Première Nuit des Idées à Brazzaville : l’antiquaire Christian Sanga-Pamba expose les œuvres d’art à l’IFC

Samedi, Janvier 27, 2018 - 13:30

La première Nuit des Idées à Brazzaville organisée par l’Institut français du Congo (IFC), le 25 janvier, a permis à l’antiquaire Christian Sanga-Pamba, expert et chercheur des objets d’art négro-africain, d’exposer pour la première fois au sein de cet institut  

Cette activité a été aussi l’occasion pour l’IFC de se proposer d’interroger « Les animaux dans l’imaginaire congolais ». C’est ainsi que dans son mot de présentation de l’événement, Marie Audigier, directrice déléguée de l’IFC de Brazzaville, a mentionné la montée en puissance de la Nuit des idées qui avait rassemblé en 2017, 45 pays et 180.000 personnes. La troisième (3ème) édition, qui s’est tenue le 25 janvier 2018, autour de la thématique « L’imagination au pouvoir » a accueilli plus de 60 « Nuits des Idées » en France, plus de 100 villes et 70 pays se sont mobilisés dans le monde.

Pour sa première participation, le Congo a décliné la thématique en « Les animaux dans l’imaginaire congolais », porte d’entrée à la mobilisation de l’imagination sur la question des menaces sur la biodiversité et de la protection de l’environnement.

L’antiquaire Christian Sanga-Pamba, exposant du jour

Intervenant au cours de cette cérémonie, l’exposant du jour, l’antiquaire Christian Sanga-Pamba, a précisé à l’auditoire que dans l’imaginaire congolais, l’artiste a toujours utilisé les animaux comme des symboles suggestifs et éducatifs par excellence, évoluant à travers des contes dits « animaliers », mélangeant fables et vie sauvage.

Et dans les critères de l’intelligence, à titre d’exemple, les animaux tels que les cochons, les cobayes et même les lézards ont généralement été considérés comme des animaux naïfs, moins sages et moins intelligents. Par contre, les antilopes et les écureuils ont toujours joué le rôle des vainqueurs, non qu’ils soient considérés comme des êtres plus fins, plus fugaces, plus sages ou plus intelligents que tout le monde animal, mais leur nature agile, fugace leur confère, dans l’imaginaire, de l’habileté, de ruse et de prévenance. Grâce à ces atouts, l’antilope ou l’écureuil arrivent toujours à déjouer des pièges, à les démasquer à temps, à les reconnaître, à les dévier ou à les esquiver in extremis au grand dam de leurs ennemis. Donc à se tirer d’affaires et à triompher des obstacles pour se hisser toujours au sommet des pyramides de leurs semblables animaux sauvages qu’ils arrivent allègrement à dompter, à amadouer et à apprivoiser quelques soient leur férocité. Leur diplomatie agissante et imaginaire, leur permet d’user de la ruse et de l’intelligence pour piéger leurs adversaires, les doubler et même les arrêter !

En effet, de 14h à 23h, une centaine de personnes ont pu apprécier diverses activités à l’IFC : une exposition d’objets d’art négro-africain de l’antiquaire Christian Sanga-Pamba, expert en la matière, autour de la thématique des animaux, masques, sculptures, à l’instar de : Singe Vili ; Masques Kwele, Bembe, Songye, Kota,… ; statue Kuyu, Yaka,… Il y a eu aussi la projection du documentaire de 57 minutes, « Un animal, des animaux » de Nicolas Philibert, suivie d’un débat animé par la médiathèque de l’IFC ; un conte sur le thème des animaux par la compagnie Nzonzi. Des interludes chorégraphiques de Müleck, avec ses « gorilles », ont guidé le public afin d’écouter la lecture de Juste Parfait du livre « A la recherche du Mokélé-Mbembe » de Michel Ballot, puis pour suivre une conférence ponctuée d’intermèdes de lecture autour du thème : « Bestiaire dans la littérature francophone et congolaise : réalités, imaginaires et écritures singulières ? ». Cette conférence a connu comme invités, le Dr Victor Béry, le Pr Omer Massoumou, Georgette Kouatila et Fortuné Batéza sous la modération de Khady Fall Diagne.

La conférence, de même que le débat autour de « L’Animal Totem au Congo », ont permis de réaffirmer le lien fondamental entre l’Homme et son environnement, d’élever le niveau de prise de conscience collective face aux menaces qui frappent les espèces naturelles, et d’appeler à une mobilisation plus active en faveur des espèces protégées qui, dans l’imaginaire et les traditions, sont aussi des espèces protectrices.

Notons qu’une exposition vente des œuvres d’art autour de la thématique des animaux, a lieu du 25 janvier 2018 au 30 janvier à l’IFC. Pour tous contacts : 06.671.83.47 / 05.345.54.89.

Bruno Okokana
Légendes et crédits photo : 
Photo 1 : la directrice déléguée de l'IFC et l'antiquaire Christian Sanga-Pamba Phot 2 : Chien vili Kongo, oeuvre d'art de l'antiquaire Christian Sanga-Pamba
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