Dans une interview exclusive accordée aux Dépêches de Brazzaville, le président du Mouvement pour la démocratie et le progrès (MDP), Jean-Claude Ibovi a déploré la cherté des frais de participation aux différentes élections politiques populaires ainsi que ceux des pièces constitutives du dossier de candidature. C’est ce qui justifie entre autres, selon lui, le faible nombre des candidats de son parti aux prochaines consultations électorales du 16 juillet prochain.
Les Dépêches de Brazzaville : Pouvez-vous nous donner le nombre exact des candidats que votre parti a présenté aux élections du 16 juillet prochain ?
Jean-Claude Ibovi : Nous avons positionné des candidats en tenant compte des combinaisons que nous avons arrêtées avec la majorité présidentielle dont notre parti en est un membre signataire. C’est ainsi que vous constaterez mon maintien dans la deuxième circonscription de Talangai où le Parti congolais du travail n’y ait pas positionné un candidat.
De même que dans les circonscriptions électorales de Djiri et de Kintelé, le MDP a retiré ses candidats au profit du PCT (parti locomotive de la majorité présidentielle). En outre, nous allons soutenir le candidat du PCT qui est reconduit à Kibangou et par contre nous avons positionné un candidat à Londela Kayes puisque le PCT n’y ait pas pourvu de candidat.
En ce qui concerne les élections locales, il a été décidé, au niveau de la majorité présidentielle, que tous les partis politiques ont la possibilité de positionner des candidats dans toutes les circonscriptions électorales que compte le Congo afin de mesurer leur ancrage à la base.
Cependant, au regard de la situation économique et financière que traverse le pays et de la cherté aussi bien des pièces à fournir pour la constitution du dossier de candidature que des frais de participation aux élections, le MDP a décidé de positionner des candidats dans les circonscriptions électorales où il a plus de chance de gagner, notamment à Londela Kayes, à Dolisie 1 et 2, à Kibangou, à Djiri et à Talangai.
LDB : Quel commentaire faites-vous des autres partis politiques membres de la majorité présidentielle qui sont déçus des combinaisons arrêtées par votre plateforme politique ?
J.C.I : Je me permets de vous dire qu’en politique, il est plus idéal de placer les intérêts de la communauté au-dessus des intérêts propres ou de son parti. De même qu’il importe de tenir compte des réalités sur le terrain. Vous avez constaté qu’il y a des circonscriptions électorales entières que le PCT a concédées à ses alliés ; de même qu’il a constitué des binômes, en ce qui concerne les élections législatives, avec des alliés de façon que le titulaire soit du PCT et le suppléant d’un parti allié et vice versa.
LDB : Que dites-vous de certains partis politiques comme le RDD qui se plaignent de la brimade du PCT ?
J.C.I : Mon parti n’a pas connu une quelconque brimade de la part du PCT pour ces prochaines élections. Il est parfois louable pour une formation politique membre de la majorité présidentielle ou non d’être plus coopérative avec le parti locomotive de sa plateforme politique. De la même manière qu’il est important de ne pas disperser les forces au sein de la majorité présidentielle. Au contraire, il est nécessaire d’élaborer des stratégies gagnantes autour du président Denis Sassou N’Guesso.
LDB : Pensez-vous comme les autres leaders de la majorité présidentielle qui envisagent son éclatement ?
J.C.I : Pas du tout. Ce sont des chantages qui ne tiennent pas la route. Par contre, au niveau du PCT, on pouvait assister à une certaine implosion si le président du Comité central et le secrétaire général n’ont pas pu organiser des arbitrages avec sagesse.
C’est ainsi l’occasion de féliciter le président par intérim de la majorité présidentielle, Pierre Ngolo qui a affronté plusieurs combats politiques ces trois dernières années qui ont été marquées notamment par le débat sur le changement ou non de la Constitution du 20 janvier 2002, le referendum constitutionnel et l’élection présidentielle du 20 mars 2016.
LDB : Avez-vous un message a adressé aux membres du MDP à un mois des élections législatives et locales du 16 juillet ?
J.C.I : Les membres du MDP sont déjà en rangs de bataille pour les consultations électorales du 16 juillet prochain. Notre parti a opté, cette fois-ci, pour des campagnes électorales de proximité avec moins de meetings.










