En visite à Nairobi (Kenya), le 6 janvier, pour un forum organisé par le Kenya Private Sector Alliance, la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde a appelé les pays d’Afrique de l’Est à plus de prudence dans leur démarche de mise en place d’une monnaie unique.
Christine Lagarde trouve la feuille de route des pays d’Afrique de l’Est « ambitieuse », mais les invite à ne pas « se précipiter, à prendre toutes les mesures et à apprendre des erreurs de l’Europe et d’autres unions monétaires ».
Adopté par le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi, tous membres de la Communauté est-africaine (CAE), ces pays entendent mettre en œuvre les étapes préliminaires de l’intégration en deux ans et jeter les bases fiscales pour l’exercice d’une monnaie commune vers 2024. Dans ce cadre du processus, chaque pays s’est engagé à maintenir l’inflation en-dessous de 8%, le déficit budgétaire à 3%, la dette publique brute de moins 50% de réserves de change et une couverture monétaire équivalente à 4,5 mois d’importation domestique d’ici à 2021.
Pour Christine Lagarde, « l’union monétaire régionale [d’Afrique de l’Est] ne pourra tenir que lorsque tous les Etats membres seront en mesure de respecter et d’observer de manière stricte, ces critères de convergence », dont le FMI accompagne le processus de création d’une monnaie unique.
Elle serait la deuxième personnalité de l’institution à émettre des réserves sur le projet. En 2012, le directeur général adjoint du FMI, Naoyuki Shinohara notait déjà que l’Afrique delEst basait son modèle de monnaie unique sur celui de l’Union européenne (UE), ce qui, de ce point de vue et de son expérience faisait peser un risque sur le projet.
Il appuyait sa position sur deux arguments forts ; le premier c’est que l’UE a bénéficié dans la construction de sa monnaie « d’une base d’épargne domestique importante, qui a permis à la communauté de soutenir des investissements sur le long terme » ; le deuxième argument s’adosse sur « les délais que se sont fixé les Etats africains 25 ans", selon lui « trop court » comparé à l’UE qui aura pris 40 ans pour des objectifs similaires.










