Conférence de presse de François Hollande : « la France n’a pas vocation à choisir les dirigeants africains, ce temps-là est révolu ».

Mercredi, Janvier 15, 2014 - 01:45

François Hollande a échangé pendant près de trois heures avec les journalistes sur des sujets riches et variés, notamment la politique économique française, le chômage, le couple franco-allemand, les questions africaines et internationales, promettant de clarifier sur sa vie privée avant sa visite aux Etats-Unis en février prochain.

François Hollande évoque un pacte de responsabilité pour que la France retrouve sa force économique

François Hollande a détaillé son pacte de responsabilité décliné en quatre points : la poursuite de l’allègement des prélèvements pour les entreprises ; la modernisation de la fiscalité des entreprises pour favoriser l’investissement et l’emploi ; la simplification des normes et procédures en matière d’embauche, d’insertion des jeunes, d’emploi des seniors et formation.

L’objectif étant de retrouver la force économique. Pour y parvenir, le président français entend mettre en mouvement la société française, si son pays veut « garder son influence dans le monde et peser sur le cours de l’Europe ». Pour lui le temps est venu pour régler le principal problème de la France qui est sa production », pour qu’elle produise plus et mieux.

A propos des interrogations qui portent sur le statut de la première dame sa vie privée

Le magazine Closer a publié la semaine dernière un article sur la vie privée de François Hollande. Des questions lui ont été posées sur le statut de son conjoint.  Le chef de l’Etat a expliqué qu’il n’y a pas de statut du conjoint du chef de l’Etat, mais une pratique dont l’essentiel est dans la « transparence » notamment  des moyens affectés à cette dernière.

Sur sa vie privée, François Hollande a dit qu’il était contre « les lois de circonstance » et qu’il n’a pas l’intention de légiférer sur la protection de sa vie privée suite à l’affaire de Closer, et qu’il n’a pas l’intention de poursuivre la publication, mais il estime que  « cette violation touche une liberté fondamentale, à savoir le respect de la vie privée et de la dignité des personnes ».

Interrogé sur sa sécurité, François Hollande a répondu : « partout et à tout moment, ma sécurité est assurée […] y compris lorsque je me déplace à titre privé».

La relance de l’Axe Berlin-Paris

François Hollande a proposé  une initiative pour une convergence économique et sociale ;  une coordination pour la transition énergétique et la relance de l’Europe de la Défense. Il a annoncé la réunion du couple franco-allemand le 19 février à Paris, et a salué l’instauration d’un salaire minimum en Allemagne, saluant ce « premier pas ».

Enfin le chef de l’Etat a appelé à l’harmonisation des règles fiscales pour les entreprises, entre les deux pays, et a manifesté le souhait d’une coordination pour la transition énergétique, « un grand enjeu pour l’Europe », dont la France et l’Allemagne sont priées de  « montrer l’exemple » et a plaidé pour l’Europe de la Défense avec en première ligne le « couple  franco-allemand ».

François Hollande et les interventions françaises au Mali et en Centrafrique

Le président français a soutenu la solitude de son pays dans ces deux interventions, ce qui ne fut pas « un handicap » selon lui, la France ayant été la première nation au Mali et en Centrafrique par ce qu’elle  à « des forces prépositionnées en Afrique, notamment au Sénégal, au Tchad et au Gabon et que si elle n’était pas intervenue, aucun autre pays ne l’aurait fait », ce qui a épargné des vies humaines face au chaos.

Il a aussi précisé que  les forces armées  françaises étaient  en capacité de lancer une frappe en Syrie », si les Nations unies en avaient fait la demande, arguant que « peu de pays peuvent avoir cette souveraineté ».

Il a par ailleurs assuré que l’opération Serval au Mali allait s’achever très bientôt,  qu’elle comptera  1600 soldats fin février et 1000 à la fin du printemps. En revanche, il a reconnu que « tout n’était pas réglé », tout en réaffirmant la poursuite de l’engagement de la France dans un contexte plutôt différent.  

Aux yeux du chef de l’Etat, l’intervention française en Centrafrique était à but humanitaire, pour « sauver la population », sans interférence  dans le choix de ses dirigeants, mais qu’elle veillait à l’arrêt des affrontements interreligieux, excluant un renforcement du dispositif militaire français. « Il  y a 1 600 soldats et il y aura de plus en plus de forces africains et sans doute le 20 janvier un soutien européen. Je veux terminer avec ce qui est depuis 40 ans la politique de la France. Ce que je veux, c’est sauver la population », a martelé François Hollande.

Après, une force de maintien de la paix prendra le relais des opérations,  et sera suivie à son tour par des initiatives politiques, la France n’ayant « vocation à choisir les dirigeants centrafricains.  La France aide mais ne se substitue pas, ce temps est révolu », a-t-il ajouté.

François Hollande a besoin de la diplomatie du pape François

Le chef de l’Etat sera reçu par le pape François  le 24 janvier « en tant que chef d’Etat rendant visite à un autre chef d’Etat ». Une visite qu’il juge utile sur nombreux sujets, citant par exemple le dossier syrien, des négociations israélo-palestiniennes, la situation des chrétiens d’Orient, ou la tenue de la négociation  sur le climat en 2015 qui se tiendront à Paris.

De notre Envoyé spécial, Noël Ndong

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Noël Ndong