Depuis quelque temps, l’auteur, homme politique et historien dans l’âme, a mis sa plume au service de l’histoire dont il est un vrai passionné. C’est sa façon de combattre pour restituer à son pays et à son continent la sienne, dit-il. En témoigne cette interview accordée le surlendemain de la présentation de ces dernières parutions Réécrire l’histoire et Plaidoyer pour une histoire autobiographie du Congo, le jeudi 12 octobre. Un discours audacieux où il engage les Congolais et les Africains à se réapproprier un passé qu’ils doivent construire avec sérieux.

Le Courrier de Kinshasa : Réécrire l’histoire, est-ce un souhait ou une affirmation ? Dans les deux cas, n’est-ce pas bien prétentieux ? Et, pourquoi faudrait-il le faire
Didier Mumengi : Il faut réécrire l’histoire parce que c’est l’ultime chance de la renaissance du Congo ; parce que ce que l’on pose comme actes aujourd’hui a comme composantes fondamentales ce que l’on a été dans le passé. Les qualités de nos actes d’aujourd’hui dépendent de la qualité du passé. À regarder l’état piteux de notre société, cela suppose que nous sommes quelque part, victimes d’une certaine névrose traumatique. Sinon, comment expliquer que les Congolais affichent des comportements autodestructeurs, des troubles d’affectivité, des sentiments de complexe d’infériorité. Je vois les sévices dégradants, déshumanisants d’hier qui continuent à ronger nos neurones aujourd’hui sans que l’on s’en rende compte. Il y a un traumatisme qui s’est installée dans notre âme et qui se transmet de génération en génération, il est arrivé à son acmé où l’on développe sans gêne, sans volonté de remise en question, des comportements inacceptables parce qu’il est question de destruction de notre pays par nous-mêmes, comme si nous voulions ressembler aux noirs que la traite négrière décrivait pour justifier son crime de vassalisation et de marchandisation de notre humanité. Or, notre histoire ne commence pas avec la traite négrière, encore moins avec la colonisation. N










