Justice : Pierre Mabiala met en garde les magistrats contre les antivaleurs

Samedi, Mai 14, 2016 - 16:30

Lors de sa première rencontre avec les procureurs généraux et les procureurs de la République, le 13 mai, le nouveau ministre de la Justice, des droits humains et de la promotion des peuples autochtones, a été plus direct. Dénonçant les griefs professionnels qu’ils commettent au quotidien dans l’exercice de leur profession, Pierre Mabiala, qui les a pointés du doigt, a promis être plus pointu vis-à-vis d’eux, afin de rendre la justice congolaise plus crédible et forte, au service du peuple.

Devant le procureur général près la Cour Suprême et l’inspecteur général des juridictions et des services judiciaires, le ministre de la Justice, des droits humains et de la promotion des peuples autochtones, s’est fait avant tout le devoir de rappeler à ces magistrats du ministère public, principaux gestionnaires des parquets, leurs missions régaliennes, qu'ils doivent remplir avec loyauté.

Se disant en mission pour redorer le blason de la justice congolaise, Pierre Mabiala a donc saisi l’occasion pour fustiger et dénoncer les comportements déviants, ainsi que autres mauvaises pratiques que ces professionnels de droit, garants de la loi se livrent au quotidien, foulant aux pieds leur déontologie.

Pierre Mabiala dénonce ainsi les règlements amiables des différends dans les bureaux des parquetiers ; la mise en liberté provisoire négociées et monnayées des détenus ou inculpés ; les placements abusifs sous écrous provisoires ; l’irrégularité des enquêtes préliminaires ainsi que le manque des gardes à vue.

Il faut ajouter sur cette liste de griefs, non exhaustive, entre autres, le blocage des plaintes avec constitution de partie civile, le non suivi de l’exécution des sentences judiciaires ; l’établissement sans vérification minutieuse des casiers judiciaires aux personnes ayant fait l’objet de condamnation pénale définitive mais aussi et surtout la corruption qui gangrène la justice congolaise.

« Un magistrat est avant tout un citoyen honnête, s’il trempe dans la corruption, il perd son pouvoir. Le statut particulier que vous aviez négocié auprès de l’Etat vous avait été accordé dans le but de vous garantir l’autonomie financière. Si vous les magistrats, vous commencez à commettre des infractions, qui jugera finalement ? Tous ces mauvais comportements doivent cesser », a souligné le ministre Pierre Mabiala.

Quelques mesures de disciplines prises

Afin de mettre un terme à tout ce désordre, le nouveau ministre de la justice a pris quelques mesures disciplinaires strictes. En ce qui concerne les audiences, il ressort que désormais les audiences débutent à 9 heures précises, et si cela n’est pas respecté, les magistrats retardataires seront punis conformément à la loi.

De même, tous les chefs de parquet devront, dorénavant, rendre compte mensuellement, du nombre de réquisitoires introductifs et de règlements définitifs qu’il aura rédigé ; engager des poursuites pénales et requérir mandat de dépôt en cas de besoin, contre tout huissier de justice qui aura exécuté une décision au-delà de ce qui a été jugé.

Egalement, tout magistrat du ministère public qui aura, en parfaite connaissance de cause, aidé à l’exécution illégale d’une décision de justice. Cependant, tous les raquetteurs qui déambulent dans la Cour et les couloirs du Palais de justices, seront systématiquement arrêtés. Pour appliquer cette mesure, des instructions fermes ont été données aux responsables des parquets.

« Je serai vigilant sur le bon fonctionnement des parquets et mettrai à la disposition de l’inspection générale de juridiction et des services judiciaires les outils nécessaires afin que celle-ci assure sa mission avec efficacité et de manière quasi-permanente. Je ne polémique jamais mais j’agis », a conclu le ministre Pierre Mabiala.

Firmin Oyé
Légendes et crédits photo : 
1-Le ministre Pierre Mabiala (au milieu) lors de la réunion (photo adiac) 2-Une vue des procureurs (photo adiac)
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