En septembre 2015, l’Institut français du Congo avait organisé un concours de photographie devant illustrer « L’athlète en action, le geste sportif, l’esprit du sport », en faveur des Jeux africains, qui se sont déroulés à Brazzaville.
À cette occasion, l’IFC invite le public congolais à découvrir la sélection des meilleures photographies désignées par le jury du concours, présentées lors de cette exposition qui se tient du 15 au 30 janvier 2016, dans cet espace culturel.
Les sauteurs pour placer leurs corps au dessus de la barre, les lanceurs pour arriver au geste le plus efficace ou les gymnastes en quête de l’équilibre parfait se sont vu illustrer le déroulement de leurs épreuves par toutes sortes de procédés. les secrets de la performance photographique et le geste sportif au moment même où il est en train de se réaliser sont ainsi dévoilés, dans le hall de l'Iinstitut français du Congo.
Par ailleurs, nous avons rencontré Lebon Chansard Ziavoula, un des concouristes de ce challenge. Intimement appelé Zed Lebon, ce jeune photographe congolais combine habilement technicité et savoir-faire.
Dans un entretien accordé aux Dépêches de Brazzaville, il nous dévoile son histoire d’amour avec la photographie.
Les Dépêches de Brazzaville : Commençant par le début, comment pouvez-vous vous présentez en quelques mots ?
Lebon Chansard Ziavoula : Je m’appelle Lebon Chansard Ziavoula, plus connu sous le nom de Zed Lebon, Je suis un passionné de photographie.
LDB : À quel moment avez-vous attrapé le virus photographique ?
LCZ : C’est avant tout une affaire de famille. Mon père fut photographe dans son jeune âge. J’ai surtout appris aux côtés de mon oncle paternel dont j’ai reçu mon premier appareil photo en classe de terminale. J’ai fait également école aux côtés d’amis photographes. L’aventure photographique en tant qu’amateur commence au lycée Pierre Savorgnan de Brazza en réalisant des photos souvenir avant de passer aux reportages photos de mariages, baptêmes etc.
Pouvez-vous nous définir votre cheminement photographique ?
LCZ : Je m’interroge d’une façon spécifique sur les questions de la mémoire et de l’immortalité. Mon travail photographique est donc une tentative perpétuelle d’appréhension de mon être à travers la quête continue de l’autre inconnu : ma mère. J’ai été privé de ma famille maternelle très tôt après ma naissance. Lorsque je rencontre cette dernière en 2009, ma mère était déjà morte plusieurs années auparavant. Cette absence maternelle a quelque peu fixé mon travail. D’où ce besoin d’immortaliser les moments de la vie.
On note une remarquable touche de professionnalisme dans votre façon de faire. Pouvez-vous nous faire part de vos influences dans le monde de l’image ?
LCZ : Je n’ai pas d’influences particulières. Mais, j’avoue que tout photographe qui traite des sujets sensibles, notamment : la violence, la tristesse, l’injustice sociale bref, tout photographe engagé attire mon attention. J’observe beaucoup par exemple, les travaux photographiques de Santu Mofokeng, Raymond Depardon, Henri Cartier Bresson, Franck Robert, Sebastião Salgado …
Vous et le collectif Génération Elili ? parlez-nous de cette rencontre
LCZ : Mon arrivée dans la photographie professionnelle est le fruit des rencontres avec Baudouin Mouanda et Lumière Moussala, deux photographes congolais majeurs. Après quelques ateliers de formation et d’échanges avec des professionnels, je me suis intéressé à la diversité photographique telle que la photo de presse, documentaire et artistique. Motivé par ses deux grands noms de la photographie congolaise, j’ai finalement intégré le Collectif Génération Elili en 2010. De nos jours, je suis le chargé de communication dudit Collectif.
Des projets ?
LCZ : Des projets, oui. Je travaille sur un projet de mémoire intitulé « Parcours dans l’ombre ». Ce travail fera l’objet d’une publication d’un livre photo accompagné des témoignages des membres de ma famille maternelle. D’autres projets à long terme s’en suivront.










