Hommage : Qui était maître Gwassa ?

Vendredi, Novembre 6, 2015 - 19:30

Il n’y a pas meilleure manière de reconnaître les mérites d’un homme qui aura marqué son temps que de lui rendre un vibrant hommage en temps réel. C’est le cas avec le grand maître de la danse de tous les temps au Congo, Théophile Ndalla, connu sous le pseudonyme de maître Gwassa, décédé le 1er novembre 2014. C'est pour mieux le faire connaître et saluer la mémoire de l'homme qu'il était qu'un hommage lui a été rendu le 1er novembre 2015, à l’hôtel Olympic palace de Brazzaville, à l’occasion du premier anniversaire de sa mort.

D’entrée de jeu, la présentatrice de l’émission « Sur quelques pas de danse » Mireille Alice, fait observer quelque chose d’aussi exceptionnelle pour un Africain en général et pour un congolais en particulier qui a été couronné de succès. « Le jour des obsèques de maître Gwassa, il était écrit, que Théophile Ndalla alias Gwassa n’a laissé ni progéniture, ni veuve. »

Le ministre Claude Ernest Ndalla, venu à double titre, d’abord entant que frère aîné de l’illustre artiste, mais aussi entant que culturel pour avoir organisé la première semaine culturelle du Congo en 1967, a porté des explications y relatives, à cet aphorisme. Maître Gwassa dit-il, s’est donné à la danse à partir de 1965, à l’époque il avait que 18 ans et il est mort à 67 ans. Il a donné pratiquement une cinquantaine d’années de sa vie à la danse. Si bien que tellement pris par cette passion, il n’a pas eu le temps de s’occuper d’autre chose. Ensuite, il ne voulait pas à partir du moment où la danse c’était sa passion, son métier, et au moment où la danse n’était pas encore reconnu comme un métier, il n’a pas voulu donner une charge supplémentaire, on léguant des enfants qu’il ne pouvait pas nourrir à sa famille.

Qui est réellement maître Gwassa ?

Fils de Pascal Ndalla, maître Gwassa (né le 04 février 1947 maître Gwassa est mort le 1er novembre 2014) est le quatrième Ndalla de la deuxième génération. Il a hérité le talent de danseur, de son père qui était un grand danseur de Tango, de la Valse et du Boston. Il a remporté beaucoup de concours de danse entre Brazzaville et Kinshasa, à la fin des années 1940 et au début des années 1950. A ce talent de grand danseur qu’il a hérité de son père, maître Gwassa a ajouté beaucoup d’ingrédients qui ont fait de lui, un maître danseur. Maître Gwassa a beaucoup voyagé sur le label de la danse. Il a été aux festivals de Berlin, de la jeunesse à Cuba, à Alger ...

Les compagnons se souviennent encore de maître Gwassa

Charles Bouetoum Kiyindou, compagnon de Gwassa, dans son évocation a dit que Gwassa était son frère. Ils sont restés ensemble pendant plus de 40 ans. Malgré le fait qu’ils dirigeaient chacun son groupe, ils sont restés des bons amis et se complétaient. « Gwassa était quelqu’un d’effacer qui ne voulait pas se faire voir, mais quand il était sur la piste de danse, en ce moment-là, il s’exprimait totalement, parce qu’il vivait la danse, il buvait la danse, il mangeait la danse. Sincèrement, il mérite qu' on écrive de bouquins sur lui. »

Avec un cœur serré, Noël Tiwawa a rendu son témoignage. « Gwassa c’était un ami, un frère. Je l’appelais Kifour, parce que Kifour c’était le vrai sobriquet de Gwassa à notre temps. J’étais soldat et c’était difficile que je sorte beaucoup. Or, Gwassa c’est ma promotion certes, mais j’étais plus âgé que lui de 2 ans. Dans la foulée, on a fait l’ambiance ensemble. Nous avons beaucoup fait. J’ai perdu un frère, un ami et un danseur».

Les héritiers de maître Gwassa

Maître Gwassa a appris à danser à plusieurs personnes parmi lesquelles,  Parfait Amour Louzolo qui, d’ailleurs, a hérité le groupe: « EDAG » (école de danse Gwassa), laissé par le maître, avec sa collègue Janique Kiyindou. Parfait Amour Louzolo, ne cache pas de le dire à qui veut l’entendre que maître Gwassa a donné une certaine valeur à la danse. « Quand nous dansons nous mettons, beaucoup l’accent sur l’expression ordonnée corporelle. C’était le maître mot de Gwassa. Les mouvements devaient être reproduits, exprimés. Il y avait des critères chez nous. Ce n’est pas n’importe qui qui pouvait danser chez Gwassa. N’eut été Gwassa, je n’allais pas faire ce que je fais. J’ai passé vingt ans avec lui. Il m’a mis les pieds à l’étrier. Il faut qu’on se souvienne de ce monsieur comme un grand  qui a donné à certains jeunes comme moi, cet amour de la danse. Il y a des projets qui sont là. Nous sommes en train de réfléchir comment faire que les choses s’installent proprement. Nous voulons que ça devienne une revenue d’appoint. Pour l’instant, ce n’est pas encore officiel, mais ça sera une vraie profession. On va faire à ce que les choses marchent pour que son nom soit perpétué. »

 

Bruno Okokana
Légendes et crédits photo : 
Photo 1 : Maitre Gwassa esquissant quelques pas de danse Photo 2 : Maître Gwassa en pleine séance de danse
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