Des objets « d’un autre monde » en exposition à Turin

Mercredi, Mars 22, 2017 - 17:30

Les visiteurs du musée du Palais Madame pourront bientôt voyager sur les continents au travers des objets représentatifs de leurs cultures.

La culture de la globalisation a tendance à généraliser et laminer par le bas les traits des peuples et des nations. En Chine comme en Afrique du Sud ; au Canada ou au Sénégal, des jeunes (surtout) ne jurent plus que par des instruments de commodité devenus leur environnement irremplaçable. Ordinateur, iPhone, coca-cola et hamburger : la culture du monde est vite faite. On sait que, quelle que soit la latitude, on sera « environné » de cela, sans surprises.

Mais le musée du Palais Madame de Turin, au nord de l’Italie, a fait le pari inverse de rassembler non pas les traits communs d’une culture présentée comme moderne, mais ses traits dissonants. C’est toute l’Italie de la culture qui attend l’ouverture, le 6 avril prochain dans la capitale industrielle italienne, d’une exposition sur « les choses d’un autre monde ». Il s’agit d’objets hétéroclites introduits en Italie entre le 18è et le 19è siècle, et qui peuvent paraître étranges aux yeux du commun des visiteurs aujourd’hui. Ou qui ont un sens autre.

Ils ne sont pas très nombreux mais étonnent à la fois par leur simplicité et leur très forte symbolique, utilitaire ou cosmogonique. Il s’agit de 130 objets ramenés par des explorateurs, des missionnaires ou des voyageurs, et qui étaient entreposés dans d’autres musés ethnologiques ou détenus par des collections privées. Ils couvrent absolument tous les spectres de la pensée, de la croyance et du vécu de peuples d’Océanie, d’Amérique précolombienne, d’Afrique côtière ou forestière ou d’Asie.

Ces objets vont des clochettes rituelles, des pagaies de cérémonie aux tambours magiques, des serrures particulières en passant par des tissus fabriqués à partir d’écorces de certains arbres. Sculptures sacrées, bouddhiques, tabourets mais aussi incontournables types de masques africains ou colliers de dents de léopard ou de panthère d’Océanie : tout, absolument, n’apparaît pas ce qu’il paraît.

Un tabouret cesse de n’être qu’un banal instrument de commodité dès lors qu’on y assit une reine pour son couronnement ou bien, chez certains peuples, un supplicié vivant ses dernières minutes de vie de criminel ! Et puis des armes, et encore des armes traditionnelles, de défense ou d’attaques (qui peuvent ne pas être les mêmes !).  L’exposition est une idée de deux femmes passionnées et expertes d’art à Turin, Maria Paola Riffuno et Paola Savio.

A noter que l’Afrique Centrale y sera dignement représentée. Avec en particulier des instruments de musique rapportés en Italie par un aventurier italien, le marquis Airnardo di Cavour qui visita la région en 1862. Avec aussi des objets rapportés par Tiziano Vaggia, qui travailla au tout-début de 1900 à la construction du chemin de fer au Congo « français » (le Chemin de fer Congo Océan). En cas de voyage à Turin, à visiter absolument !

Lucien Mpama
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