Notes de voyage : Mossaka désormais approvisionnée à 50% au manioc local

Mardi, Octobre 6, 2015 - 14:45

Le manioc, jadis denrée rare à Mossaka, est aujourd’hui à la portée d’un grand nombre de familles grâce à une agriculture saisonnière dénommée « Mitsaba » qui se pratique sur les îles et les plaines pendant la période d’étillage.

Parmi les îles exploitées, figure Mossaka 2 en face de la ville, la plaine Illéngué-Illéngué après le quartier 4 Congo ya sika, le quartier Liberia et celui de Mbamou sur la Likouala aux herbes à quelque 7km de Mossaka où nombre d'exploitants sont des Téké-Alima.  Le cycle culture-récolte est de six mois. Les cultures courantes sont le manioc, les patates, les aubergines, la tomate, le piment, le mais et les légumes.

« Grace à cette pratique, nous nous en sortons bien, surtout avec la rupture des bateaux de l’ex-ATC sur l’Alima depuis 1996. Vous êtes sans ignorer que Mossaka était ravitaillée à 80% par le manioc cru appelé « le Mokanga-Ngossi » en provenance de Lékéty, Okoyo, Boundji, Mabirou, Bokotolandzalé dans la Sangha…Le paquet se vendait à 2500 FCFA. Ces bateaux appelés coches partaient de Mossaka pour Lékéty avant de revenir inonder le marché local de Mossaka de produits. Cette pratique, nous l’avions héritée de nos mamans et continuons à l’exercer sur les places qu’elles nous ont laissées», explique Pierrette Ngakosso.

D’après cette dame d’une quarantaine d’année révolues, Mossaka peut désormais s'approvisionner à 50% avant de bénéficier de l’aide extérieure. « Je vous rassure que le district de Mossaka est de plus en plus indépendant en aliment de base des Congolais qu'est le manioc », a-t-elle ajouté. À l'entendre, la grande quantité de manioc venait aussi des localités riveraines de la République démocratique du Congo situé en Face de Loukoléla Congo.

Rappelons que cette forme d’agriculture a commencé en terre ferme avec des femmes qui venaient des Plateaux, des deux Cuvettes. Une spécialité des ethnies Mbochis, Makoua, kouyou et Téké-Alima qui sont rentrées à Mossaka par l’Alima. Cette migration de plus de 5000 personnes fut favorisée par la création du premier Poste administratif à l’époque coloniale, à Bonga en 1885, à l’embouchure de la Sangha par les Français. Ces personnes, s’installèrent par la suite à Mossaka en 1912. La création de la CFHC (comme ex-ATC) par les frères Tréchot attira in fine, une grande main d’œuvre sur Mossaka. Elle est était composée essentiellement des peuples Téké-Alima, Makouas et Kouyous.

Tous auront pour site le quartier Biangala, quartier des frères Tréchot. On assiste à une véritable course à la montre pendant la période de récolte pour éviter que les boutures de manioc ne soient abimées par les eaux en période de haute crue. D’où l'oragnisation en deux étapes : à la récolte et lors du décorticage.

Charlestone Itoua Lebah
Légendes et crédits photo : 
1-Une famille autour des tubercules "DR" 2-Une fille observe le produit récolté "DR" 3-une vue des enfants décortiquant les tubercules "DR"
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