Le pape réaffirme qu’il se rendra bien en Afrique

Samedi, Juin 13, 2015 - 12:15

Centrafrique, Ouganda et peut-être Kenya : le Souverain pontife a annoncé les trois pays africains où il pourrait se rendre bientôt.

La question a été maintes fois posée, la réponse a connu des variations, mais la volonté du pape François de se rendre en Afrique reste intacte. Le continent est  toujours dans son cœur. L’Afrique est le continent où il ne s’est pas encore rendu  depuis son élévation au pontificat, en mars 2013. L’Asie (Corée du Sud,  Philippines, Turquie et Proche-Orient), l’Amérique (Brésil et bientôt Etats-Unis) et l’Europe (Strasbourg, Albanie et Bosnie) l’ont déjà accueilli. Mais l’organisation d’un voyage en Afrique tardait à se concrétiser. Il avait lui-même indiqué que l’explosion de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest avait renforcé les incertitudes.

Mais le chef de l’Eglise catholique réaffirme que les deux pays pré-annoncés restent bien ceux qu’il visitera en premier. Rencontrant les prêtres du monde entier en retraite spirituelle jeudi à Rome, le Souverain pontife a en effet répondu à un prêtre du Burundi qui lui en faisait la demande : «  Si Dieu le permet, je serai en Afrique au mois de novembre prochain, en République centrafricaine d’abord puis en Ouganda ensuite ». Dans un premier temps, le Vatican avait officieusement laissé entendre que le pape pourrait être présent aux festivités des Martyrs de l’Ouganda, qui se célèbrent traditionnellement au mois de juin.

Ce nouveau programme reste toutefois sujet à de possibles changements. D’ailleurs, le pape lui-même a précisé : « Ceci reste une possibilité, mais pas une certitude. L’organisation d’un voyage au Kenya est encore à l’étude. Mais au moins dans les deux pays, (les choses à peu près fixées) avant le changement de présidence en République centrafricaine et pour le cinquantenaire des Martyrs en Ouganda », a répondu le pape. En recevant les évêques de Centrafrique au Vatican le 15 mai dernier, il leur avait prodigué ses encouragements pour bâtir des ponts de dialogue dans le pays, et non pousser vers la confrontation avec les musulmans. C’est cet esprit, hautement incarné par l’archevêque Dieudonné Nzalapalainga de Bangui, qu’il souhaite venir conforter.

Le chef de l’Eglise catholique s’est montré dans une ligne de continuité sur l’Afrique par rapport à son prédécesseur immédiat, le pape allemand démissionnaire Benoît XVI. « L’Afrique est généreuse avec le monde, mais le monde n’est pas généreux avec l’Afrique. Il l’exploite et continue de la traiter comme terre d’exploitation ». Pour ses deux seules venues en Afrique en sept ans de pontificat, Benoît XVI avait fustigé à Luanda, en 2019, le mal de la corruption transporté en Afrique par des Occidentaux exportateurs d’armes. Il avait appelé le continent à se sortir de la logique de l’exploitation.

Lucien Mpama
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