« Temple d’Aquarium » : la RDC et l’Angola réunies sur la même scène

Jeudi, Avril 20, 2017 - 19:15

Le spectacle musico-théâtral à l’affiche en grande première ce 21 avril à la Halle de la Gombe fait fi des barrières linguistiques. C’est sous la houlette de Nzey Van Musala que les comédiens des deux pays, plus précisément de la Compagnie Marabout Théâtre de Kinshasa et la Troupe Ndokweno de Luanda, vont jouer simultanément en français et en anglais.

Un extrait de Temple d’AquariumJouer dans les deux langues, « c’est là le petit défi du départ », fait savoir l’auteur et metteur en scène de Temple d’Aquarium. Nzey Van Musala renchérit : « ce spectacle va fouetter tous les principes, toutes les théories, il a beaucoup d’audace ». Au nombre des comédiens congolais et angolais figure Takinga le célèbre héros de la fameuse Opérette Takinga qui fit fureur à la fin des années 1970 à Kinshasa.

Pour ce qui est de la genèse de sa création, Nzey Van Musala souligne qu’il y a encore une année, il n’avait rien à présenter au public. Et d’expliquer : « Je n’avais plus créé de spectacle parce que je pensais en avoir monté assez. Je suis quelqu’un d’assez anticonformiste, antibureaucratique. Je me suis dit que je devais avoir quelque chose de neuf à raconter pour le faire ». Il a fini par trouver « la petite chose » comme il dit, qui l’a ramené à l’exercice de sa passion. « Le bilinguisme », c’est la trouvaille qui l’a fait jaillir de sa boîte comme un diable. En somme, au travers de Temple d’Aquarium, explique le metteur en scène : « j’ai voulu faire une traversée de nos deux pays, à savoir le Congo et l’Angola. Nous avons les mêmes racines mais en Angola l’on parle portugais et au Congo, français. Ainsi, il nous arrive d’avoir de la famille d’un côté comme de l’autre mais l’on se rend compte que les deux langues peuvent constituer un blocage, déjà au niveau de la frontière le traitement est mauvais. Je me suis dit : comme nous n’avons pas l’habitude d’aller faire du théâtre en français à Luanda ou vice-versa, moi je vais tenter le coup ».

Dès lors, c’est connu, la pièce qui va être jouée le 21 avril en grande première à la Halle de la Gombe sera en partie en français, car l’autre partie du texte sera dite en portugais. « Ce ne sera ni sous-titré ni traduit complètement mais il est fait en sorte que le public de Kinshasa tout comme celui de Luanda comprenne aisément le message, une façon de traverser les deux pays sans que l’on ne se pose trop de questions », affirme tout de même Nzey pour apaiser les esprits.

Quant au récit de Temple d’Aquarium, l’auteur dit qu’il relate l’histoire de M’bor a Tseu et Alfonsina qui se rencontrent hors de leurs frontières. Ils se marient sans dévoiler leurs vraies origines respectives et les affres de la guerre les forcent au rapatriement. La pièce est donc tissée autour des mouvements migratoires occasionnés par la misère et les conflits. Aussi, en toile de fond, elle soulève la grande question sur les origines. Et porte chacun à se questionner comme l’auteur l’a fait sur ses fameuses barrières appelées frontières alors que l’on n’arrête pas de parler mondialisation. Et donc au finish, l’on en vient toujours à se demander « Homme, n’es-tu pas citoyen du monde ? ».

 

Nioni Masela
Légendes et crédits photo : 
Photo : Un extrait de Temple d’Aquarium
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