Formation du Gouvernement : les derniers réglages avant la publication

Mercredi, Avril 19, 2017 - 17:45

Le premier ministre Bruno Tshibala est en train de mettre la dernière main sur l’équipe gouvernementale qu’il va conduire durant la transition censée déboucher sur la tenue des élections d’ici décembre 2017 conformément à ce qui a été décidé dans l’accord du 31 décembre.

Le nouveau promu est en face de plusieurs équations tant il est astreint à jouer à l’équilibriste dans une configuration politique où les élections n’ont pas eu lieu dans les délais constitutionnels. Une situation anormale qui impose une co gestion du pays pendant la période charnière. C’est donc un gouvernement d’union nationale réunissant toutes les sensibilités sociopolitiques du pays qui est en gestation avec pour architecte, Bruno Tshibala. Après des consultations qui lui ont permis de connaitre les desideratas des différentes forces politiques et sociales et de réceptionner les candidatures aux différents postes ministériels, il appartient au premier ministre de sélectionner les meilleurs qui répondent au profil.

Au-delà de cette difficulté qui résulte de l’avalanche des candidatures sur sa table, Bruno Tshibala fait également face à un autre problème, la scissiparité constatée dans le chef de certaines composantes telle que l’opposition signataire de l’accord du 18 octobre. Se revendiquant mutuellement le leadership de cette plate-forme, le président de l’UNC Vital Kamerhe et le Premier ministre honoraire Samy Badibanga ont transmis, chacun, une liste des personnalités qu’ils veulent voir figurer dans le prochain gouvernement. Une harmonisation de deux listes s’impose et c’est le travail auquel s’attelle actuellement Bruno Tshibala qui n’est pas au bout de ses peines. Car, la même réalité de doublon de listes s’observe également du côté de la société civile avec, à la clé, le reniement des membres qui prennent souvent de liberté en cherchant à s’affranchir de la tutelle de leur hiérarchie. Jusqu’aujourd’hui, l’aile radicale du Rassemblement de l’opposition continue de rejeter toute sollicitation du premier ministre à participer à son gouvernement.

Entretemps, il y a d’autres questions restées en suspens lors des discussions du Centre interdiocésain qui ont rattrapé Bruno Tshibala à l‘instar de l’attribution des ministères de souveraineté (Intérieur et Sécurité, Affaires étrangères et Coopération, Défense Nationale et Justice) que la Majorité entend sauvegarder contre vents et marrées puisque relevant de la compétence du Chef de l’Etat, conformément à la Constitution. Reste à savoir si le Rassemblement aile Olenghankoy qui est partie prenante au gouvernement va cracher sur le crédo défendu hier à l‘unissons avec des partenaires du Rassemblement restés en dehors.  Il était dit à l‘époque que personne n’ayant gagné les élections, il y avait lieu de gérer le pays avec la mouvance présidentielle en ayant un droit de regard sur tout et non jouer au figurant à ses côtés. Qu’à cela ne tienne.

A tout prendre, la publication des heureux élus n’est plus qu’une question de jours, ce d’autant plus que bien des aspects de cet Exécutif national en gestation avaient déjà été déterminés lors des discussions directes du Centre Interdiocésain.  

Alain Diasso
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