre 2016, fin du mandat actuel, Joseph Kabila va-t-il surprendre l’aile dur de sa majorité comme Mobutu l’a fait le 24 avril 1990 ?
On le saura après ces consultations et la tenue éventuellement du dialogue que le Chef de l’Etat mène seul sans ses conseillers de la MP. Sans doute, tirant les leçons des échecs consécutifs de la MP, Joseph Kabila s’en est dispensée pour confier la mission de contacts à son homme de confiance, le patron de renseignement en RDC. C’est ce dernier qui a pris tous les contacts en vue des consultations en cours qui doivent déboucher à un dialogue afin de parvenir à un climat apaisé avant, pendant et après les élections.
Joseph Kabila a un avantage comparatif au maréchal Mobutu. Il peut éviter les erreurs et même les fautes qui ont conduit l’aigle de Kawele à sa chute et son bannissement par les Congolais. « L’histoire étant un meilleur raccourci pour l’approfondissement du présent en vue d’un meilleur avenir », soutenait Aimé Césaire. Déjouer l’histoire pour le fils à M’zee sera de s’investir à capitaliser tous les acquis de ses 15 ans de présidence et dans l’atterrissage en douceur en 2016 avec des élections crédibles et dans un climat apaisé.
 J+9 DES CONSULTATIONS AU PALAIS DE LA NATION 2015 : LA MP S’EN TIENT AU CALENDRIER DE LA CENI !
Pour sa part, le MLC/L de Thomas Luhaka s’inscrit dans la logique d’une table ronde pour un chronogramme adapté aux nouveaux défis.
 Les consultations du Palais de la Nation poursuivent leur bonhomme de chemin. Au neuvième jour de ces consultations, hier mardi le 9 juin, le Président Joseph Kabila s’est entretenu avec trois délégations. La première, celle de la Majorité présidentielle (MP), conduite par son Secrétaire général Aubin Minaku. Le second groupe a été celui du Mouvement de libération du Congo libéral (MLC/L), sous la conduite de Thomas Luhaka. Enfin, les délégués de l’Opposition citoyenne, une nouvelle plate-forme politique pilotée par « l’homme-proverbe », Justin Bitakwira.
« Nous de la Majorité présidentielle (MP), sommes prêts, derrière les Institutions de la République et l’autorité morale de la Majorité, Joseph Kabila, à dialoguer en tout temps dans le respect des principes mis en place par le chef de l’Etat », a déclaré Aubin Minaku, à l’issue d’un long entretien hier mardi le 9 juin, avec le Président Joseph Kabila au Palais de la Nation.
 Aubin Minaku a été à la tête d’une forte délégation d’une quarantaine de dignitaires de la MP. Deux questions ont été au centre de cette audience qui a eu lieu en début de soirée. A savoir, le dialogue et le processus électoral. En ce qui concerne le calendrier électoral, la Majorité présidentielle, par la bouche de son Secrétaire général, fait quelque peu sa levée de bouclier. « Nous soutenons le calendrier électoral global rendu public par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), mais tout en restant raisonnables en y contribuant afin que ce chronogramme soit respecté par tous : les institutions de la République qui doivent soutenir la Ceni, la Ceni elle-même, les acteurs politiques ainsi que la population », a déclaré Aubin Minaku.
L’OPPOSITION PRISE DANS SON PROPRE PIEGE ?
 Le processus électoral en RD Congo est désormais irréversible. Quatre élections doivent être organisées au cours de cette année 2015. A savoir, les locales, les provinciales, les sénatoriales et l’élection des Gouverneurs de provinces, considérées comme les arriérés du cycle électoral de 2011. Après ces scrutins, la RD Congo devra organiser, avant la fin de l’année 2016, la présidentielle à un seul tour, couplée avec les législatives nationales. La question qui se pose est celle de savoir si, au stade actuel de la situation, la RD Congo dispose des moyens financiers nécessaires pour organiser toutes ces élections dans un climat apaisé, gage de l’acceptabilité de leurs résultats.
 Abordant cette question, Aubin Minaku s’est montré quelque peu tranchant. « Nous notons que c’est à la suite d’une demande pressante et incessante de l’Opposition politique congolaise et de la Société civile, que la CENI a eu à mettre en place et adopté un calendrier électoral global. Nous soutenons ce Calendrier ». C’est tout dire. On comprend facilement la position de la plate-forme politique au pouvoir. La MP, autrefois prise par une Opposition qui l’a prise par la ceinture pour exiger un calendrier électoral global, tient à ce jour, la même Opposition présidentielle par la barbichette. En tout cas, Aubin Minaku n’a pas explicitement déclaré hier que la MP était favorable à l’idée d’un calendrier électoral révisé. Comme qui dirait, l’Opposition politique qui, en son temps avait réclamé un chronogramme complet du processus électoral, doit savoir prendre ses responsabilités.
 Quoi qu’il en soit, la MP refuse de faire cavalier seul, quant aux autres considérations politiques. En témoigne, la suite du propos du Secrétaire général du cartel politique au pouvoir en RD Congo. « Pour le reste, nous appuyons les différentes options levées par nos institutions. En ce qui concerne l’installation de nouvelles provinces, nous pensons que tout sera mis en œuvre afin que les vingt-six provinces nouvellement créées soient effectives. En même temps, nous demeurons ouverts et allons poursuivre nos réflexions parce qu’en ce moment, chaque composante de la RD Congo doit contribuer à la concrétisation de toutes les options essentielles. Ce, de manière efficiente », a renchéri Aubin Minaku pour faire ce qui s’apparente à un bouclier de la foi.
LA VOLONTE POLITIQUE D’ALLER AUX ELECTIONS EST LA !
 Coûte que coûte, un dialogue politique pour un processus électoral apaisé et crédible en RD Congo. Hélas, ce vœu des Congolais, exprimé au travers de leurs structures respectives, est bien loin de faire l’unanimité au sein de la classe politique. Si, la Majorité au pouvoir, les Confessions religieuses ainsi que les Associations et regroupements de la Société civile soutiennent l’initiative d’un dialogue républicain, certains partis de l’Opposition (plurielle) flanquent tout par-dessus bord.
 Interrogé au sujet de cette attitude de certains partis politiques se réclamant de la Contestation, Aubin Minaku reste serein. « L’essentiel, c’est qu’au niveau du leadership, le Président de la République est foncièrement pour le dialogue avec tout le monde. Sauf ceux qui veulent être comme des marginaux. Nous allons évoluer par le dialogue pour l’intérêt de la République », poursuit Aubin Minaku.
 En ce qui concerne une autre question de la presse en rapport avec les moyens nécessaires à l’organisation des élections en vue, Aubin Minaku n’y est pas allé par le dos de la cuillère. « Le premier point à retenir, c’est qu’il y a une volonté politique pour organiser les élections. En 2006, ça été le cas avec les moyens de la Communauté internationale. En 2011, le pays a encore organisé les élections sans appui financier extérieur. Cette fois-ci, l’engagement politique est là. Le reste, c’est le travail des institutions. Notamment, le Gouvernement. A partir du moment où il a accepté le calendrier de la Ceni, cela signifie que tout sera mis en œuvre pour que les élections soient organisées normalement ».
Parmi les personnalités qui ont accompagné le secrétaire général de la MP, figurent, entre autres : le Premier ministre Augustin Matata Ponyo, le 1er vice-président de l’Assemblée nationale, Charles Mwando Nsimba, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab, le ministre du Plan Olivier Kamitatu, le ministre en charge des Relations avec le Parlement, Tryphon Kin –Kiey, Lambert Mende de la Communication et Médias, Félix Kabange Numbi de la Santé publique, Baudouin Banza Mukalay, ministre de la Culture et Arts.
 A eux, s’ajoutent d’autres têtes couronnées du cartel, en l’occurrence le Conseiller spécial du Président Joseph Kabila en matière de sécurité, Pierre Lumbi, le président de l’Assemblée provinciale du Katanga et président national de l’Unafec, Gabriel Kyungu Wa Kumwanza, et les députés nationaux Pius Muabilu Mukalay, Oscar N’saman O’Lutu, Konde Vila Ki Kanda, l’actuel Secrétaire général du PPRD, Henri Mova Sakani et Ramazani Shadari, l’un de ses trois adjoints.
THOMAS LUHAKA : « PAS DE PREALABLES POUR LE DIALOGUE »
L’homme, on le connait, a un côté quelque peu bavard. Thomas Luhaka. C’est lui. A la tête de la délégation de son parti politique « Mouvement de libération du Congo/Libéral » (MLC/L), il a également échangé hier avec le président de la République, dans le cadre des consultations du Palais de la nation. Contrairement à ses habitudes, Thomas Luhaka s’est montré réservé. Sans doute que son statut actuel de vice-Premier ministre et ministre des PTN-TIC pourrait expliquer cette nouvelle posture du président national du MLC/L.
« Nous avons évoqué deux sujets : le calendrier électoral et le dialogue », a déclaré lapidairement Thomas Luhaka à la presse. En ce qui concerne la position du MLC/L par rapport au dialogue en perspective, il déclare : « Nous soutenons le dialogue parce que nous sommes un parti politique qui pense que le dialogue est un lubrifiant politique pour pouvoir régler les problèmes de la société ». Au sujet du calendrier électoral, le Président du MLC/L fait référence à l’histoire. « En son temps, notre parti (ndlr : le MLC DE Jean-Pierre Bemba) avait exigé un calendrier électoral global. Mais aujourd’hui, au regard des défis qui se présentent devant nous, il est important de s’asseoir autour d’une même table pour parler de ce calendrier » dit-il ; avant de conclure que le MLC/L n’a pas besoin de préalables à la tenue de ce dialogue. « En tant que parti politique, notre devise est que partout où on parlera de la RD Congo, nous répondrons toujours présent », conclut Thomas Luhaka.
 Outre Thomas Luhaka, la délégation du MLC/L a été composée de Germain Kambinga, ministre de l’Industrie, Omer Egwake Yangembe, ministre de l’Urbanisme et Habitat, Roger Nsingi, président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa et de Mme Marie-Louise Ekpoli, députée nationale honoraire.
« FAIRE DE LA RD CONGO UN PAYS DE PARTAGE ET DE SECURITE POUR TOUS »
C’est légèrement après 18 heures, que la délégation de l’Opposition citoyenne, conduite par son chef de file Justin Bitakwira, sortait du bureau du chef de l’Etat. Il n’ a aucune chance d’échapper à la presse qui l’attend de pied ferme Dans le hall du « Palais royal » rd congolais.
 D’emblée, Justin Bitakwira, surnommé « homme-proverbe », commence son propos par une précision de taille. « Je ne suis pas venu rencontrer le Chef de l’Etat pour représenter qui que ce soit. Je ne suis pas non plus venu pour trahir qui que ce soit. », souligne-t-il en liminaire. Justin Bitakwira par du constat selon lequel le pays offre deux visages contrariés. D’une part, des Congolais qui rient et dansent. De l’autre, on retrouve des nationaux qui pleurent chaque jour et qui dorment sans aucune certitude de se réveiller le matin », pour faire allusion à la situation sécuritaire encore précaire, dans certains coins de l’Est de la RD Congo.
 Quant à cette situation qu’il considère comme une réalité qui n’échappe à personne, Justin Bitakwira insiste sur les vertus d’un dialogue politique sincère entre tous les Congolais. « En tant qu’acteur politique, je ne peux pas ne pas venir dire au chef de l’Etat que nous avons besoin de secours pour qu’une partie de la République partage la sécurité avec le reste du pays. Je ne dois pas aller le dire à un chef de parti parce qu’il n’a pas la solution nécessaire à cette situation ».
En plus de la situation sécuritaire dans l’Est du pays, Justin Bitakwira a évoqué la récurrente question du porte-parole de l’Opposition politique. Selon lui, le chef de l’Etat lui a déclaré que cette matière déborde ses prérogatives. Aussi, le Raïs a-t-il envoyé la balle au camp des deux Chambres du Parlement. Le troisième point, finalement, Justin Bitakwira a plaidé pour le retour à une élection présidentielle à deux tours. Quant à la tenue du dialogue, l’élu d’Uvira soutient cette initiative qu’il compare à une aiguille, symbole de raccommodage, d’unité du pays. Honnis soient donc, ceux qui jugent cette rencontre inopportune. « La grenouille qui s’isole des autres meurt stérile », conclut Justin Bitakwira. Laurel KANKOLE
ET LE CONGO PROFOND DANS TOUT ÇA ?
Voici une dizaine de jours que le Raïs reçoit du monde. Du beau monde même. Tout le gotha kinois ou presque. Toutes loges confondues. Normal parce qu’il s’agit des Raïs nationales ! Nationales vraiment ? Pas tout à fait.
 Manquent encore à l’appel les forces vives de l’intérieur du pays. Ce pays profond ou réel que Kinshasa ne saurait prétendre représenter. Tant ce pays-continent est pluriel et ses réalités forcément complexes.
 Comment tâter les pouls de  » l’arrière-pays  » si l’on ne se contente que de la devanture qu’est la capitale ? Quelle est l’opinion du congolais habitant le Grand Nord en proie au terrorisme des ADF/NALU ? Peut-être pas seulement.
 Plus généralement, comment les compatriotes de l’Est appréhendent-ils le processus électoral dans un contexte où la paix, encore fragile, peut à tout moment être remise en question ? On peut multiplier les questions à l’infini par rapport à tel ou tel autre coin de ce vaste pays.
 Kinshasa n’est pas le Zaïre aimait à dire feu le Président Mobutu. Il avait mille fois raison. Près de vingt ans après la disparition du Maréchal, ce constat n’a pas pris la moindre ride. Dans bien des circonstances, la tendance est à considérer, à tort, l’opinion kinoise comme l’exact reflet de l’opinion nationale.
 Certes, Kinshasa est le siège des institutions nationales. Il est vrai aussi que l’on trouve dans la mégapole congolaise quasiment toutes les ethnies du pays. Mais, c’est à oublier que, dans la plupart des cas, il s’agit des originaires de telle ou telle province qui vivent depuis des lustres dans la capitale. Et qui sont devenus Kinois !
 Nombre d’entre eux sont même coupés de réalités de leur milieu d’origine. Même dans l’univers très respectable des chefs coutumiers, il en est, hélas, qui ont pris leurs quartiers …à Kinshasa.
 Trêve de procès d’intention par rapport aux consultations voulues nationales. Les portes du Palais ne se sont pas encore refermées. Tout comme le Président pourrait faire l’itinérance pour écouter, cette fois- ci, les représentants du Congo profond. Kinshasa n’étant pas la RDC. José NAWEJ

~~Léon Kengo : « Les élections exigent beaucoup d’argent. Dans le budget 2015, les ressources allouées aux élections ne sont pas suffisantes »(Le Potentiel Online 09/06/15)Le président du Sénat de la République démocratique du Congo (RDC), Léon Kengo wa Dondo, a révélé lundi 08 juin 2015 au chef de l’Etat - qui l’a invité dans le cadre des consultations présidentielles en cours dans la perspective du « Dialogue » - que, « dans le budget 2015, les ressources allouées aux élections ne sont pas suffisantes ». « J’ai dit au Président de la République que les élections exigent beaucoup d’argent. Dans le budget 2015, les ressources allouées aux élections ne sont pas suffisantes. Où allons-nous trouver cet argent pour organiser les élections. Les élections locales, municipales, provinciales, des gouverneurs et sénatoriales, c’est cette année !», a-t-il insisté. Alors que, a-t-il souligné, il « considère que les élections qui seront organisées doivent être apaisées ». Une « note » pour le président de la République Compte tenu de la gravité de la situation, le président Joseph Kabila, qui a reçu dans l’après-midi au Palais de la nation la délégation de l’Opposition républicaine comprenant notamment le Secrétaire général de l’UC (parti du président du Sénat) et ministre d’Etat Michel Bongongo en charge du Budget, a demandé à M. Kengo d’« établir une note » sur le financement des élections. « Le Président de la République m’a demandé d’établir une note que je vais lui remettre demain (mardi 09 juin) matin », a dévoilé le speaker du Sénat. « Avis » de la classe politique et sociale Interrogé par la presse sur l’échange qu’il venait d’avoir avec le chef de l’Etat, le président du Sénat a répondu que « le président de la République voudrait avoir les avis de la classe politique et sociale pour savoir la volonté de la population pour aller dans les élections qui seront organisées » en RDC. S’agissant des propositions qu’il a faites au président Joseph Kabila, Kengo wa Dondo a dit qu’il « lui réserve la primeur ». Quant à « la différence entre les Concertations nationales et le Dialogue » initié par le président de la République, il a déclaré que « les Concertations nationales ont produit plus de 700 recommandations (tandis que), par le Dialogue, le président de la République voudrait consulter toute la classe politique et sociale sur l’organisation des élections de manière apaisée ». « Le Dialogue va se tenir », a-t-il rassuré. Écrit par Angelo Mobateli - See more at: http://fr.africatime.com/republique_democratique_du_congo/articles/leon-...

 

 

Alain Diasso
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