Interview : Bill Kouélany « Cette année nous avions complété deux ateliers »

Samedi, Septembre 16, 2017 - 13:45

Plus de cinquante artistes venus du Cameroun, Sénégal, Benin, Togo, Mali, de la RDC, du Congo participent du 1 er au 23 septembre aux différents ateliers qu’animent cinq encadreurs internationaux sur le thème « Je te présente ma ville ».  La directrice artistique des ateliers Sahm, Bill Kouélany a accordé une interview aux Dépêches de Brazzaville.

       Les Dépêches de Brazzaville(DB) : Dans quel domaine ces artistes se forment -ils ?

Bill Kouélany (BK) : Comme d’habitude les artistes se forment en peinture, en vidéos d’art, en critique d’art. Cette année nous avions complété deux ateliers, notamment en performance et sur le marché de l’art. En performance, c’est l’artiste qui met son corps en jeu, il exprime son idée à travers son corps, ce n’est pas du théâtre.  Par contre, le marché de l’art, c’est quand un artiste avance un moment dans son travail et se pose des questions : comment se présenter ? quelles sont les œuvres à valoriser ? quel prix fixer ? comment présenter les photos ? comment aborder les gens qui dirigent le monde de l’art ? cela nécessite un certain langage, une façon de faire pour ne pas se faire avoir.

Les DB : Il me semble que ce sont les mêmes artistes qui reviennent à toutes vos rencontres ?

BK : Non, pas du tout.t normal parce que ce genre d’ateliers sont rares. Chaque édition nous avions une nouvelle génération d’artistes qui viennent d’ailleurs et ceux d’ici qui prennent part à l’édition.  Ces artistes avaient postulé à notre appel à candidature que nous avions lancé sur les réseaux sociaux. Nous avions des maliens des sénégalais, béninois, togolais, Cameroun, les congolais démocratique, les congolais, de franco- gabonais, de Belge

Les DB :  Chaque année vous faites venir des nouveaux encadreurs, ces derniers sont –ils des professionnels ?

BK : Ces formateurs sont tous des professionnels expérimentés, Domitille Bertrand, de nationalité française, conseiller en développement des entreprises a animé l’atelier sur le marché de l’art, elle est repartie ; Aimé Mpané,  est un grand artiste de la RDC, il  vit et  travaille en Belgique, en 2016 j’étais primé avec lui   pour l’atelier vidéo photo-installation ; Sylvia Rhud, peintre sculpteur, italienne vivant en France encadre en peinture ; Dagara Dakin intervient en critique d’art  indépendant, il est de nationalité béninoise vivant en France. Nathalie Mba Bikoro, est une artiste d’aujourd’hui qui monte, elle est pluridisciplinaire, cette artiste touche à tout, de nationalité franco-gabonaise, vivant en Allemagne, elle forme en performance.

Les DB :  Avec quel moyen financier vous les faites venir, est-ce de vos propres frais ou de l’Etat ?

 BK : Il ne faut jamais oublier que moi-même j’ai une réputation internationale, ce sont des artistes que j’ai eu a rencontré ailleurs, certes ce sont des artistes qui coutent chers, ils viennent par amitié pour soutenir le projet et apportent leurs contributions pour permettre aux artistes africains d’avancer et qu’il ait vraiment un dialogue interafricain.

Les DB :   Et l’Etat ?

BK :  Nous ne bénéficions pas de frais de l’Etat, cette édition est parrainée par l’ambassadeur de France, Bertrand Cochery, qui nous a aidé d’avoir les fonds en organisant l’exposition – vente aux enchères à la case De gaulle.  Ces fonds récoltés nous ont permis d’organiser ces rencontres. C’est aussi grâce aux différentes interventions de nos partenaires qui agissent pour certains à titre privé et, d’autres entant que société. Cette édition a aussi comme marraine Simone Loubienga, maire de l’arrondissement 2 Bacongo. Je tiens à remercier tous nos partenaires qui contribuent à la réussite de cette 6 ème édition.

Les DB :  Avec l’aide de vos partenaires avez- vous toujours des difficultés ?

BK : Je me bats toujours avec les mêmes difficultés. Mais je tiens le coup grâce aux compagnies qui nous aide. C’est vraiment dommage que l’Etat ne nous vienne pas en aide, ce sont les amis européens qui nous accompagnent alors il ya un grand travail qui se fait ici, aujourd’hui il ya plein d’artistes congolais qui s’imposent sur la chaine internationale, la plupart de ces artistes sortent des ateliers Sahm.

Les DB : Le thème « je te présente ma ville », de quelle ville faites-vous allusion ?

BK : Ce thème permet aux artistes de réfléchir sur des villes africaines telles qu’elles soient futuristes ou utopiques. Est- ils satisfaits ou ils veulent voir ces villes autrement, cela n’est pas forcément dans le réalisme ; quelles sont leurs propositions et frustrations.  

Les DB : Ces artistes sont-ils satisfaits ?

BK :  Ils sont très heureux, chaque samedi on a un débat d’idée, « la carte blanche », c’est un moment d’émotion qui permet aux artistes de faire la découverte d’un artiste de renom qu’ils n’ont jamais rencontré. Ces rencontres leur permettent d’échanger, de manger ensemble avec lui.

Cette sixième édition se clôturera le 23 septembre par un vernissage. Un film documentaire sur la rencontre internationale de l’art contemporain (Riac 2017) se réalise actuellement par le doyen des réalisateurs congolais, Jean Sébastien Kamba dont la projection se fera plus tard.

Rosalie Bindika
Légendes et crédits photo : 
Photo : Bill Kouélany répondant aux questions
Notification: 
Non