L’objectif de cette coalition militaire est de prendre la ville de Beni à défaut d’occuper tout le territoire du même nom.
La localité de Kamango située à près de 80 km de la ville de Beni au Nord-Kivu a été hier le théâtre d’affrontements entre les rebelles ougandais de l’ADF/Nalu et les FARDC. Lourdement armés, les rebelles ougandais et leurs alliés au nombre desquels figurent les miliciens Maï-Maï et les terroristes du groupe islamiste somalien Al-Shabaab ont occupé cette localité de longues heures après y avoir délogé les forces loyalistes. Les assaillant, à en croire des sources sur place, ont semé la terreur dans cette localité en soumettant ses habitants à leurs fantasmes bellicistes. Ils se sont comportés comme en terrain conquis obligeant la population locale à trouver refuge dans la forêt. Aucune trace visible des éléments FARDC qui, d’après des sources, n’ont pu opposer une résistance face à l’arsenal militaire important déployé par les assaillants.
Le Chef de groupement de Bawisa, sa femme et ses enfants, le commandant de la police locale ainsi qu’un animateur de la radio communautaire de Watalinga ont été pris en otage, apprend-on. Contrairement aux assurances des assaillants qui soutiennent s’être retirés de Kamango, les officiers FARDC basés à Beni déclarent poursuivre les combats jusqu’à leur neutralisation complète. Il ne fait l’ombre d’aucun doute que les terroristes islamistes d’Al-Shabaab ont participé à cette opération militaire. Le fait que certains de ces assaillants se soient exprimés en swahili ou en arabe et ont arboré des soutanes comme tenue militaire a suffit pour renforcer des convictions à ce sujet.
Tirant la sonnette d’alarme sur une attaque imminente du territoire de Beni, le gouverneur du Nord-Kivu Julien Paluku avait, en son temps, appelé la communauté internationale et le gouvernement à se mobiliser pour éviter l’expansion du terrorisme dans la région. « Si le terrorisme s’installe dans la région, ca sera très dangereux pour la vie de nos populations », a-t-il plaidé tout en appelant l’armée et la Monusco à la vigilance. La présence terroriste à Beni et ses environs inquiète et ce qui s’est passé ce jeudi 11 juillet est un cas d’illustration de ce que risque de connaitre ce coin de la République dans un avenir proche si rien n’est fait. L’objectif de cette coalition rebelle est de prendre la ville de Beni à défaut d’occuper tout le territoire du même nom.
Al-Shabaab (Jeunesse, en arabe), faut-il le rappeler, est un groupe islamiste somalien qui milite pour l’instauration de la charia. Soupçonné d’entretenir des liens forts avec la direction centrale d’Al-Qaïda au Pakistan, elle a été placée sur la liste officielle des organisations terroristes des États-Unis en février 2008.










