Le décès du roi de la Rumba africaine, Pascal Tabu Ley, n’a pas laissé insensible le président de la République du Congo, protecteur des arts et des lettres. C’est ainsi qu’il a chargé Jean-Claude Gakosso de se joindre aux frères de la République démocratique du Congo (RDC), à l’ensemble de la communauté des artistes musiciens de ce grand pays ainsi qu’à la famille biologique de l’illustre disparu, pour porter témoignage de la profonde compassion et de la solidarité fraternelle, du peuple congolais, à la cérémonie des obsèques, qui a eu lieu le 9 décembre dernier
« Va ton chemin, cher ami, toi qui avais reçu des muses enchantées le divin secret de sublimer le vrai et le beau ! Va ton chemin, artiste émérite, toi qui étais finalement venu au monde pour donner du bonheur à tes semblables ! Adieu, Tabu Ley ! Au nom de tous tes frères et sœurs de Brazzaville. Adieu ! »
C’est par ces mots que Jean-Claude Gakosso a donné son témoignage sur l’artiste émérite Pascal Tabu Ley Rochereau, devant les autorités nationales et provinciales de la République démocratique du Congo (RDC) et la famille éplorée.
Le ministre a salué le génie inégalable de Tabu Ley qui aura fait de lui non seulement une icône continentale, l'un des symboles de cette Afrique reconnaissante, voire conquérante, mais aussi un modèle de persévérance pour la jeunesse, un véritable parangon pour la prospérité.
Dans son témoignage, le ministre congolais de la Culture a rappelé qu’en 2008, lorsqu’il accourut au chevet de Tabu Ley à Bruxelles, dépêché par le président de la République Denis Sassou N’Guesso, qui l’honorait de son amitié et qui lui vouait admiration et respect, il avait rencontré un homme courageux, lucide et digne devant le terrible mal qui le rongeait.
En dépit de son affaiblissement physique, qu’il assumait du reste avec un brin d’ironie, Jean-Claude Gakosso a ajouté que Tabu Ley était jovial et rayonnant. Son credo, avait-il confié au ministre congolais, était de voir les artistes africains s’unir et se souder, dans la joie comme dans le malheur, pour mieux affronter leur destin commun. Ce souhait, les artistes de la RDC l’ont exprimé à travers leur hommage lu par Koffi Olomidé. Ils sont même allés très loin, demandant au gouvernement de leur pays, d’instituer une Journée de la Rumba congolaise.
Après la rencontre de Bruxelles, Jean-Claude Gakosso, a rencontré deux ans plus tard, Tabu Ley Rochereau à Créteil dans la banlieue-est de Paris en compagnie de son ami de tous les instants, Jean Bruno Thiam.
« Des heures durant, malgré l’adversité de cette maladie qui le rongeait terriblement et qui gagnait du terrain silencieusement, il ne me parlait que de son art. Il ne me parlait que de musique et, d’ailleurs, de temps en temps il fredonnait Adios Tete ou Mokrano pour détendre l’atmosphère. Au fond, comme l’a si bien écrit mon ami Manda Tchebwa, Tabu Ley était tout entier habité par les muses d’Apollon. Indiscutablement, comme nous autres, Tabu Ley appartenait à cette catégorie de citoyens des deux Congo qui ne voient nulle frontière dans ce majestueux fleuve que nos deux pays ont en partage », a-t-il déclaré.
En effet, Tabu Ley n’était pas étranger à Brazzaville, belle métropole qu’il a immortalisée dans son immense répertoire. Dans la capitale congolaise, il était véritablement chez lui. Plusieurs de ses chansons témoignent de son affection infinie pour Brazzaville et de son attachement à ses habitants. Il s’agit des chansons Djibébéké, Baboka Micheline, Karibu ya Bintu, Mélanie ou encore ce chef d’œuvre Hortense, qu’il chanta avec Ndombe Opetum.
À titre de reconnaissance, le ministre congolais de la Culture et des Arts, président du Festival panafricain de musique (Fespam), a reconnu que ce festival a su tirer profit, dès ses débuts, des élégantes prestations et des sages conseils de Tabu Ley pour se donner cette envergure internationale qu’on lui reconnait aujourd’hui. « Tabu Ley s’est éteint, certes, mais sa voix suave et limpide, ses textes pleins de romantisme et de sagesse, ses mélodies et ses harmonies à jamais gravées sur le vinyle ou numérisées pour l’éternité, retentiront toujours, ici sur nos deux rives, comme la plus belle symphonie de tous les temps. »
Notons qu’une forte délégation congolaise constituée entre autre du ministre de la Culture et des Arts, du député maire de la ville de Brazzaville, du général Norbert Dabira, des artistes musiciens et des chroniqueurs culturels, a traversé la rive pour prendre part à la cérémonie des obsèques de Pascal Tabu Ley.










