Administration urbaine : Un employé accumule vingt-quatre mois d'arriérés de salaire et en meurt

Jeudi, Octobre 3, 2013 - 16:30

L’après Lelo Mbaku décédé dans des conditions peu honorables s’annonce cauchemardesque pour le personnel de l’Hôtel de ville de Kinshasa paupérisé à l’extrême...

Une scène assez rocambolesque s’est déroulée ce jeudi devant les locaux du gouvernorat provincial de Kinshasa situés sur le prolongement de l’avenue Colonel Ebeya, juste en face des Dépêches de Brazzaville. Un cercueil contenant un corps sans vie exposé à l’arrière d’une voiture faisant face à l’administration provinciale, cela n’arrive pas tous les jours. Le regretté Lelo Mbaku ayant œuvré depuis plusieurs années à l’Hôtel de ville de Kinshasa venait de quitter la terre des hommes fauché jusqu’à la moelle, sans salaire ni décompte final. D’après ses proches, l’infortuné aurait atteint jusqu’à vingt quatre mois d’arriérés de salaire en plus du fait que son décompte final était renvoyé aux calendes grecques.

Lassé par des promesses non tenues de son employeur, Lelo Mbaku a vu son état de santé commencer à se dégrader avec, à la clé, le développement de plusieurs maladies. A peine son corps sortit de la morgue, ses collègues de service ont pris l’option de faire pression sur son employeur qu’était l’autorité urbaine de sorte qu’il puisse rentrer dans ses droits, même à titre posthume. C’est sur ces entrefaites, que son corps a été vite ramené devant le bâtiment abritant le siège du gouvernement provincial. « Nous entendons faire pression pour que notre frère quia longtemps servi le pays, puisse au moins bénéficier de ce qui lui est lui est dû », racontent les membres de la famille du regretté Lelo. C’était sans compter avec les éléments de la police dépêchés sur les lieux qui se sont interposés afin de leur empêcher l’accès dans l’enceinte du gouvernorat provincial. Il s’en est suivi une vive altercation créant au passage un embouteillage dans les périmètres.

Après négociations, quelques représentants de la famille sont autorisés d’entrer. Ils mettent quelques bonnes minutes avant de ressortir la mine grincheuse. « On nous a dit d’enlever d’abord le corps, d’aller l’enterrer et d’y revenir munis d’une lettre de motivation », explique un des délégués. Il n’avait pas terminé sa restitution qu’un NON catégorique fut opposé à la démarche. « Le corps va rester là pour continuer à faire pression. Si nous le déplacions, ils vont nous flouer. Ce n’est pas la première fois qu’ils nous roulent dans la farine », commente un travailleur. Un autre groupe était pour la rédaction illico presto de la fameuse lettre afin de mettre le gouvernorat devant un fait accompli. Entretemps, un autre travailleur qui assistait à la scène, grelotait à côté, laminé par tant d’années de souffrance et de privation de ses droits. L’après Lelo Mbaku s’annonce donc cauchemardesque pour le personnel de l’Hôtel de ville de Kinshasa….               

 

Alain Diasso
Légendes et crédits photo : 
Le corps de Lelo Mbaku exposé devant le siège du gouvernement provincial de Kinshasa